Les territoires d’Outre-mer sont “incroyablement importants” pour l’agriculture française, déclare Julien Denormandie

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Julien Denormandie répond à David Lorion
Julien Denormandie répond à David Lorion lors du débat sur la PAC

Ce mercredi à l'Assemblée nationale, avait lieu un débat sur la future politique agricole commune pour la période 2021-2027. Interpellé par un député réunionnais, le ministre de l’Agriculture a réaffirmé le poids des territoires ultramarins dans l’agriculture française.

Les débats sur la stratégie nationale pour la prochaine politique agricole commune aux 27 états membres de l’Union européenne sont en cours au parlement. Ces débats visent à définir la ligne défendue par la France lors des votes avec les alliés européens. Ce mercredi, le député de la quatrième circonscription de La Réunion David Lorion a interpellé le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, au sujet de la situation des agriculteurs ultramarins qui peinent à voir les aides qui leurs sont attribuées augmenter. 

L’agriculture ultramarine pénalisée par la PAC ? 

 

Selon le député LR de La Réunion, la politique agricole commune défendue par l’Union européenne pourrait pénaliser les agriculteurs d’Outre-mer si l’État ne tient pas tête aux 26 autres. L’élu a notamment pointé du doigt la décision prise par le gouvernement de ne pas renforcer le régime européen spécifique à l’approvisionnement (RSA) dans les Outre-mer. Ce dispositif vise à faciliter l'approvisionnement dans les territoires ultramarins des produits jugés de première nécessité pour la consommation ou la production agricole. “Ne pas relever le plafond du RSA dans un contexte d’évolution concurrentielle de la production locale revient à augmenter le coût de la nourriture des élevages locaux, et donc de la viande qui va être distribuée localement”, a expliqué David Lorion. 

Le RSA est un sous plafond du POSEI, donc la première des choses à faire est de maintenir le POSEI”, a tranché le ministre Julien Denormandie. Le POSEI, ce vaste programme d’aides spécifiques aux territoires ultramarins éloignés et insulaires, était de 31 milliards d’euros en 2016. Et alors que la question du relèvement de ce budget a déjà été posée, ce dernier stagne encore. “Nous nous sommes battus au plus haut sommet de l’Etat pour obtenir le maintien des budgets du POSEI, que nous avons pu obtenir”, a ajouté le ministre de l’Agriculture. 

Défendre la contribution interprofessionnelle étendue

Jugée “vitale pour garantir le modèle agricole local” par David Lorion, la contribution interprofessionnelle étendue est un appui financier qui permet aux agriculteurs ultramarins de s’autofinancer et assurer une production pérenne. 

Si le conseil continue à combattre l’amendement qui était proposé par le parlement à ce sujet, vous verrez que nous produirons à la fin du mandat présidentiel moins d'œufs, moins de viande, moins de lait qu’au début du quinquennat”, a déploré le parlementaire réunionnais. “La France ne décide pas seule, mais elle met tout son poids pour pousser ces sujets-là”, a indiqué en guise de réponse Julien Denormandie.

Des territoires "incroyablement importants" 

Alors que David Lorion a demandé à Julien Denormandie si “la France est prête à accompagner ses Outre-mer même s’il y a un chantage des autres états européens”, le ministre a reconnu que les enjeux qui se jouent en matière de politique agricole dans les Outre-mer étaient au coeur des préoccupations de son ministère. “Ces territoires ultrapériphériques sont incroyablement importants pour nous”, a par ailleurs conclu Julien Denormandie.