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François Hollande dans son livre "Les leçons du pouvoir" : les Outre-mer, Taubira, Lurel, Bareigts et les autres...

"Les coulisses du pouvoir", le livre-bilan de François Hollande connait un grand succès en librairie. Il évoque et tire les leçons de ses cinq années à l'Elysée. A plusieurs reprises, il évoque les Outre-mer et les personnalités politiques ultramarines, de Christiane Taubira à Ericka Bareigts.

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  • Par David Ponchelet
  • Publié le , mis à jour le
Depuis sa parution le 11 avril 2018, l'ouvrage dans lequel François Hollande tire "Les leçons du pouvoir" (éditions Stock), connait un gros succès. Tiré initialement à 70.000 exemplaires, il a du être réimprimé à plusieurs reprises. Et les séances de dédicaces de l'ancien chef de l'Etat à travers l'hexagone rencontrent un vif succès.
François Hollande, ici en dédicace dans une librairie de Tulle, son ancien fief, le 14 avril 2018 © GEORGES GOBET / AFP
© GEORGES GOBET / AFP François Hollande, ici en dédicace dans une librairie de Tulle, son ancien fief, le 14 avril 2018

Dans ce livre de 409 pages, François Hollande évoque à plusieurs reprises les Outre-mer et les personnalités politiques qui en sont originaires. Voici ce qu'il écrit.

"La France lointaine"

François Hollande en Guadeloupe en mai 2015 © ALAIN JOCARD / AFP
© ALAIN JOCARD / AFP François Hollande en Guadeloupe en mai 2015

Il faut attendre la page 97 pour que François Hollande évoque en quelques pages les Outre-mer, sous le titre "La France lointaine". A dire vrai, rien de très original dans ces lignes, qui débutent ainsi : "Les Outre-mer offrent à la France une présence sur les cinq continents et un rayonnement dont sa diplomatie peuvent chaque jour tirer avantage". Evocation habituelle des politiques, il souligne que grâce aux Outre-mer, la France est le deuxième espace maritime du monde. Il évoque ensuite son rapport aux Outre-mer : 

Je n'ai jamais considéré les territoires lointains de la République comme de simples legs (...), encore moins comme un fardeau. Les Outre-mer pèsent bien davantage que les 2,7 millions d'habitants qui y habitent.

Derrière ce tableau flatteur, il y a aussi une réalité plus sombre avec des retards, des inégalités, des discriminations et des séquelles de l'Histoire.

En février 2016, à Futuna, François Hollande boit le kava. "Le kava aux vertus bienfaisantes est dit-on +le symbole de l'équilibre du monde+. J'aurais eu tort de m'en priver", écrit F. Hollande dans son livre © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP En février 2016, à Futuna, François Hollande boit le kava. "Le kava aux vertus bienfaisantes est dit-on +le symbole de l'équilibre du monde+. J'aurais eu tort de m'en priver", écrit F. Hollande dans son livre

L'ancien chef de l'Etat précise ensuite qu'il s'est rendu dans tous les Outre-mer au cours de son mandat, "Y compris Wallis et Futuna où aucun président n'était venu depuis le général de Gaulle", écrit-il. (Ce qui est inexact : Valéry Giscard d'Estaing s'est rendu à Wallis le 19 juillet 1979, mais ne s'était pas rendu à Futuna, ce qu'a effectivement fait François Hollande le 21 février 2016.) 

Suivent quelques lignes dans lesquelles l'ex-président évoque différentes spécificités des Outre-mer : le lagon de Nouvelle-Calédonie, le plus grand du monde (mais il n'évoque -étrangement- à aucun moment le référendum d'autodétermination et l'avenir de la Nouvelle-Calédonie); les Antilles françaises dont la population "atteint plus d'un million d'habitants" (NDLR : François Hollande inclut sans doute la Guyane, car selon le dernier recensement de l'Insee, la Guadeloupe, la Martinique et les îles du nord comptent au total 824.000 habitants) ; La Réunion et ses "900.000 habitants" ; il termine cette évocation par Saint-Pierre et Miquelon qui fut "la première terre française à rallier la France libre".
François Hollande à Miquelon le 23 décembre 2014 © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP François Hollande à Miquelon le 23 décembre 2014

"Guyane et Mayotte : le chaudron"

François Hollande à Mayotte, le 22 août 2014 © ALAIN JOCARD / AFP
© ALAIN JOCARD / AFP François Hollande à Mayotte, le 22 août 2014

François Hollande consacre ensuite deux pages aux cas particuliers de la Guyane et de Mayotte "Deux territoires qui me paraissent exiger une attention particulière". Il évoque les courants migratoires qui "menacent leur équilibre social" et considère "Explosive" la situation de Mayotte. Il explique que l'arrivée des migrants clandestins et le taux de chômage deux fois plus élevés qu'en métropole sont à l'origine des mouvements sociaux de Guyane en mars 2017.

