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Il y a 22 ans, Ibrahim Ali était abattu par des militants FN d'une balle dans le dos

Le 21 février 1995, en pleine campagne présidentielle, Ibrahim Ali, un jeune Marseillais originaire des Comores était tué d'une balle dans le dos par trois hommes qui collaient des affiches pour le Front national. Un rassemblement en sa mémoire sera organisé à Marseille ce mardi.

Ibrahim Ali, tué à l'âge de 17 ans avenue des Aygalades dans le 15e arrondissement de Marseille © AFP/GEORGES GOBET/MICHEL GANGNE
© AFP/GEORGES GOBET/MICHEL GANGNE Ibrahim Ali, tué à l'âge de 17 ans avenue des Aygalades dans le 15e arrondissement de Marseille
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Rendez-vous est donné mardi 21 février à 12h30, avenue des Aygalades, dans le 15e arrondissement de Marseille. Comme chaque année, proches, amis ou simples citoyens se rassembleront en mémoire Ibrahim Ali Abdallah. "Même 22 ans après, on n'oublie pas", martèle le chanteur Soprano dans une vidéo postée sur la page Facebook de l'événement.
 
 

Abattu de dos, alors qu'il courrait pour attraper le bus

 Ibrahim Ali Abdallah est mort, tué d'une balle dans le dos dans cette même avenue des Aygalades, le 21 février 1995. Ibrahim avait 17 ans, préparait un CAP menuiserie. Cet amateur de hip-hop, qui était également membre du collectif B-Vice,  est de sortie ce 21 février 1995 : il répéte avec ses amis pour un concert en faveur de Solidarité enfants Sida. Il se fait tard, le bus doit passer. La bande se met à courir pour ne pas manquer la correspondance. Ils croisent le chemin de trois colleurs d'affiches du Front national: Robert Lagier, 63 ans, Mario d'Ambrosio, 41 ans, et Pierre Giglio, 33 ans.

Quinze ans de prison pour le meurtrier

Robert Lagier, en voyant le groupe au pas de course, et sans qu'un seul mot ne soit échangé entre les deux parties, tire à trois reprises. Ibrahim Ali s'effondre, il décède quelques minutes plus tard.

Lors du procès, en juin 1998, plusieurs témoignages, dont celui de la petite-fille de Robert Lagier font état du racisme et de la violence de ce dernier. Il écope de quinze ans de prison, et est décédé en détention. Mario d'Ambrosio, qui était également armé ce soir-là, a lui été condamné à dix ans, Pierre Giglio à deux ans, dont un avec sursis.

Lutter contre l'oubli

Comme Soprano, les internautes sont nombreux à avoir enregistré des vidéos appelant au rassemblement tout en abordant la question des bavures policières ou encore de la montée du Front national. Vingt-deux ans après, ils craignent que l'histoire de l'adolescent ne tombe dans l'oubli, et souhaiteraient qu'une rue ou une école porte le nom d'Ibrahim Ali Abdallah.  

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