VIDEO. Florence Themia : Noire d'abord, femme ensuite

tranches de vie
Très vite et toute jeune Florence a pris conscience que sa peau noire était un handicap qui la suivrait toute sa vie. Elle en a beaucoup souffert.
Marquée à jamais par des attaques racistes, elle consacre sa vie à venir en aide aux noirs de la diaspora, surtout les femmes.
 
 
" J'ai eu beaucoup plus de problèmes en tant que noire qu'en tant que femme " et cela commence dès sa plus tendre enfance. Florence grandit à Tagnon, petit village situé dans les Ardennes où ils sont les seuls noirs sa famille et elle. " A l'école on m'appelait momo " en référence au gorille d'un dessin animé.
Adolescente à Sarcelles en banlieue parisienne, elle a aussi droit à un traitement de choc : " t'es pas belle parce que t'es noire, parce que t'es grosse ". Elle n'arrive même pas à s'identifier à un modèle de femme noire. Après le collège elle est orientée d'office en secrétariat : " Je voulais faire avocat, on m'a dit jamais tu ne seras avocate, toi ce sera secrétaire donc j'ai fait secrétaire. J'ai travailé deux mois et j'ai arrêté ".
C'est en travaillant avec des associations que Florence trouve sa voie : " J'ai travaillé une dizaine d'années en milieu carcéral à travers une association qui s'appelle l'Arac, c'est là que je me suis formée à la technique du son ". Elle installe des studios radio à la prison pour hommes de Fleury Mérogis ainsi qu'à la maison d'arrêt des femmes. 
" Je ne me revendique pas en tant qu'Antillaise, je dis que je suis Antillaise parce que j'ai des parents Antillais ". En revanche elle a faite sienne la culture de ses origines en allant la chercher sur place. Elle a multiplié les voyages en Guadeloupe et en Martinique pour s'imprégner des réalités locales, avec succès : " Aujourd'hui oui je peux dire que je suis épanouïe mais çà n'a pas été toujours facile ".