"Il nous faut en tirer la leçon", considère l'ancien chef de l'Etat :

En Guyane comme à Mayotte, les frontières doivent être sécurisés, les reconduites des clandestins doivent être systématiques et les forces de l'ordre bien plus présentes. Sinon c'est un déchainement de violence qui est à craindre dans les prochaines années, auquel on ne saurait répondre par la seule répression.


Hollande et Lurel

A l'arrivée en Guadeloupe, l'ambiance semble plus détendue entre Victorin Lurel et François Hollande © Nicolas Derne / AFP
© Nicolas Derne / AFP A l'arrivée en Guadeloupe, l'ambiance semble plus détendue entre Victorin Lurel et François Hollande

Au fil des pages, François Hollande évoque certains de ses anciens ministres ultramarins. S'il ne dit pas un mot concernant Annick Girardin (l'actuel ministre des Outre-mer d'Emmanuel Macron,qui fut d'abord Secrétaire d'Etat à la coopération et à la Francophonie, puis ministre de la Fonction publique durant son mandat présidentiel), il évoque Victorin Lurel, qui fut ministre des Outre-mer de 2012 à 2014 : 

J'ai inauguré à Pointe-à-Pitre le Mémorial Act (sic) sur l'esclavage, bâti à l'initiative de Victorin Lurel alors président de la région Guadeloupe, qui fut aussi un excellent ministre des Outre-mer.

 

Hollande et Pau Langevin

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer et François Hollande, en visite à Wallis le 22 février 2016 © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer et François Hollande, en visite à Wallis le 22 février 2016

Dans "Les coulisses du pouvoir", François Hollande n'évoque pas George Pau-Langevin pour ses fonctions de ministre des Outre-mer, mais parce que, raconte-t-il, elle fut la seule membre du gouvernement à prendre la parole en Conseil des ministres concernant l'épineux débat sur la déchéance de nationalité pour les terroristes : "Je me souviens que durant la discussion sur la déchéance de nationalité seule George Pau-Langevin prit la parole pour me mettre en garde, alors que beaucoup de ses collègues n'en pensaient pas moins"

Hollande et Bareigts

En mars 2017, pour le lancement de la Cité des Outre-mer, Ericka Bareigts et François Hollande © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
© CHARLES PLATIAU / POOL / AFP En mars 2017, pour le lancement de la Cité des Outre-mer, Ericka Bareigts et François Hollande


François Hollande évoque également Ericka Bareigts (Secrétaire d'Etat à l'égalité réelle puis ministre des Outre-mer) qu'il classe parmi les "Atouts pour la gauche de demain", comme Najat Vallaud Belkacem, Myriam El Khomri et Mathias Fekl.

Hollande et "Christiane"

10 mai 2016 dans le jardin du Luxembourg à Paris © PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
© PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP 10 mai 2016 dans le jardin du Luxembourg à Paris

La personnalité à laquelle François Hollande réserve l'éloge le plus appuyé est sans conteste Christiane Taubira. Il lui rend hommage pour avoir porté la loi sur le mariage pour tous en tant que Garde des Sceaux, mais aussi pour sa personnalité :

Christiane Taubira est une femme vibrante, ardente, exigeante, dont le verbe transporte. Elle déclame ses discours comme des poèmes. Sa langue est ductile mais ses arguments sont d'acier.


(NDLR - Ductile : Qui peut être tiré, étiré, étendu sans se rompre.) Evoquée dans un chapitre intitulé "Le départ de Christiane", même la démission de Christiane Taubira après le désaccord sur la déchéance de nationalité n'a pas entamé l'amitié entre l'ex-chef de l'Etat et l'ancienne députée de Guyane :

Au petit matin du 27 janvier (NDLR : 2016), je la retrouve à mon bureau. Elle me remet sa lettre de démission. Nous nous comprenons en même temps que nous nous embrassons. Elle voulait être fidèle à elle-même sans être infidèle au président, loyale jusque dans la démission, solidaire jusqu'au bout du combat qui fût le nôtre. Jamais rupture ne fut plus amicale. Nous ne nous quitterons pas.  


Comme il l'avait déjà évoqué lors de précédentes interviews, l'ex président confesse même que le premier regret politique de son quinquennat concerne justement ce qui a entrainé la démission de Christiane Taubira, la déchéance de nationalité pour les terroristes : "J'aurais dû mieux écouter Christiane Taubira".

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