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Hausse des carburants : derrière la grogne, le spectre de la vie chère dans l'Outre-mer

Au 1er novembre 2018, une nouvelle hausse du prix des carburants a fait éclater la colère de nombreux usagers, dans l'hexagone comme dans les territoires ultramarins. Pour ces derniers, les prix de l'essence et du diesel s'ajoutent à un coût de la vie déjà très élevé.

Nouvelle hausse des prix des carburants à La Réunion. © Daniel Fontaine
© Daniel Fontaine Nouvelle hausse des prix des carburants à La Réunion.
  • Par Marie Boscher
  • Publié le
Depuis le 1er novembre dans les territoires ultramarins, vous payez en moyenne 1,45€ le litre d'essence et 1,37€ celui de gasoil, contre 1,34€ et 1,10€ en moyenne en novembre 2017 (selon les prix maximum fixés par arrêtés préfectoraux). 

Comparez les prix par territoire entre novembre 2018 et novembre 2017 : 

Pourquoi cette hausse ? 


Ce n'est pas la première fois ces derniers mois que les prix des hydrocarbures à la pompe augmentent. La première raison avancée est celle du prix du baril de pétrole dont les cours se sont envolés dernièrement, montant à plus de 81 dollars à la mi-octobre. Ajoutons à cela les fortes variations du taux de change euro/dollar.

Mais si le prix du baril atteint son plus haut niveau depuis novembre 2014, ce n'est pas la raison de la colère des usagers qui explose un peu partout. Pour eux, les hausses seraient dues à l'augmentation des taxes inclues dans le prix des produits pétroliers, notamment la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).
 

Les taxes pointées du doigt


Il s'agit pour le gouvernement de favoriser les énergies dites "propres" en supprimant l'avantage fiscal en faveur du diesel, jugé trop polluant. En 2018, le rendement global de la TICPE devrait être de 37,7 milliards d'euros, répartis entre l'Etat, les collectivités et le compte d'affectation spéciale Transition énergétique. Les taxes servent également à financer les travaux du réseau routier. 

Un "leurre" selon certains, comme Eric Marcely, un des porte-paroles du collectif constitué à La Réunion contre la vie chère :
 

C’est pour remplir les caisses de l’Etat. (...) Les véhicules consomment beaucoup moins, dû à l’amélioration technologique.

  

La grogne monte


Le collectif 974 va suivre l'appel à la manifestation du 17 novembre, l'appel des "gilets jaunes", du nom de l'action de déposer un gilet jaune sur son tableau de bord en signe de contestation face à la hausse des prix. Si tous les territoires ne se sont pas forcément organisés en collectif, les usagers ne mâchent pas leurs mots pour exprimer leur colère, comme ceux interrogés par Titaua Doom dans une station essence de Polynésie :
 

Carburants : "On nous prend pour des vaches à lait"


Même chose en Martinique, où les consommateurs étaient nombreux à souligner que la hausse des prix des carburants s'ajoutaient à la vie déjà très chère dans les Antilles. En 2009, c'est d'ailleurs d'une augmentation du coût de l'essence qu'était parti un mouvement social d'ampleur. 
 
Prix des carburants : les usagers mécontents en Martinique
  

Des caisses de compensation


Dans certains territoires comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore en Polynésie française, il existe des systèmes pour lisser les prix et éviter que les consommateurs ne subissent trop les variations des cours du pétrole. La région Réunion vient par exemple d'annoncer la création d'une caisse de compensation qui permettra à certains usagers (salariés qui perçoivent moins d’1,2 SMIC, retraités dans les mêmes conditions de rémunération, étudiants, demandeurs d’emplois, entrepreneurs individuels) de toucher jusqu'à 100 euros pour financer l'achat de carburant.
 

Taxe maintenue, avec des mesures d'aides


Face à la montée de la grogne, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce mercredi sur RTL une série de mesures. La hausse de la taxe sera bien maintenue mais le chèque énergie va être étendu à 5,6 millions de foyers avec une hausse de 150 à 200 euros prévue l'an prochain. Le gouvernement a également décidé de créer une "super prime" à la conversion pour les véhicules. Elle pourra atteindre 4000 euros, soit le double de la prime existante, et concernera 20% des ménages les plus modestes. Le dispositif d'indémnités kilométriques devrait être étendu aux grands rouleurs. Enfin, le gouvernement défiscalisera les aides à l'achat de carburant et celles au covoiturage pour les collectivités territoriales.

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