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La Réunion : comprendre l'affaire de la Nouvelle Route du Littoral en trois minutes

A La Réunion, plusieurs personnes sont en garde à vue depuis mardi 20 juin dans le cadre d'une enquête préliminaire du Parquet national financier, sur le chantier titanesque de la "Nouvelle Route du Littoral", notamment pour "corruption". Pour tout comprendre à cette affaire, c'est ici.

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  • David Ponchelet avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
Un conseiller régional et des salariés administratifs du conseil régional de La Réunion ont été placés en garde à vue à Saint-Denis, mardi 20 juin, dans le cadre d'une enquête préliminaire menée par le parquet national financier (PNF), pour corruption, favoritisme et trafic d'influence, portant sur l'attribution des marchés du chantier de la Nouvelle Route du Littoral.
 

La Nouvelle Route du Littoral, kesako ? 

La "Nouvelle Route du Littoral" est un chantier titanesque lancé fin 2013 par le président (LR) du conseil régional de La Réunion, Didier Robert. Le projet de la NRL prévoit la construction d'une 2x3 voies sur la mer en viaduc, avec grand renfort de digues, afin de s'éloigner de la falaise sujette à des éboulements réguliers et parfois mortels, et au pied de laquelle passe la route actuelle.

Le montant prévu des travaux est de l'ordre d'1,66 milliard d'euros pour une route longue de 12,5 kilomètres, soit 133 millions d'euros du kilomètre. Ce qui en fait, selon le journal Les Echos, "la route la plus chère du monde". 

Regardez une vidéo en 3D résumant le chantier, réalisée par les entreprises chargées de la construction :

 

Qui construit la route ?

A la suite d'un appel d'offres passé en 2013, le 15 octobre de cette année-là, la commission d'appel d'offres du conseil régional de La Réunion avait attribué les deux principales tranches du chantier aux groupements Vinci/Bouygues et GTOI/SBTPC,
pour un montant de 1,2 milliard d'euros. Les travaux ont commencé début 2014. Mais le groupe Eiffage TP, grand perdant de l'appel d'offres, avait contesté en justice l'attribution de ces marchés. Le tribunal administratif de Saint-Denis avait rejeté ses deux recours en décembre 2013.
 

Pourquoi une enquête préliminaire ?

Ce sont les conditions dans lesquelles le marché a été passé qui font l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet national financier. A la suite d'une dénonciation anonyme pour des malversations présumées lors de l'appel d'offres, au printemps 2014, le parquet national financier a ouvert le dossier. Ce sont les gendarmes qui sont chargés des investigations liées à cette enquête préliminaire pour "Corruption, favoritisme et trafic d'influence".  

Une série de perquisitions ont été menées en octobre 2015 et en mai 2016, notamment au domicile de Didier Robert, de son épouse ainsi que de plusieurs élus, dont Dominique Fournel. Au moment de la passation du marché, Dominique Fournel était 11ème vice-président du conseil régional, délégué à la Nouvelle Route du Littoral (NRL) et membre de la commission permanente de la Région. 
 
Thierry Robert (MoDem), principal opposant au président de région Didier Robert, a déposé il y a quelques mois sur le bureau du PNF un dossier comportant selon lui "plusieurs éléments possiblement constitutifs d'un conflit d'intérêts".

Que se passe-t-il depuis hier, 20 juin ?

Depuis le mercredi 20 juin, les enquêteurs du Parquet national financier ont lancé une nouvelle série d'auditions et de gardes à vue. Dominique Fournel ainsi que trois personnels administratifs de la collectivité ont été placés en garde à vue à la caserne de gendarmerie de Saint-Denis. 

Un dirigeant du groupe Eiffage, en poste au moment des faits en 2013, a été entendu en tant que témoin par les enquêteurs mardi. Thierry Robert (député MoDem) a également été entendu à titre de témoin pendant deux heures. La nuit dernière, comme le rapporte Réunion 1ère, le portail de la maison de Thierry Robert a été tagué avec des menaces de mort en créole :  "Avec ce que tu as dit cet après-midi sur la NRL, tu es mort".  

Ce mercredi d'autres personnes, des élus notamment, pourraient à leur tour être entendues par les enquêteurs.
 

Et après ?

Dans le cas où l'enquête préliminaire déboucherait sur des citations directes d'une ou plusieurs personnes devant une juridiction correctionnelle, les personnes mises en cause seraient jugées par la 32ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris, dévolue aux dossiers traités par le PNF.

Le conseil régional a annoncé qu'il se porterait partie civile "pour le cas où les intérêts de la collectivité auraient été lésés".

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