La communauté mahoraise de l’Hexagone prépare le ramadan malgré le confinement

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Début du Ramadan
©A.O.

Pour la deuxième année consécutive, les Musulmans de France s’apprêtent à passer le ramadan entre quatre murs en raison de la crise sanitaire. La communauté mahoraise s’organise pour accompagner les pratiquants tout au long de cette période sacrée. 

L’Hexagone fait face à sa troisième période de confinement depuis le début de la crise sanitaire liée à la pandémie mondiale de Covid-19. Et pour la communauté musulmane, c’est déjà le deuxième ramadan qui se déroule pendant le confinement, un an jour pour jour après celui du mois d’avril 2020. Un ramadan qui doit débuter le 13 avril. “Avant la crise sanitaire, on avait l’habitude de se retrouver pour rompre le jeûne”, se remémore Oumar Chebani. “Mais aujourd’hui, aucune activité en groupe ne peut être organisée”, déplore celui qui préside depuis 2019 l’association culturelle et étudiante des Mahorais de Reims (ACEM.R). Impossible, dans ces conditions, de célébrer le traditionnel foutari, ce moment festif et convivial qui marque la rupture du jeûne à Mayotte. 

 

Des colis alimentaires distribués

Pendant le mois du ramadan, les personnes de confession musulmane doivent respecter une période de jeûne du lever au coucher du soleil. Un jeûne qui est rompu dès que le soleil se couche, au cours de la cérémonie dite de “l’iftar”. L’occasion pour les pratiquants de se retrouver autour de plats préparés spécialement. Mais par temps de pandémie, les célébrations du ramadan sont mises à mal. 

Même si on ne peut pas rompre le jeûne tous ensemble, on veut tout faire pour retrouver le vrai ramadan de chez nous”, déclare Zayisse Bé. La Mahoraise installée dans le Maine et Loire préside le réseau des étudiants de Mayotte d’Angers (REM-A), fondé en 2016. Depuis quelques jours, elle tente de sonder les adhérents pour savoir combien de personnes pourraient bénéficier de colis alimentaires.  “Nous avons commencé à en distribuer pendant le premier confinement. On met à peu près 20€ par colis et par personne”, explique la jeune femme, qui précise qu’elle veut venir en aide “aux Mahorais comme aux Ultramarins”. Des pommes de terre, des ailes de poulet, des œufs, des fruits frais… Tels sont les produits que le REM-A fait parvenir aux personnes qui le souhaitent. “Les colis seront distribués dès la semaine prochaine sur la commune d’Angers et dans les alentours”, précise Zayisse Bé. 

On a beaucoup aidé les étudiants au début de la crise sanitaire. Aujourd’hui on veut venir en aide aux nécessiteux, aux jeunes actifs et aux familles”, glisse de son côté Oumar Chebani. Comme l’an dernier, son association va elle aussi distribuer des colis alimentaires à Reims dans le cadre du ramadan. 

 

“Il faut rester solidaire”

Qui dit confinement, dit isolement. Et pour garder le lien malgré les mesures de restrictions sanitaires, les associations se mobilisent. L’ACEM Reims envisage par exemple de mettre en place un standard téléphonique pour appeler régulièrement ses sympathisants. “Un coup de fil pour s’assurer que tout va bien”, assure Oumar Chebani. 

La semaine dernière, j’ai échangé avec des étudiants mahorais. Ils m’ont expliqué qu’ils vont essayer de se retrouver à trois ou quatre pour vivre ensemble cette période de ramadan. C’est un moyen d’éviter de s’isoler moralement”, raconte Hachim Selim. Installé à Bordeaux depuis plusieurs années, ce traiteur mahorais s'investit pleinement dans la vie de la communauté musulmane de Gironde à travers des associations locales.  Et pour lui, le ramadan, c’est avant tout un moment de solidarité. 

Pendant le ramadan, qu’on soit en famille ou confiné seul, c’est le moment de prendre le temps pour soi, pour sa foi. Et même si on traverse une épreuve difficile, il y a malgré tout une cohésion, de la solidarité. Et il faut rester solidaire, c’est comme ça que l’on s’en sortira”, achève le Mahorais.