Violences urbaines en Guadeloupe : cinq interpellations dans l'enquête sur une attaque de gendarmerie

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Blocages routiers du mois de novembre 2021 en Guadeloupe ©LARA BALAIS/AFP
Cinq personnes, dont un mineur de 14 ans, ont été interpellées en Guadeloupe à l'issue de quatre mois d'enquête sur l'attaque d'une gendarmerie et des pillages en novembre dans la commune de Lamentin, selon des sources judiciaires.

Ces personnes ont été "présentées au juge d'instruction" en vue d'une mise en examen pour "violences volontaires aggravées", "dégradation en bande organisée" et "vols organisés", a précisé cette source vendredi soir. Ces interpellations font suite à l'attaque d'une gendarmerie et aux pillages d'un commerce et d'une école en novembre à Lamentin, alors qu'éclataient en Guadeloupe violences urbaines, blocages et crise sociale contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale.            

L'enquête, "menée sur commission rogatoire", a débouché "sur l'interpellation de huit individus en début de semaine et la présentation de cinq individus à l'issue des 48 heures de garde à vue", vendredi soir, parmi lesquels quatre devaient être présentés "en vue de placements en détention provisoire", a déclaré à l'AFP Patrick Desjardins, procureur de la République à Pointe-à-Pitre. Il s'agit de quatre "jeunes entre 20 et 30 ans" et d'"un mineur de 14 ans", tous originaires de Lamentin, a-t-il indiqué.            

Dégradation en bande organisée

Les suspects sont "mis en examen pour violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique, dégradation en bande organisée par moyen dangereux, en réunion, avec usage d'arme et sur personnes dépositaires de l'autorité publique, et vols organisés", a détaillé le procureur. Les faits avaient eu lieu "en deux temps entre le 17 et le 19 novembre 2021, au tout début des émeutes, les mêmes soirs que l'attaque des douanes, ou de bijouteries" (autres violences commises à Pointe-à-Pitre et faisant l'objet d'enquêtes, ndlr), a-t-il rappelé.            

Attaque préméditée

Après des jets de pierres notamment le 17 novembre contre une voiture de la gendarmerie, blessant des gendarmes, "une cinquantaine" de personnes avaient attaqué le lendemain le bâtiment de la gendarmerie, où "cinq individus" étaient "parvenus à entrer", avant d'être mis en fuite par "deux gendarmes présents" à l'intérieur.            

Ce soir-là, il y avait eu "plusieurs jets de cocktail Molotov", enflammant même des arbres, a relevé le procureur. Cette attaque était "préméditée parce que l'on sait désormais que dès la veille, les assaillants avaient conditionné, dans un bâtiment à côté de la gendarmerie, des cocktails Molotov prêts à être utilisés", a-t-il signalé. "Ils étaient tout à fait déterminés à prendre possession des lieux et éventuellement à emmener des armes", a-t-il ajouté. "Cette affaire fait apparaître que dès la première minute des violences urbaines de novembre, tout était organisé", a-t-il souligné.