“La vraie campagne commence maintenant” : Valentin Narbonnais, porte-parole de Benoît Hamon

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Valentin Narbonnais est porte-parole de Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la Gauche. ©LP
Benoît Hamon a remporté la primaire de la Gauche, ce dimanche 29 janvier. Explosion de joie discrète de son porte-parole martiniquais au QG parisien. Pour Valentin Narbonnais en charge du projet Outre-mer : “la vraie campagne commence maintenant”.
20h. Oreillettes vissées au visage, téléphone portable en mains, Valentin Narbonnais arrive en trombe au QG de Benoît Hamon à la maison de la Mutualité, à Paris. Il y a quelques minutes encore, ce porte-parole, en charge du projet Outre-mer de Benoît Hamon, tenait le bureau de vote de sa ville, Colombes, dans les hauts-de-Seine. 

De sa hauteur, le jeune Martiniquais balaie du regard la salle à la recherche de ses proches. A peine le temps pour les poignées de mains, il est accaparé par les médias. A 23 ans, Valentin Narbonnais jongle entre coups de fils, interviews et photos. A quelques minutes du résultat, il répond à son père en Martinique. "Je crois qu'on va vraiment gagner", souffle-t-il discrètement.

20h45. Explosions de joie, cris, applaudissements dans la salle de la Mutualité. “Benoît Hamon remporte la primaire de la gauche avec 58,65% des voix devant Manuel Valls 41,35% sur 4322 bureaux de vote soit environ 60% des bureaux”, annonce sur les écrans géants, Thomas Clay, président de la Haute Autorité de la Primaire.

Les yeux remplis d'émotions Valentin Narbonnais regarde la salle se déchaîner. En retrait, son sourire à lui reste discret, sa joie intérieure. Il reprend souffle à plusieurs reprises comme pour réaliser. “Le coeur de la France bat à gauche ce soir, confie ému le jeune militant socialiste. Ce n’est pas une surprise, on sentait cette dynamique derrière Benoît depuis la semaine dernière, mais là c’est une victoire claire, nette, sans bavure, ça fait plaisir d’être plébiscité ainsi”.


Cette campagne de la primaire à gauche, Valentin Narbonnais s’y est investi à 300 %. Tractages tôt le matin, meeting tard le soir, cet étudiant en licence de droit et sciences politiques s’est mobilisé jour et nuit pour son candidat. “Forcément, les nerfs vont tomber”, souffle-t-il épuisé.

20h50. Manuel Valls, perdant de cette primaire, prend la parole. Valentin Narbonnais se dirige vers l’écran géant pour l'entendre. Vainqueur aux Antilles, l’ancien premier ministre ne manque pas de remercier les territoires des Outre-mer qui l’ont plébiscité. “L’heure est au rassemblement”, conclut Valentin Narbonnais.


21h. Benoît Hamon monte sur la scène de la municipalité alors que Manuel Valls n'a pas terminé son discours. Il est entouré d’une meute de journalistes et de militants. Valentin Narbonnais n’a pas encore pu l’approcher, il le verra “plus tard”, “au calme”. Vainqueur de cette primaire, Benoît Hamon s’adresse aux Français : “Mes chers concitoyens de l’hexagone, des outre-mers et de l’étranger”. Téléphone en mains, Valentin Narbonnais écoute d’une oreille et continue de s’informer des résultats Outre-mer. De l’arrière de la salle, il contemple les militants en liesse qui agitent les drapeaux du PS.

Mais face à cette victoire, le jeune militant martiniquais n’est pas dupe. “La vraie campagne commence maintenant, avoue Valentin Narbonnais. Le combat est à mener contre le projet libéral conservateur de François Fillon, contre le projet xénophobe de Marine Le Pen qui ne cherche qu’à diviser la société. Il faudra aussi discuter avec Emmanuel Macron, savoir s’il est véritablement de gauche et clarifier les choses pour voir si la gauche peut vraiment s’unir avec également Jean-Luc Mélenchon et les écologistes”.

21h30. La poignée de main symbolique entre Manuel Valls et Benoît Hamon doit avoir lieu dans quelques minutes à Solférino. Valentin Narbonnais verra la “photo de famille” plus tard. Des militants le rejoignent, certains euphoriques, lui reste réservé. En 3e année de licence, le jeune martiniquais le sait, le travail à fournir pour la campagne qui s’annonce est immense. “Mais il y a aussi les études et la licence. Je vais devoir réorganiser ma vie, sourit-il. Je ne sais pas quelles fonctions Benoît me confiera mais il faudra travailler encore et encore pour gagner cette présidentielle.” Ce dimanche soir, une nouvelle course est lancée.
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