Vaimalama Chaves : "Je n'ai pas abandonné l'idée de faire un jour de la politique en Polynésie" [#MaParole]

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Vaimalama Chaves MaParole
©Hélène Pambrun

Aujourd’hui chanteuse et influenceuse, Vaimalama Chaves, Miss France 2019, raconte son parcours dans #MaParole. Jusqu’à son "Sapristi" devenu mythique, la Tahitienne vivait au fenua entourée des siens. Harcelée dans son enfance, elle a su se faire une place à part dans le monde des Miss.

En Polynésie, le concours des Miss est chose sérieuse. Au moment du vote du public pour Miss France, il y a une véritable mobilisation du fenua pour la candidate de Tahiti. Mais ça ne marche pas à tous les coups. Et quand Vaimalama Chaves a été couronnée, cela faisait 20 ans depuis Mareva Galanter qu’une Miss Tahiti n’avait pas gagné. Or souvent, elles étaient très près du but.

 

#1 Monstre et Rantanplan

►Vaimalama Chaves 1/3

Enfant, rien ne destinait Vaimalama Chaves à embrasser pareil destin. Elle avait trois surnoms : "le monstre, balaie à chiottes et Rantanplan". Autant dire que ce n’était pas gagné d’avance. La reine de beauté polynésienne se souvient que pendant longtemps, elle ne se souciait absolument pas de son apparence. Elle n’avait pas de vêtements de marque, elle prenait souvent les habits confortables de son frère et elle était un peu ronde. Du coup, à l’école, on se moquait pas mal d’elle. Elle a d'ailleurs parlé de harcèlement lors de la cérémonie de Miss France en décembre 2018. Elle se sentait à part et allait souvent se réfugier à la bibliothèque.

Et puis un jour, Vaimalama s’est rebiffée. Fini les insultes, les moqueries, elle a dit sa façon de penser à ceux qui s’acharnaient sur elle. Ça s’est calmé. Elle-même commençait à s’apprécier et à se trouver de plus en plus belle. Après le bac, la jeune tahitienne a fait un BTS de commerce puis elle a poursuivi ses études jusqu’à l’obtention d’un Master. Sa mère voulait qu’elle fasse des études. Son père, lui, souhaitait qu’elle travaille. Mais de miss, il n'était pas question.

D’ailleurs, c’est sans avoir prévenu ses parents qu’elle a participé au casting de Miss Tahiti. Et comme c’était filmé et diffusé à la télévision, ses parents lui sont tombés dessus. Mais ayant respecté leurs désirs d’études et de travail, elle s’est autorisée à se présenter une nouvelle fois au concours de Miss Tahiti. Et cette fois, elle s'était préparée de manière rigoureuse.

 

#2 Sapristi !

►Vaimalama Chaves 2/3

Décembre 2018, à Lille, devant Jean-Pierre Foucault : Miss Tahiti s’est exclamée "Sapristi, c’est incroyable !". Avec son joli accent, son sourire espiègle, son charme indéniable, Vaimalama Chaves, a été sacrée Miss France 2019. Elle était donnée gagnante, et son côté authentique et nature a vraiment fait la différence.

Vaimalama Chaves a abordé la compétition sans se prendre la tête. Elle a bossé sérieusement la chorégraphie lors des trois semaines précédant le show à Lille. Auparavant à l’île Maurice, Titi (pour Tahiti) a fait connaissance avec les autres Miss : Limou, Aquiqui, Gwada, Réunion, NC. C'est ainsi que les Miss se nomment entre elles. Vaimalama Chaves raconte dans #MaParole qu'elle a beaucoup sympathisé avec Réunion et que jusqu'à présent, elles se nomment par le nom de leur région.

Vaimalama a bien suivi la formation pour devenir Miss France et, à aucun moment, elle ne s’est stressée. C’est donc très naturellement, mais un peu surprise malgré tout, qu’elle a été couronnée. Très à l’aise dans les médias, les salons, les prestations comme on dit dans l’univers des Miss, Vaimalama Chaves s’est glissée dans le costume sans difficulté, même "si les talons" et les "réveils matinaux" lui ont parfois un peu coûté.

 

#3 Influenceuse et chanteuse

►Vaimalama Chaves 3/3

De retour à Tahiti, quelques jours après son sacre, Vaimalama a été accueillie comme une reine à l’aéroport par le président de la Polynésie Edouard Fritch, le Haut-commissaire ainsi qu’un bon millier d’admirateurs. Les Miss en Polynésie, c’est une religion. Une montagne de colliers de fleurs au cou, la Miss a savouré ce retour. Plusieurs personnes lui avaient apporté "des bonbons chinois" car elle avait dit dans une interview que ça lui manquait. Puis elle est repartie dans l’Hexagone continuer sa vie de Miss sur talons toujours souriante. Elle a coaché les nouvelles Miss lors du stage à Tahiti et n’a pas hésité pour cela à renoncer au concours de Miss univers auquel elle ne souhaitait pas participer.

Dans une émission, Vaimalama Chaves avait déclaré qu'elle voulait suivre des études de sciences politiques et devenir présidente de la Polynésie française. Elle n'a pas pu entrer à Sciences-Po Paris comme elle l'aurait souhaité, mais elle n'a pas du tout oublié ce projet. Faire de la politique, elle y pense, même si pour l'intant, ce n'est pas son objectif premier. 

Depuis qu’elle a rendu sa couronne, Vaimalama Chaves est donc restée dans l’Hexagone. Elle a sorti un premier album de reprises et de créations originales intitulé Good Vaïbes dans lequel elle chante et joue du ukulélé. La promotion de l’album est tombée en plein premier confinement. Une tuile pour la Tahitienne qui mène également une carrière d’influenceuse. Suivie par 580 000 internautes sur Instagram, elle distille ses conseils et ses marques sur le réseau social favori de cet eldorado des influenceurs.

Vaimalama Chaves le jour de son sacre
Vaimalama Chaves le 14 décembre 2018 ©FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Prise de son : Diane Koné.

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♦♦ Vaimalama Chaves en 5 dates ♦♦♦

 

►3 décembre 1994

Naissance à Papeete

►22 juin 2018

Elue miss Tahiti

►15 décembre 2018

Elue Miss France

►28 décembre 2019

Diffusion de Meurtre à Tahiti sur France 3

►16 octobre 2020

Sortie de son album Good Vaïbes