Baisse du nombre de morts violentes au sein du couple en Outre-mer

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La gendarmerie de La Réunion.
La gendarmerie de La Réunion. ©Nathalie Rougeau
Le nombre de victimes de violences intraconjugales est globalement en baisse dans les Outre-mer en 2020, indique un rapport rendu public ce mardi 2 août par le ministère de l’Intérieur. Ils se placent toutefois parmi les territoires les plus concernés par ces violences à l’échelle nationale.

En 2020, 125 morts violentes au sein du couple ont été recensées en France par les services de police et unités de gendarmerie, dont huit dans les territoires ultramarins, indique un rapport publié le 1er août par le ministère de l’Intérieur. Un chiffre en baisse de 28% à l’échelle nationale, 50% dans les Outre-mer, par rapport à 2019. À noter que cette baisse chez les Ultramarins s’explique en partie par un pic exceptionnel de mortalité au sein des couples en Guyane en 2019 (7 victimes).

4 victimes sur 5 sont des femmes

Au total, 82% des victimes sont des femmes. 35% d’entre elles étaient déjà victimes de violences antérieures, physiques et psychologiques. 


Un chiffre en baisse en Outre-mer

En Outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Polynésie française enregistrent deux victimes chacune en 2020. Un chiffre globalement en baisse ces cinq dernières années. Si la moyenne reste constante en Martinique, la situation semble s’améliorer à La Réunion. L’île recensait quatre morts violentes au sein des couples par an, entre 2016 et 2018, contre un en 2019 et zéro en 2020. 

 

Des violences plus importantes en Outre-mer

À l’échelle nationale, c’est dans les Outre-mer qu’il y a eu le moins de victimes de violences intraconjugales en France, en 2020. Mais rapporté au nombre d’habitants, ce sont bien les territoires ultramarins qui sont les plus touchés par ces violences. La Guyane se hisse en tête du classement, suivie de près par la Polynésie, la Martinique et la Guadeloupe.

La Guyane compte ainsi deux victimes sur une population totale de 278 000 habitants. La Nouvelle-Aquitaine compte, elle, 15 victimes en 2020, mais pour une population totale de six millions d’habitants. Le ratio est donc plus élevé en Guyane (0.7 en Guyane, 0.2 en Nouvelle-Aquitaine). 

En 2018, deux rapporteurs du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ont remis un état des lieux inquiétant sur les violences faites aux femmes dans les Outre-mer. Selon Dominique Rivière, co-rapporteur, elles sont “plus fréquentes et plus graves dans les Outre-mer, même s'il existe des différences d'un territoire à l'autre”. Parmi les territoires pointés du doigt : la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et La Réunion. Les rapporteurs alertent également sur le manque de données disponibles pour recenser ces féminicides. “À Mayotte, ces crimes ne sont pas même répertoriés”, dénonce le rapport. 

Parmi les raisons évoquées pour expliquer cette situation : la situation économique et sociale, le rôle des Églises, le difficile accès à la “protection publique” et un “seuil de tolérance à la violence plus élevé dans les Outre-mer, qui s'explique en partie par l'histoire coloniale et le passé esclavagiste”.

Un accompagnement renforcé des victimes

L’égalité entre les femmes et les hommes, et avec elle, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, a été nommée Grande Cause du quinquennat par le président Emmanuel Macron. Plusieurs mesures sont portées par le ministère de l’Intérieur dans le cadre du Grenelle de la lutte contre les violences conjugales. Parmi elles : un accompagnement renforcé des victimes. En visite officielle en Polynésie fin juillet, Emmanuel Macron a ainsi annoncé une aide de 83 millions de francs pacifiques (environ 688 000 euros) pour financer les travaux d’un centre d’accueil et d'hébergement pour les femmes en détresse. Depuis le mois de juin, le numéro d'urgence destiné aux femmes victimes de violences, le 3919, est accessible 24h sur 24, réglant ainsi le problème du décalage horaire avec les territoires ultramarins.

En moyenne, 45 interventions par heure ont eu lieu en métropole et en Outre-mer l’année passée dans le cadre des violences conjugales.