Euro 2020 de handball : cinq ultramarines à la conquête de l’Europe

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©FFHB
Cinq joueuses ultramarines font partie de l’équipe de France qui démarre ce vendredi contre le Monténégro sa campagne de l’Euro au Danemark. L’objectif est double, relever la tête après la claque subie au Mondial japonais fin 2019, et conserver le titre acquis en 2018 en France.
 
Il y a deux ans la France dominait la planète du handball féminin. On croyait ces filles parties pour un parcours incroyable. Championnes d’Europe en 2018 à Bercy face à la Russie, après leur titre mondial face à la Norvège un an plutôt en Allemagne. Les filles d’Olivier Krumbholz marchaient sur l’eau et se qualifiaient du coup pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

Mais le couac du Mondial japonais l’an dernier a brisé la dynamique. Incapables de sortir de leur groupe du premier tour, les Bleues rentraient à la maison. La Covid-19 a perturbé encore davantage la préparation du groupe et l’Euro a failli être annulé aussi. Il devait se dérouler en Norvège, et l’EHF (European Handball Federation) a trouvé un pays de repli, pas très loin. Ce sera finalement au Danemark que Béatrice Edwige et ses copines vont essayer de se refaire une santé sur l’échiquier européen.
 
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Le groupe lors de la mise en place d'hier à Herning ©FFHB
  

Humilité de circonstance

Elles le clament haut et fort, le Japon est oublié. Mais les JO restent l’objectif 2021. Chaque chose en son temps cependant, la période de crise sanitaire aura permis aux filles de faire leur introspection et de se laver la tête. Les anciennes ont pris la parole.

Et tout parait rétabli maintenant, comme le relève Orlane Kanor la Guadeloupéenne, l’une des championnes ayant réussi le doublé 2017/2018 :
 

C’est loin derrière mais toute l’équipe a eu le temps de passer par-dessus cette contre-performance. Pendant le confinement, on a pu faire des visioconférences,  et en septembre on a eu le temps de discuter encore un peu entre nous. Il faut se projeter sur l’avenir et ce Mondial on n’y pense plus.

 
Beatrice Edwige la Guyanaise de 32 ans a l'expérience pour elle. Partie à Györ en Hongrie la saison dernière, elle tient à peu près le même langage et ne pense pas plus loin que le 8 décembre prochain, date du dernier match du groupe 1 contre le Danemark. "Oublier le Mondial on ne peut pas car on construit quelques fois des victoires sur des échecs", confie-t-elle. "Il faut tirer le bilan de cet échec et on l’a fait. L’objectif pour moi c’est de passer le premier tour si on doit faire mieux que la dernière compétition. Après on verra et on avancera au fur et à mesure."
 
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Les bleues à l'entraînement à la maison du Handball français à Créteil ©FFHB
  

Sans Allison Pineau, mais avec d’autres atouts

La blessure d’Allison Pineau aura été un des coups durs de la préparation : la meneuse Guadeloupéenne, véritable leader sur le terrain (220 sélections) va manquer à ses coéquipières. Elle a subi une blessure au nez (double fracture avec dislocation) lors d’un match de ligue des champions avec son club Monténégrin de Podgorica mi-novembre.

Mais la relève arrive avec Méline Nocandy la Guadeloupéenne de 22 ans qui va pouvoir montrer tout son talent au poste de demi-centre. Elle s’épanouit en club avec Metz aux côtés d’Orlane Kanor.

Elle sera bien entourée car la « Gwada-connection » frappe encore : à 28 ans Coralie Lassource, l’ailière de Brest est revenue au plus haut niveau. Et, révélée l’an dernier, Océane Sercien-Ugolin sera aussi de la bataille du Danemark. A 23 ans, l’ex joueuse de Paris-Handball évolue désormais en Slovénie à Krim Mercator, c’est une joueuse sur laquelle compte Olivier Krumbholz qui connaît bien ses atouts : "Océane est très rapide dans les remontées de balle, elle joue en débordement, elle tire de loin, elle va vite. Comme on attache de l’importance au jeu tout-terrain, je privilégie une joueuse qui a un très fort physique, même si elle a encore une marge de progression énorme."
 

Orlane Kanor forfait pour le tour préliminaire

La France sera dans le groupe 1 avec le Monténégro, la Slovénie et le Danemark. Pas vraiment une partie de plaisir, surtout face au pays hôte. Mais pour être titré, ou vouloir une médaille il faut réapprendre à gagner.
Ce que les Françaises ont fait lors de la Golden League récemment, avec deux victoires contre le Monténégro 29/13  et la Norvège 29/28, pour une seule défaite contre le Danemark 23/27. Battre le Monténégro est primordial pour bien se placer d’entrée dans ce groupe 1.

On compte sur les "anciennes" pour remotiver les troupes, et Orlane Kanor est prête. A 23 ans, elle possède déjà un des plus beaux palmarès du handball français : "Je ne sais pas si la Covid va perturber ce tournoi. Déjà c’est particulier car il n’y aura quasiment pas de public. Il y a des équipes favorites, la Russie, le Danemark, la Norvège, et les tenantes les Pays Bas. Je considère qu’on doit gagner toute les équipes si on veut aller loin, je le sens bien."

Cependant, petit bémol la concernant, Orlane Kanor sera dispensée du premier tour. Souffrant d’une douleur au dos, les médecins de l’équipe de France préfèrent la soigner et la garder en réserve pour la suite de l’Euro. Rappelons qu’un pays a droit à deux changements entre le premier tout et le tour principal.
Ceci dit, pas de blagues avec ou sans Orlane dans l’équipe de départ.

Là franchement la  bataille va être très rude car beaucoup d’équipes veulent décrocher un titre et ça fait très longtemps qu’on n’a pas eu de grande compétition.

Béatrice Edwige, pivot équipe de France

 
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La salle d'Herning où la France jouera ses matchs du 1er tour ©DR
 

Le Danemark terre d’exploits français

Dans la froideur du Danemark, habituellement pays où le handball est roi, 500 personnes, organisation et équipes et quelques rares journalistes, seront autorisées lors de chaque match. La superbe arène de la Jyske Bank Boxen d’Herning sonnera creux et il faudra trouver ses marques mais la France a souvent réussi dans ce cœur du pays scandinave.

Les garçons, dans la même salle, avaient conquis de haute lutte un magnifique titre de champion d’Europe en 2014 passant plus de 40 buts à des Danois médusés. Et en 2018 lors du mondial, ils avaient arraché la médaille de bronze face aux Allemands après un vrai bras de fer. Il y a donc des bonnes sensations à avoir du côté d’Herning à commencer par le premier match de ce vendredi.

"Le Monténégro est une équipe expérimentée, et il faut s’attendre à un match tendu. Comme les trois autres matchs d’ailleurs où tout se jouera à peu de choses. Le petit avantage est que si nous nous qualifions nous resterons à Herning. C’est une salle qui réussit souvent à la France. Acceptons-en l’augure, les filles ont un esprit de conquérantes et elles sont en pleine forme", annonce Olivier Krumbholz.
Alors rêvons à nouveau en bleu avec ces filles en or.
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