À Mayotte, Annick Girardin défend les actions de l'État dans ce territoire secoué par la crise sanitaire

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La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, invitée du journal télévisé de Mayotte la 1ère le mardi 19 mai 2020 à l'occasion d'une visite surprise dans l'île. ©Mayotte la 1ère
Arrivée par surprise à Mayotte en pleine crise du coronavirus, la ministre des Outre-mer Annick Girardin était l'invitée du JT de Mayotte la 1ère ce mardi 19 mai. L'occasion de faire le point sur la situation compliquée dans l'île et sur les mesures pour faire face à l'épidémie de Covid-19.
Le premier déplacement ministériel post-confinement de la minsitre des Outre-mer a été pour Mayotte, un voyage surprise de deux jours ponctué par plusieurs visites dans l'île. Annick Girardin est arrivée mardi 19 mai à bord d'un avion avec 6,5 tonnes de fret, un automate de dépistage, des respirateurs et 16 personnes, dont des épidémiologistes "qui vont permettre de mieux comprendre ce qui se passe ici à Mayotte et à aider à mettre en place des politiques publiques", a-t-elle indiqué.

Mais la visite de la minsitre a été diversement appréciée par les acteurs de la lutte contre le coronavirus, certains la qualifiant de "clandestine" et regrettant qu'aucun temps d'échange n'ait été prévu, notamment avec le personnel hospitalier ou les forces de l'ordre.
 
"Ma visite est très rapide", s'est défendue Annick Giradin sur le plateau de Mayotte la 1ère, "je suis là pour deux jours pour réaffirmer le soutien de l'état, redire à l'hôpital qui s'est réorganisé et ceux qui travaillent sur le terrain (...) que nous sommes à leurs côtés."

Annick Girardin a également défendu la gestion gouvernementale de la crise du coronavirus et plus précisément, l'action entreprise en Outre-mer. "On pourra toujours s'expliquer un jour mais dans les territoires d'Outre-mer, nous avons confiné très vite", a-t-elle déclaré. "Jamais nous n'avons été au-dessus des capacités, jamais on a été en manque de lits, jamais on a été en manque de respirateurs." Interrogée sur la pénurie des masques, Annick Girardin a rappelé que la pénurie était "nationale, européenne et internationale". 
 

Relancer le développement

Particulièrement frappée par le coronavirus avec 1419 cas et 19 décès à ce jour, mais également par la dengue, Mayotte a vu sa situation déjà précaire se dégrader un peu plus avec le confinement et la crise sanitaire. "Ce confinement a provoqué la faim et la faim existe dans ce territoire", a reconnu la ministre des Outre-mer, soulignant que des projets "bloqués" devront être relancés, comme celui de l'hôpital de Petite-Terre.

Il ne faut pas que le Covid-19 soit la cause de trop de retards sur nos chantiers et sur ce que nous attendons en termes sanitaire ou scolaire ou encore routier, dans le domaine de l'eau aussi par exemple. (...) Il n'y a pas de sécurité dans un territoire s'il n'y a pas de développement.

 

L'impossible confinement

Le respect du confinement a par ailleurs été particulièrement compliqué à Mayotte où les conditions d'habitat sont parfois très précaires : cases en tôle, fortes chaleurs, pas d'accès à l'eau potable... "On va être honnête, il n'y a plus de confinement à Mayotte", a admis la ministre alors que le territoire n'a pas été déconfiné, contrairement au reste du pays. 
 
Des conditions rendues encore plus compliqués par des violences "extrêmes" et "inacceptables" ces dernières semaines. Annick Girardin a demandé à ce que les "jeunes" mêlés à ces échauffourées soient arrêtés et présentés "devant un juge". 

Nous n'accepterons pas cette délinquance qui se nourrit d'ennui et de détresse. Cette violence à Mayotte existe aussi parce qu'il y a de la pauvreté, parce qu'il y a de la détresse. Il faut accompagner cette jeunesse qui attend un élan d'espoir.


Si elle reconnaît des violences "extrêmes" et une circulation du virus accrue par les entrées illégales sur le territoires, la ministre des Outre-mer a estimé que "les forces de l'ordre présentes sur le territoire sont aujourd'hui suffisantes pour faire face aux difficultés."
 

Retour des étudiants mahorais

Concernant les étudiants mahorais restés dans l'Hexagone, Annick Girardin a annoncé qu'à partir du 1er juin, ils pourront rentrer via La Réunion, grâce au billet à 460 euros mis en place pour les étudiants ultramarins et au pont aérien entre La Réunion et Mayotte. La ministre des Outre-mer a également annoncé qu'un tarif étudiant sera bientôt mis en place pour les Mahorais : "Je ne sais pas à quelle date [les vols commerciaux reprendront] mais quand ils reprendront, il y aura un tarif pour les étudiants mahorais."
   

Une rentrée scolaire le 25 mai ?

Enfin, la ministre a évoqué la question du retour à l'école pour les 100 000 élèves mahorais. "Peut-être qu'à partir du 25 mai nous pourrons ouvrir quelques écoles", a avancé Annick Girardin, "à condition que les maires puissent garantir les conditions sanitaires". 

Je ne crois pas que qui ce soit se hâte. L'école de la république constitue le socle de la société mahoraise. (...) Il est évident que tous les enfants de Mayotte ne pourrons pas être accueillis dans les classes à partir du 25 mai et d'ailleurs certains ne reprendront pas l'école et reprendront jusqu'à fin août. Mais il faut vraiment qu'on évite que ceux qui sont déjà en décrochage ne soient pas récupérables. (...) J'y tiens, beaucoup y tiennent mais pas à n'importe quelles conditions.