Mayotte : Journée "île morte dans l'Education" contre la réforme des retraites

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Mayotte violence
©Outre-mer la 1ère
Une journée "école morte" a été lancée mardi à Mayotte dans les écoles des premier et second degrés, par plusieurs organisations syndicales, pour protester notamment contre la réforme des retraites.
 
Selon le rectorat, dans le second degré, 11 établissements sur 32 ont fermé leurs portes, avec 35% de grévistes. Dans le premier degré, 37 écoles ont été fermées, avec un taux de grévistes de 43%. Des élèves ont dû rentrer chez eux.

Les autres établissements ont ouvert normalement ou en mode dégradé, c'est-à-dire sans le personnel gréviste.
Des épreuves du bac E3C ont dû être reportées aux lycées de Sada et Bandrélé (13 classes en tout).
 

Une journée contre la réforme des retraites

Initiée par une intersyndicale (notamment SNUipp-FSU, SNES, CGT-Education, FO, Solidaires, Sud Education), cette journée "île morte dans l'éducation" était d'abord un mouvement contre la réforme des retraites, mais d'autres revendications se sont ajoutées.

"A Mayotte, la retraite à points, si elle est mise en place, creusera encore davantage l'écart entre les retraités et les actifs. L'introduction de l'indexation (ou surrémunération des fonctionnaires, liée au coût de la vie en outre-mer, ndlr) dans l'assiette de cotisation ne compensera pas la baisse annoncée des retraites pour les enseignants et les catégories à faible prime", explique le SNES dans un communiqué.
 

Les nouvelles revendications

Les syndicats réclament aussi que certains personnels, ayant exercé pour la collectivité de Mayotte avant la départementalisation (en 2011, ndlr), aient l'assurance que leurs années d'exercice dans ce contexte soient bien comptabilisées dans leur retraite de l'Education nationale.

Dans le second degré, les grévistes militent également pour que tout Mayotte soit classé en réseau éducation prioritaire renforcé (REP+). Ils craignent un déclassement en REP et donc une baisse de moyens et la suppression de certains projets impliquant les élèves et les parents. Actuellement, sept collèges sur 20 sont en REP+, les autres sont en REP, et tout Mayotte est en zone d'éducation prioritaire.
 

Violence aux abords des établissements

Les syndicats soulignent aussi le problème des sureffectifs dans les classes. Avec la démographie galopante et l'immigration - 48% des 256.000 habitants sont des étrangers selon l'Insee, dont 95% de Comoriens -, les enseignants demandent à l'Etat de prendre toutes les mesures pour accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

Enfin, les grévistes mettent en avant les violences aux abords des établissements scolaires, phénomène récurrent qui avait entraîné un mouvement de protestation d'ampleur au printemps 2018. Mardi, des lycéens de Kawéni ont défilé dans Mamoudzou pour interpeller le recteur et le préfet à ce sujet.