COP26 : un concept-store qui lutte contre la surconsommation en Guyane

économie
Axel Loupeda
Axel Loupeda, fondateur de Belpair ©Sébastien Patient
Axel Loupeda, le Guyanais fondateur du concept-store Belpair, nettoie, répare et customise des sneakers. L’objectif pour ce dernier est de redonner une deuxième vie à des baskets usées par le temps tout en les personnalisant. Exposé à Paris, il est à présent reconnu par ses paires.

Le concept-store Belpair situé à Cayenne, est tout droit sorti de l’expérience de son créateur aux États-Unis. "Après mon BTS, j’ai eu une bourse d’étude pour jouer au soccer à Houston, et tous mes amis faisaient de la personnalisation de sneakers, pour être unique, se différencier et je me suis mis dedans comme ça (…) je ne suis pas le nouveau Mbappé, mais j’ai découvert le custom de sneakers", raconte Axel. Au départ, une passion pour lui et pour ses amis qui en faisaient la demande. Seulement, quand il est rentré en Guyane, il s’est dit, "il y a quelque chose à faire, il y a une demande".

C’est ainsi que Belpair naquit. Son concept-store se veut une alliance entre la boutique traditionnelle et la culture avec un espace dédié. Ce dernier a pour but d’exposer les œuvres des artistes locaux en Guyane. "Pour moi, c’est du street art à part entière", explique Axel Loupeda. Ce qu’il fait, c’est rénover des paires de baskets avant de les personnaliser à la demande. "Les clients viennent avec une thématique, un projet et on définit ce qu’on va faire ensemble, (…) ils viennent pour les rénover et les porter de nouveau, ça renforce leur attachement à la paire de chaussures", résume l’artiste au sujet de son travail et son projet.

Une seconde vie

Dans mon activité, il y a deux piliers, l’écologie/l’éco-responsabilité et la personnalisation.

Axel Loupeda, fondateur de Belpair

"On va récupérer des chaussures usagers, celles de tous les jours et on va leur donner une seconde vie grâce à nos technologies de personnalisation, comme ça, on va allonger la durée de vie du produit et éviter la surconsommation". Pour Axel, le concept de réutilisation de sneakers abîmés est une manière de faire de l’écologie tout en innovant sur son territoire.

Comme il l’explique, "en Guyane, c’est difficile de trouver certaines paires, et je me suis dit, "pourquoi on n’utilise pas ce qu’on a localement pour leur donner une seconde vie ?"". Un manque d’offres dans la basket qui lui a offert des opportunités, mais surtout sa terre, qui lui donne son inspiration : "J’habite en Guyane au quotidien, je m’inspire de l’environnement, de l’interaction". C’est ainsi que les peuples amérindiens en Guyane lui ont inspiré sa paire de sneakers exposée à la galerie Sakura à Paris. Une paire qui lui a demandé "20 à 25 heures de travail", mais des chaussures qui auront une seconde vie puisqu’elles ont déjà été achetées.

Après avoir traité plus de 2 500 paires de sneakers sur deux ans, ce qui équivaut à trois tonnes d’articles. La détermination d’Axel Loupeda a payé puisqu’il est cette année, lauréat dans la catégorie Création de la 20e édition du concours Talents des Cités. Une réussite et une fierté qu’il partage ici.