Au cœur de Paris, la photographe Adeline Rapon expose les femmes antillaises

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La photographe Adeline Rapon pose devant son exposition Fanm Fò à Paris. ©Marie Boscher
La photographe Adeline Rapon, d'origine martiniquaise, expose sa série de photos "Fanm Fò" dans le cadre des Rencontres photographiques du Xe arrondissement de Paris. Un hommage aux femmes antillaises en plein cœur de la capitale.

Sous un soleil timide de novembre, de grands portraits colorés réchauffent l'atmosphère du square Alban Satragne dans le Xe arrondissement de Paris. Tantôt sous les traits de Jenny Alpha, de Paulette Nardal ou encore d'une aïeule, Adeline Rapon (s')expose avec ses images de femmes antillaises.

Enfermements

Intitulée Fanm Fò ("femmes fortes" en créole) et réalisée pendant le confinement de la photographe à Paris en 2020, la série d'autoportraits est un hommage à celles qui ont été oubliées ou déformées par l'Histoire. Sorties de l'enfermement de cartes postales exotisantes, d'images coloniales ou de l'oubli des siècles par les photos d'Adeline Rapon, elles débarquent désormais dans les rues de la capitale dans le cadre des Rencontres de la photographie du Xe arrondissement. 

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Une famille découvre les autoportraits d'Adeline Rapon dans ce square du Xe arrondissement. ©Marie Boscher

Pas question ici de galeries confidentielles ou de musées réservés aux publics habitués. Adeline Rapon veut "forcer" et "imposer" l'accès à la culture, "intéresser par le hasard" dans ce quartier cosmopolite où se côtoient des gens de tous les horizons. "N'importe qui peut entrer dans ce parc, se poser pour déjeuner, tomber sur les cartels et se dire que c'est intéressant, qu'il y a plein de choses dans l'histoire des Antilles", raconte-t-elle, voulant tordre le cou au mythe qui voudrait que ces territoires n'auraient pas ou plus de culture. 

Retour à la vie

Et quel symbole que le lieu choisi : le jardin Alban Satragne jouxte les locaux de la médiathèque Françoise Sagan, installés dans ancienne prison pour femmes. "C'est l'endroit idéal, savoure Emmanuelle Halkin, commissaire des rencontres pour le collectif Fetart. C'est le retour à la vie culturelle, un jeu avec ce travail réalisé pendant le confinement et le fait de le mettre dans la rue aux yeux des passants."

Ce que je trouve important, c'est l'idée de confronter les Parisiens aux images dans des lieux publics. C'est toujours un peu politique d'exposer dans l'espace public. On a essayé de rendre le travail d'Adeline Rapon encore plus pédagogique : c'est beau mais c'est intelligent et c'est simple à comprendre, accessible pour tous.

Emmanuelle Halkin, commissaire de l'exposition

C'est la première que cette série de photo, montrée dans un centre commercial de Martinique à l'été 2020, est exposée dans l'Hexagone. Elle est à découvrir dans le Xe arrondissement de Paris jusqu'au 1er décembre 2021.