La prestigieuse école Sciences Po a officiellement sa chaire dédiée aux Outre-mer

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Conférence inaugurale de la nouvelle chaire Outre-mer de Sciences Po. ©Karine Zabulon
La conférence inaugurale a eu lieu jeudi matin à Paris. La chaire Outre-mer a été créée par la loi Egalité réelle Outre-mer portée en 2017 par la Réunionnaise Ericka Bareigts. Elle doit permettre de mieux étudier et mieux faire connaitre les enjeux des territoires ultramarins.

Ce sont des territoires souvent perçus comme éloignés de l’Hexagone, isolés et mal connus. Pour Sophie Brocas, directrice générale des Outre-mer, cette nouvelle chaire de Sciences Po doit contribuer à "changer le regard des Ultramarins entre eux, des Métropolitains sur les Ultramarins, de l'Union européenne sur les Ultramarins, des pays de la zone sur leurs voisins Ultramarins." 

La Chaire - qui, dans les faits, a démarré en mars 2021 - doit aussi permettre d’améliorer la formation des hauts fonctionnaires envoyés en Outre-mer. Frédéric Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, reconnait que l'administration est "encore très centralisée, très focussée sur la métropole"

Les premiers grands chantiers

"Un étudiant ne devra plus sortir de Sciences Po sans avoir eu un cours sur les Outre-mer", insiste Martial Foucault qui se satisfait de la présence "d'autant de personnalités, d'étudiants, dans le grand amphithéâtre de Sciences Po" ce jeudi 8 juillet. Le titulaire de la chaire Outre-mer se fixe un objectif pédagogique : "Mieux penser le fait ultramarin".

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Martial Foucault, directeur du CEVIPOF, titulaire de la chaire Outre-mer. ©Karine Zabulon

Martial Foucault


Une enquête intitulée "bien-être, société et territoires" doit être lancée dès la rentrée à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie. L'objectif est de mieux comprendre la sociologie des territoires en répondant à la question "comment, subjectivement, on se sent citoyen de tel et tel territoire?"

Le deuxième grand chantier, poursuit Martial Foucault, va consister à "interroger l'ensemble des maires ultramarins" d'ici le Congrès des maires en novembre, afin de comprendre "comment les maires ultramarins conçoivent leur rôles dans l'animation et le développement de leurs territoires."

La nature des enjeux ultramarins oblige la communauté scientifique à une approche pluridisciplinaire autour de six axes : institutions et faits politiques, citoyenneté en culture, cohésion sociale et territoires, géopolitiques et intégrations régionales, transition écologique mais aussi trajectoires économiques La première année d’existence de la chaire est financée par le ministère des Outre-mer à hauteur de 300 000 euros.  

Une gouvernance plurielle

Parmi les personnalités du comité scientifique de la chaire, seuls trois spécialistes ne sont pas originaires des Outre-mer, mais ils ont à chaque fois une expertise en la matière : le professeur et géographe Jean-Christophe Gay, l'historienne Sarah Mohammed-Gaillard, spécialisée dans l'histoire de l'Océanie et de la politique de la France dans le Pacifique Sud, et Jean-Jacques Brot, ancien préfet de Guadeloupe, de Mayotte et ancien haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie - “qui a donc une expérience des trois bassins”.

Les autres personnalités invitées du comité scientifique sont ultramarins, à l’image de la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy ou encore du juriste originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon Eric Thiers, chercheur associé au CEVIPOF (le Centre de recherches politiques de Sciences Po), conseiller d’Etat et Secrétaire général du Haut-commissariat au plan.