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Le Martiniquais Paco Man’Alma et son Bal Soleil s'installent au Club Nubia, à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt

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Paco Man’Alma
Paco Man’Alma au Club Nubia, le 08 septembre 2019. ©SlyArt
Paco Man’Alma, le directeur d’orchestre martiniquais du groupe Manmail’La entame la saison 3 de son Bal Soleil en résidence au Club Nubia de Richard Bona, au pied de la Seine Musicale.
En ce dimanche de septembre, au pied de la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt, la salle du Club Nubia du célèbre bassiste Richard Bona est ouverte pour un brunch en musique. Invité, le chanteur, flûtiste et percussionniste martiniquais Dédé Saint-Prix, qu’on ne présente plus, accompagné de Jean-Philippe Grivalliers au tambour et de Gabriel Azérot au ti-bwa. Ravi d’être là, Dédé Saint-Prix séduit son auditoire avec son répertoire de chansons populaires créoles et ses anecdotes pétillantes, sous le regard du maître de cérémonie Paco Man’Alma.
 
Originaire de la Martinique, fils de Daniel Marie-Alphonsine, qui fut chef d’orchestre du groupe légendaire La Perfecta, Paco Man’Alma est producteur, compositeur et musicien, directeur artistique du groupe Manmail’La. Il est également l’organisateur du Bal Soleil, cabaret moderne latino-caribén de très haut niveau, qui a enflammé ces deux dernières années la fameuse salle du Réservoir dans le XIe arrondissement de Paris. « C’est une révolution, quelque chose qui ne s’est jamais fait dans l’histoire de la musique antillaise », dit Paco Man’Alma à La1ere.fr, « le fait que des Antillais puissent produire un spectacle en résidence dans une salle parisienne avec leur propre direction artistique ». « Nous ne sommes pas prestataires d’un commanditaire qui cherche du doudouisme ou du folklorisme. Nous sommes dans une proposition culturelle et musicale identitaire authentique. »
 

Nous sommes pour la valorisation toutes les musiques de qualité venant des pays caribéens et tropicaux pour présenter différemment le pouvoir festif et positif de ces musiques, salsa, afro-jazz, swing-jazz etc... (Paco Man’Alma)

 

Saison 3

Pour sa saison 3, qui a commencé vendredi dernier, le Bal Soleil s’est installé au Club Nubia sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt. Les spectacles auront lieu les vendredis (musique en majorité latino) et samedis (Antilles) à partir de 19h. A cela, son label SMS Artists a ajouté deux nouveaux rendez-vous : un afterwork les jeudis soir et un brunch plus concert live les dimanches à partir de 11h. (Programme de septembre ICI). Au total ce sont plus de 200 dates de concerts et de shows live qui sont prévus pour la saison 2019-2020, parfois en alternance avec Le Réservoir (qui est en travaux actuellement). On y écoutera notamment Mario Canonge, Ronald Tull, Tony Chasseur, Tricia Evy, MisikOpéyi Big Band, Céline Languedoc, etc.
 

« Dans ma démarche musicale je me suis inspiré de la cadence de La Perfecta, car c’est un style identitaire très fort qui vient uniquement de la Martinique, qui n’est joué nulle part ailleurs, et qui est très riche sur les plans rythmique, harmonique, dansant et festif », explique Paco Man’Alma à propos du Bal Soleil. « Pour moi c’est une musique irréprochable et qui nous représente bien. Je veux faire quelque chose de nouveau et de riche pour faire respecter la culture antillaise, qui est un peu désuète aujourd’hui car on nous associe beaucoup à la musique de carnaval, aux musiques un peu lascives ou primaires. Le zouk commercial et le ragga dance hall ont notamment contribué à nous donner cette image de personnes qui savent faire du rythme plus que de la musique ».
 

"Pop cadence"

« J’ai développé la "pop cadence", qui est la version évoluée de la cadence de la Perfecta », présice-t-il. « J’ai une formation de treize musiciens sur scène, qui se décline entre autres en une section vocale de quatre chanteurs dont trois chanteuses, avec des arrangements très élaborés et précis. Je fais revenir la qualité de l’arrangement, de l’écriture des textes et de la composition dans la musique populaire. Je veux ainsi entrer dans une forme de communication intemporelle de la musique, sans aller dans des tendances de mode. Je veux faire de la belle musique accessible à tous, riche et digne pour bien représenter les Antilles sur n’importe quelle scène internationale. »

« Nous sommes pour la valorisation toutes les musiques de qualité venant des pays caribéens et tropicaux pour présenter différemment le pouvoir festif et positif de ces musiques, salsa, afro-jazz, swing-jazz etc... », ajoute Paco Man’Alma. « Nous voulons faire savoir que nous sommes sortis de cette longue période durant laquelle on ne jouait de la musique que par divertissement, de manière un peu dilettante, sans réelle maîtrise de ce que l’on fait. Ce temps est fini. Il y a de grands professionnels qui émergent et qui font tenir la scène caribéenne, et il faut les accueillir dans des lieux dignes et beaux comme le Club Nubia de Richard Bona et Le Réservoir de Mary de Vivo. »
 
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