Violences conjugales : trois centres de prise en charge et de suivi des auteurs verront le jour en Outre-mer

violence
3919
Des badges avec le numéro d'urgence 3919 pour les femmes victimes de violences conjugales (image d'illustration). ©Eric FEFERBERG / AFP
Seize premiers centres de suivi et de prise en charge des auteurs de violences conjugales verront le jour d'ici la fin de l'année, a annoncé mardi la ministre déléguée à l'Egalité femmes/hommes, Elisabeth Moreno, dans un communiqué. Parmi eux, trois seront installés Outre-mer.
Cette mesure vise à la fois à "protéger les femmes" et "éviter la récidive", a expliqué la ministre en annonçant l'ouverture de "16 centres" pour les auteurs de violences conjugales "d'ici la fin de l'année". "Ces personnes sont prises en charge d'un point de vue psychologique, d'un point de vue médical, et on les aide ensuite dans la réinsertion professionnelle", indiqué Elisabeth Moreno, précisant que l'accompagnement impliquait médecins, psychologues mais aussi un suivi par la justice.

Mesure phare du "Grenelle" contre les violences conjugales qui s'est tenu l'an passé, la création de 30 structures d'accompagnement des auteurs de violences conjugales est prévue d'ici fin 2021, a rappelé dans un communiqué le ministère chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes. 
 

Trois en Outre-mer

Après un premier appel à projets lancé en juillet, il a retenu 16 candidatures menées par des groupements d'associations pour des centres implantés avant la fin de l'année à Arras, Aurillac, Avignon/Hyères, Besançon, Creil, Fort-de-France, Limoges, Lorient, Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne), Montpellier, Nancy, Rouen, Saint-Paul (La Réunion), Strasbourg, Tours, ainsi qu'en Guyane.

Les territoires ultramarins comptabilisent régulièrement des féminicides et des faits de violences conjugales. Il y a quelques jours, le samedi 24 octobre, une femme était tuée à coups de poing par son conjoint à Maupiti, en Polynésie. Le 75ème en 2020 selon l'association Féminicides par compagnon ou par ex qui recense chaque année les meurtres de femmes.

En Guyane, deux femmes ont ainsi perdu la vie cette année : Karina, retrouvée morte le 15 mai à Cacao et Dialine, à Matoury, trois jours plus tard, poignardée à mort par son conjoint. Toutes les deux étaient enceintes. En janvier, c'est une femme de 55 ans qui était retrouvée morte dans sa voiture à Baie-Mahault, en Guadeloupe, après avoir été percutée par la voiture de son ex-compagnon qui la poursuivait.
  

Accompagnement

Ces centres devront proposer aux auteurs de violences conjugales des stages de responsabilisation, un accompagnement psychothérapeutique et médical, prenant notamment en compte les addictions, ainsi qu'un accompagnement socioprofessionnel visant par exemple l'insertion dans l'emploi.

Pour établir le cahier des charges, le gouvernement s'est inspiré du Home des Rosati, le premier foyer d'hébergement des auteurs de violences sur décision de justice créé à Arras en 2008 et qui figure donc dans la liste des projets retenus. 

Conformément aux engagements du "Grenelle", les centres sont cofinancés à 70% par l'État et à 30% par des collectivités et partenaires privés. Quelque 800.000 euros ont été budgétés pour 2020 et 4 millions en 2021, a précisé à l'AFP le ministère. Un deuxième appel à projets sera lancé début 2021 dans le but d'avoir une trentaine de centres sur tout le territoire d'ici fin 2021.

Selon les données officielles, plus de 210.000 femmes subissent des violences conjugales chaque année. En 2019, 146 ont été tuées par leur compagnon ou ex, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis 2012. La ministre a par ailleurs rappelé les dispositifs pour protéger les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants, alors qu'un couvre-feu de 21H00 à 6H00 concerne 54 départements. Lorsque les femmes se sentent en danger, "la première chose qu'il faut faire c'est appeler le 17", a-t-elle rappelé, ou envoyer un sms au 114. Plus généralement, elle a rappelé la possibilité de signaler des faits de violence au numéro 39 19, gratuit et anonyme.

Mme Moreno a également indiqué qu'Uber allait renouveler son opération, menée au printemps, consistant à offrir des trajets gratuits aux femmes victimes de violence et en situation d'urgence. Selon son ministère, ce sont ainsi 2.000 courses qui seront mises à disposition gratuitement par la plateforme entre le 27 octobre et le 31 mars.
Les Outre-mer en continu
Accéder au live