outre-mer
territoire

Amazonie : les avions militaires s'activent, les relations franco-brésiliennes chavirent

amazonie
Feux en Amazonie : les avions militaires s'activent en appui des pompiers
Vue aérienne des feux dans la zone de Boca do Acre, au nord-ouest du Brésil, le 24 août 2019. ©Lula Sampaio, AFP
Alors que des avions de l’armée brésilienne survolaient l’Amazonie dimanche afin de lutter contre les incendies qui ravagent la forêt tropicale, le président brésilien a de nouveau attaqué son homologue français sur les réseaux sociaux.
Des avions de l'armée brésilienne transformés en bombardiers d'eau survolaient, dimanche 25 août, l'État amazonien de Rondonia (ouest du Brésil) afin de lutter contre les incendies qui ravagent la forêt tropicale et provoquent une inquiétude grandissante au sein de la communauté internationale.

Le président Jair Bolsonaro, pressé par la communauté internationale et notamment Emmanuel Macron, a autorisé vendredi l'armée à intervenir afin de lutter contre les incendies dans sept États (l’Amazonie brésilienne s’étend sur neuf États, NDLR), répondant à la demande des gouvernements locaux.
 

44 000 soldats disponibles

Près de Porto Velho, capitale de l'État de Rondonia, où plusieurs zones au moins aussi grandes que des terrains de football ont été brûlées, les feux encore actifs ont été contenus dans de très petites zones, limitées à quelques arbres.

Samedi soir, une vidéo publiée par le ministère de la Défense montrait un avion militaire propulser plusieurs milliers de litres d'eau en survolant d'importants nuages de fumée près de la voûte forestière.
Le Brésil dispose de 44 000 soldats disponibles pour lutter contre les feux, a indiqué le chef d'état-major interarmes, sans préciser le nombre de soldats réellement affectés à l'extinction des incendies ni le déroulé des opérations.

Sur un tout autre terrain, celui des réseaux sociaux, le président brésilien a de son côté jeté de l'huile sur le feu des relations franco-brésiliennes. Celui qui s'adonne, depuis qu'Emmanuel Macron a déclaré s'opposer à l'accord UE-Mercosur, a un "Macron bashing" (dénigrement) intempestif, a récidivé dimanche, soutenu par plusieurs membres de son entourage politique.
 

Pluie d’insultes

En première ligne dans les pressions exercées sur le président brésilien pour agir en Amazonie, Emmanuel Macron a de nouveau fait l’objet d’attaques par réseaux sociaux interposés, dimanche. Depuis son tweet déplorant la catastrophe environnementale que représentent les incendies dans la zone, le président français est en proie aux invectives de son homologue brésilien, l’accusant d'avoir une mentalité "colonialiste".

Copieusement moqué par l’entourage de Jair Bolsonaro, le président français a de nouveau été insulté dimanche par le ministre brésilien de l’éducation, Abraham Weintraub, qui l’a qualifié sur Twitter de "crétin opportuniste" cherchant "le soutien du lobby agricole français".
Le terme utilisé en portugais ("calhorda"), très loin des usages diplomatiques, n’a pas d’équivalent en français, mais se trouve à la croisée des termes "tricheur", "crétin" et "connard".
Au milieu d’une rafale de tweets, Abraham Weintraub a qualifié la France de "pays d’extrêmes" ayant "produit des hommes commes Descartes ou Pasteur, mais aussi des collaborateurs" (en référence à la seconde guerre mondiale).
"Ils ont choisi un président sans caractère (…) il faut attaquer ce crétin de Macron" a-t-il poursuivi.
   

Brigitte Macron, moquée

Alimentant les moqueries à l’égard du président français, qualifié par l’écrivain et "gourou" du président brésilien Olavo de Carvalho de "Macrocon", Jair Bolsonaro a surenchéri. Sa cible, cette fois, n’est autre que la Première Dame, Brigitte Macron.

Le président brésilien a répondu sur Facebook a un post qui se moquait du physique de l’épouse du chef d’État français, apparaissant sur un cliché désavantageux, la comparant à la Première Dame brésilienne, Michelle Bolsonaro, âgée de 37 ans. "N’humilie pas le type – MDR (mort de rire)" a-t-il écrit, alors que la publication évoquait une prétendue jalousie du président français à l’égard de son homologue brésilien.
  Les incendies en Amazonie ont renforcé la faille présente dans les relations franco-brésiliennes depuis l'arrivée au pouvoir à Brasilia du président d'extrême droite, le 28 octobre 2018.

Ces derniers jours, Jair Bolsonaro a accusé Emmanuel Macron d'avoir une "mentalité colonialiste", tandis que ce dernier l'accusait d'avoir "menti" sur ses engagements climatiques, en raison des positions du gouvernement brésilien en matière de déforestation, et en ne prenant pas de décision radicale pour circonscrire les feux.

L'Amazonie est la plus grande forêt tropicale du monde et sa protection est considérée comme essentielle à la lutte contre le changement climatique en raison des énormes quantités de dioxyde de carbone qu'elle peut absorber.

Près de 80 000 incendies ont été répertoriés à travers le Brésil depuis le début de l'année, un record depuis au moins 2013, selon des données gouvernementales.
 

Emmanuel Macron : "c'est triste"

Emmanuel Macron a déploré lundi lors d'un point presse les propos "extraordinairement irrespectueux" de son homologue brésilien Jair Bolsonaro à l'encontre de son épouse Brigitte, se disant "triste pour lui et pour les Brésiliens". M. Bolsonaro a tenu "des propos extraordinairement irrespectueux à l'égard de mon épouse", a-t-il lancé en marge du sommet du G7 à Biarritz. "Qu'est-ce que je peux vous dire ? C'est triste, c'est triste mais c'est triste d'abord pour lui et pour les Brésiliens", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il espérait "très rapidement" que les Brésiliens "auront un président qui se comporte à la hauteur".
 
Publicité