Journée mondiale des océans : comment la France est devenue la deuxième puissance maritime mondiale grâce aux Outre-mer

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Ile Saint-Paul TAAF
Île Saint-Paul ©STICHELBAUT BENOIT / HEMIS.FR / HEMIS.FR / HEMIS VIA AFP

Le 8 juin marque la journée mondiale des océans. La France possède des zones économiques exclusives sur trois océans, grâce aux territoires ultramarins. Avec son espace maritime en pleine croissance, c’est la deuxième puissance maritime mondiale, juste derrière les Etats-Unis.

Fin 2020, la France a pu étendre sa zone économique exclusive au large de l’île de La Réunion et des Terres australes et antarctiques françaises après la reconnaissance des Nations Unies de la souveraineté de la France dans ces zones. Une croissance qui offre à la France plus de 700 000 km² supplémentaires. Plus récemment, le domaine sous-marin français s’est aussi agrandi de plus de 150 000 km² dans l’océan Indien et au large des îles Saint-Paul et Amsterdam. Aujourd’hui, la France est donc la deuxième puissance maritime mondiale juste derrière les Etats-Unis et possède à elle seule 10,2 millions de km² d’espace maritime. 

Un espace maritime en pleine croissance 

En juillet 2020, l’ancienne ministre des Outre-mer Annick Girardin prend la tête du ministère de la Mer, créé après un remaniement ministériel historique dans le gouvernement de Jean Castex. Elle explique alors que “la formation, la croissance, la souveraineté et la solidarité sont au cœur de la refondation de ce ministère, première étape pour faire du XXIe siècle un siècle maritime”.

Et la croissance de l’espace maritime français semble bel et bien être à l’ordre du jour. Si l’implantation de la France dans l’océan Pacifique, l’océan Indien et l’océan Pacifiique vient d’augmenter, quelques 500 000 km² d’extension sont encore possibles et pourraient venir agrandir l’espace maritime français. 

Mais ce projet d’expansion fait l’objet d’une procédure stricte. La commission des limites du plateau continental des Nations unies, la CLPC, est l'autorité qui statue sur l’étendue maritime des pays. Depuis 2018, elle étudie plusieurs demandes de reconnaissance de l’espace maritime déposées par la France. Un espace maritime situé au large de Wallis et Futuna, Saint-Pierre et Miquelon, en Polynésie française, au sud-est de la Nouvelle-Calédonie et dans l’archipel du Crozet. 

Des revenus indispensables à l’économie

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la mer et le littoral, le gouvernement rappelle que “le monde de la mer offre à la France un potentiel d’industrialisation, de création d’emplois nouveaux et localisés, dans la construction navale, les activités portuaires ou encore les énergies marines”.

Ce potentiel représente surtout 14% du PIB de la France, soit près de 40 milliards d’euros. Le tourisme balnéaire, en tête de gondole, représente à lui seul 50% de ces revenus. Mais qu’il s’agisse des constructions navales, du transport de marchandises ou de la pêche, l’économie française repose grandement sur les revenus générés par la mer. 


Renforcement de la présence militaire

En dehors de l’étendue des zones économiques exclusives, l’agrandissement de son plateau continental permet également à la France d’assurer une présence militaire à plusieurs endroits stratégiques. 

Une flotte navale est par exemple déployée en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, là où d’autres puissances mondiales telles que la Chine sont présentes. Au large de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, la marine nationale défend ses intérêts vis-à-vis des géants russe et américain. Cette présence militaire est également constante dans l’océan Indien au large de Mayotte et de La Réunion ainsi qu’aux Antilles-Guyane.

La présence militaire de la France dans les Outre-mer devrait bientôt s'accroître, elle aussi. D’ici 2025, six patrouilleurs de la Marine nationale vont être déployés au large des collectivités de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de La Réunion. Le ministère des Armées a par ailleurs annoncé que ces futurs patrouilleurs allaient être baptisés… en  hommage aux héros français d’origine ultramarine qui se sont engagés dans les troupes de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale.