Comment se propage le coronavirus dans les Outre-mer ? À quelle vitesse le nombre de cas de Covid-19 évolue-t-il dans chaque territoire ? Outre-mer la 1ère vous propose de suivre, jour après jour, la progression de la maladie dans les territoires français des trois océans. 
 
Le virus Covid-19 serait entré pour la première fois dans l'Hexagone le 16 janvier par le biais d'un touriste chinois. Il a fait son apparition Outre-mer quelques semaines plus tard. La maladie a d'abord été détectée le 1er mars à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, deux îles des Antilles. 

La carte ci-dessous modélise la totalité des cas annoncés chaque jour par les autorités sanitaires des territoires d'Outre-mer, à partir de l'apparition officielle de la maladie à Saint-Martin et Saint-Barthélemy le 1er mars. Un premier foyer de la maladie est visible après quelques jours aux Antilles. La Guadeloupe atteint le seuil épidémique le 19 mars. Un second foyer naît ensuite à La Réunion. Le virus progresse moins vite dans le Pacifique. Il est, malgré tout, présent en Polynésie depuis le 11 mars et en Nouvelle-Calédonie depuis le 18 mars. 

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Ce sont d'abord quatre territoires de l'océan Atlantique qui ont annoncé officiellement des cas de Covid-19 : Saint-Martin et Saint-Barthélémy le 1er mars, la Guyane le 4 mars puis la Martinique le 5 mars. Il faut ensuite attendre près d'une semaine pour que soient confirmés la présence de malades dans les deux autres bassins. Le 11 mars, La Réunion, dans l'océan Indien, et la Polynésie, dans le Pacifique, annonçaient, en effet, toutes les deux un premier cas. 

Le lendemain, jeudi 12 mars, la Guadeloupe officialise l'apparition de la maladie dans le département de l'Atlantique. Deux jours plus tard, elle est signalée à Mayotte, archipel de l'océan Indien au large des côtes du Mozambique. Enfin, la Nouvelle-Calédonie n'échappe pas à la maladie : les deux premières personnes atteintes arrivent sur cette île du Pacifique le 18 mars à bord d'un avion en provenance d'Australie.  

Seuls deux territoires sont à ce jour épargnés, les deux plus petits en termes de surfaces et de populations : Saint-Pierre et Miquelon dans l'Atlantique Nord, ainsi que Wallis et Futuna dans le Pacifique
 

Un premier décès est enregistré le 15 mars : il s'agit d'une femme de 86 ans, résidant à Sainte-Luce en Martinique et qui était hospitalisée. Elle a pu être contaminée par un membre de sa famille qui revenait d'une croisière. Un second décès est enregistré en Guadeloupe le 20 mars : une femme de 71 ans qui présentait, selon l'ARS, des facteurs de comorbidité. 

D'une manière générale, en Outre-mer, l'accroissement du nombre de cas est régulier jusqu'au 20 mars. À partir du vendredi 21 mars, le nombre de cas augmente plus rapidement. Le bilan global avoisine alors les 200 cas. 

Si les chiffres peuvent paraître faibles par rapport à ceux de l'Hexagone, ils doivent être analysés en regard de la population de ces territoires, de la capacité d'accueil des hopitaux et des maisons de santé, ainsi que des conditions sanitaires : éloignement des grands centres de soins, coupures d'eau courante fréquentes et habitats insalubres. 
 
C'est seulement une dizaine de jours après l'apparition de la maladie en Outre-mer que les autorités des deux territoires ont annoncé leurs premiers cas : le mercredi 11 mars à La Réunion, le jeudi 12 en Guadeloupe. 

Dans le département de l'océan Indien, le premier patient est un habitant de Saint-Denis, âgé de 80 ans, de retour d’une croisière aux Bahamas et qui a transité par Paris. Pendant une semaine, du 11 au 18 mars, le nombre de malades augmente de façon régulière et relativement lente jusqu'à atteindre 15 cas. À partir du jeudi 19 mars, la propagation s'accélère : 28 cas sont annoncés par l'ARS, un bilan presque doublé en 24h, ce qui témoigne de l'intensification de la transmission de la maladie dans l'île. Ce chiffre total encore multiplié par 5 quasiment au cours de la semaine suivante, passant de 28 à 135 le 26 mars. Le début du confinement, le 17 mars, ne permet pas d'enrayer le phénomène, car d'après le conseil scientifique mis en place par Emmanuel Macron, "les effets épidémiologiques du confinement ne peuvent être observés qu’à partir d’une durée de deux à trois semaines"

La courbe de propagation est sensiblement différente en Guadeloupe. Un premier pic est observé le 16 mars lorsque le nombre de cas recensés officiellement passe de cinq à 18 en 24h. Ce jour-là, l'état d'urgence sanitaire est annoncé pour les territoires d'Outre-mer. À partir du jeudi 19 mars, si la progression du virus se poursuit, elle semble se ralentir. Le nombre de nouveaux cas diminue (+6 le 20 mars, +5 le 21 mars, +2 le 22 mars) et la courbe tend à s'applatir avant une nouvelle accélération à partir du mardi 24 mars. Quatre jour plus tôt, le 20 mars, la Guadeloupe enregistre un premier décès : une patiente de 71 ans présentant une comorbidité succombe à la maladie. Le Covid-19 fait une deuxième victime le 27 mars. 
Le 27 mars, la Guadeloupe recense 96 cas pour 400 000 habitants, La Réunion 145 cas pour 850 000 habitants. 

 
Le jeudi 5 mars, l'ARS de Martinique confirme la présence de la maladie sur le territoire : deux cas ont été pris en charge par le SAMU. Si la propagation semble contenue les premiers jours, un premier pic est visible autour du dimanche 15 mars. Le nombre de cas a alors été multiplié par deux en 48h pour atteindre 15. C'est ce jour-là que la Martinique enregistre également son premier décès lié au Covid-19 : une patiente de 86 ans succombe à la maladie. Un nouveau pallier est atteint le jeudi 19 mars (32 cas) puis le dimanche 22 mars (44 cas). Le nombre de cas a alors doublé en quatre jours, moins rapidement qu'en Guadeloupe et à La Réunion. 

Pour aller plus loin, consultez notre carte interactive mise à jour plusieurs fois par 24h avec les derniers bilans et les dernières informations sur le Covid-19 dans chacun des territoires d'Outre-mer.

© Outre-mer la 1ère

 
 

Précisions sur la méthodologie

Cet article est mis à jour toutes les 24h. 
La carte et les graphiques ci-dessus sont des représentations du nombre de tests qui se sont révélés "positifs" dans les territoire d'Outre-mer et non pas du nombre réel de personnes porteuses du virus. 
Les données sont celles rendues publiques par les ARS, les préfectures, les hauts-commissariats et les gouvernements de la Polynésie et de la Nouvelle-Calédonie.
Les dates indiquées sont celles des territoires : ainsi, un cas détecté le 22 mars en Polynésie, alors que l'Hexagone est déjà dans la journée du 23 mars, est répertorié à la date du 22 mars. 
Pour la carte, un seul point géographique a été retenu pour chaque territoire. Les bilans des autorités sanitaires ne permettent pas de localiser précisément chacun des cas. Les Îles du Nord, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ont été regroupées.