Coronavirus : pendant le confinement, un professeur polynésien écrit un manuel pour fabriquer son vélo en bambou

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Vélo en bambou
Vélo en bambou ©CB
Professeur dans un lycée professionnel près de Paris, Petero profite de ses semaines de confinement pour écrire une méthode de fabrication du vélo en bambou. Ce Polynésien passionné de vélo réfléchit à le rendre 100% écologique.
 
En novembre dernier, il nous avait reçu dans son atelier dans un lycée technique de la banlieue parisienne. Petero, nous l’avions nommé ainsi, préfère rester anonyme. Ce professeur a mis au point une méthode incroyablement précise pour fabriquer son vélo en bambou.

Incitations pour faire du vélo

Nous l’avons contacté après plusieurs semaines de confinement au moment où les pouvoirs publics incitent les Français à choisir le vélo pour se déplacer. A Paris où vit Petero, des pistes cyclables provisoires vont être aménagées le long des lignes de métro les plus fréquentées (1, 4 et 13) et 50 km de voies d'habitude réservées aux voitures seront consacrées aux vélos, notamment la rue de Rivoli, porte d'Orléans, boulevard Saint-Michel, le tunnel de l'Etoile et la porte Maillot.
Vélo à Paris en période de confinement
Vélo à Paris en période de confinement ©Elko Hirsch / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Le roi du vélo"

Petero, lui, n’a pas besoin d’être incité. C’est un peu "le roi du vélo". En temps normal, il traverse matin et soir Paris du nord au sud. Au total : deux heures de vélo en bambou par jour depuis 15 ans ! Son point de vue d’utilisateur ? "A Paris, en 15 ans, il y a eu d’énormes progrès. En banlieue, c’est un peu le rodéo ! » s’amuse le professeur pour qui Copenhague au Danemark est un modèle, "même si le vent parfois très violent peut jouer des tours aux cyclistes en les entrainant à un mètre".
 
Vélo en bambou
Vélo en bambou ©CB

Autant dire qu’avec le confinement, ce Polynésien très sportif a commencé à se sentir mal. "Pour compenser mes deux heures de vélo quotidiennes et ne pas "péter un plomb", je me suis mis à la musculation à haute dose et au jogging. Du coup, j’ai de plus en plus de muscles et si ça continue, je vais devoir changer ma garde-robe", s’amuse le cycliste confiné.
 

Continuité pédagogique

Petero assure chaque jour ses cours à distance avec ses élèves. "Beaucoup ne sont plus très présents. Le fait que les notes en confinement ne sont pas comptabilisées n’a pas aidé", note le professeur. Pour les volontaires –ils étaient 5 en 1ère- Petero a proposé de leur apprendre à fabriquer un vélo en bambou, sa passion.

"On a commencé par le dessin. Il faut d’abord se poser les bonnes questions. Quel type de vélo souhaite-t-on ? demande Petero. Un VTT, un vélo de ville ? Ensuite il faut prendre ses mensurations. Sur un vélo, il y trois points de contact : les mains, les pieds et les fesses. La position de ces trois points dépend donc de la longueur des jambes, des bras et de l’entrejambe."
 
Plan du vélo en bambou
Plan du vélo en bambou ©CB

"Un vélo sur mesure, bien dessiné est harmonieux, note le professeur. Cette phase de projet est est très importante car si le vélo est mal dessiné, "mal adapté, on ressemble dessus à un crapaud". Et le style pour cet amoureux du vélo en bambou, ça n'a pas de prix !
 

La résine des hommes préhistoriques

Tout en continuant à suivre ses élèves, Petero peaufine sa méthode. Afin que son vélo soit 100% écologique, il a réfléchi à la résine qu’il emploie et qui -à son avis- pollue encore trop. Le professeur confiné s’est donc lancé dans des recherches. Et il a découvert que les hommes préhistoriques avaient trouvé un moyen très ingénieux pour attacher leurs haches.

"Ca tenait avec de la résine d’écorce de bouleau, déclare-t-il, ébloui par tant d’ingéniosité. Il faut beaucoup d’écorce", précise le professeur qui n’en est qu’au "stade de la réflexion".

Parallèlement, Petero travaille à la conception d’un manuel sur la fabrication de son vélo en bambou. '"Ce n’est pas de la littérature, dit-il. Il faut que ce soit faisable et vérifiable, pour que d’autres personnes en profitent". Le professeur ne cherche pas vraiment à se lancer dans les affaires.


"Un acte militant"

"Un vélo en bambou, c’est un acte militant. On est tellement heureux quand on fait un vélo en bambou. C’est une sacré aventure. Après, on ne peut plus s’en défaire", s’enthousiasme le Polynésien.

Petero compte désormais les jours et rêve de ce 11 mai (la fin du confinement en France sauf à Mayotte) où il pourra enfin ressortir son vélo en bambou et en faire pendant des heures !
 
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