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La ministre des Outre-mer et des élus guyanais réclament "un fonds international" pour l’Amazonie

Annick Girardin, et plusieurs élus guyanais ont réclamé, dimanche, la création d'un fonds international "contre les feux de forêt et pour le reboisement" alors que le monde entier a les yeux rivés sur les incendies qui font rage en Amazonie.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin à l'Élysée, le 24 juillet 2019. © Ludovic Marin, AFP
© Ludovic Marin, AFP La ministre des Outre-mer, Annick Girardin à l'Élysée, le 24 juillet 2019.
  • La1ère (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
"La France, pays d'Amazonie. Préservons ce bien commun de l'humanité". C’est le titre donné à la tribune publiée par le Journal du Dimanche, ce 25 août, et qui rappelle que la Guyane, territoire français d'Amérique du sud, est touchée directement par ces incendies.
Via cette tribune, la ministre des Outre-mer et plusieurs élus de Guyane réclament la création d’un fonds international "contre les feux de forêt et pour le reboisement" alors que l’Amazonie brûle depuis plusieurs semaines.

"On l'oublie souvent, le président brésilien (Jair Bolsonaro) l'oublie: la plus grande frontière extérieure de la France, c'est entre la Guyane et le Brésil", avait déjà insisté le président Emmanuel Macron vendredi, alors que les feux en Amazonie se sont invités en urgence au menu du sommet du G7.

Dans un tweet publié le même jour, Annick Girardin désignait l'Amazonie comme "un bien commun universel", implorant une action rapide pour faire cesser des incendies qui "nous concernent tous".

2 500km² en fumée : la taille de La Réunion

"Alors que la forêt amazonienne, qui s'étend sur neuf pays dont la France, a perdu plus de 550 000 km² ces dix dernières années, soit la superficie de l'Hexagone, c'est plus de 2 500 km², équivalent à la taille de La Réunion, qui ont été abattus pendant le seul mois de juillet, principalement au Brésil", déplorent les signataires de la tribune, dont Rodolphe Alexandre, président de la collectivité territoriale de Guyane, et Sylvio Van Der Pijl, président du grand conseil coutumier des populations amérindiennes et bushinengué. Toutefois, si son nom figure bien sur la liste des signataires de la tribune publiée ce dimanche, Sylvio Van Der Pijl a aussitôt annoncé qu’il se « désengageait » de ce texte, affirmant ne pouvoir la signer sans que soit ratifiée la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative à la reconnaissance des peuples autochtones. 

Pointant que "les habitants autochtones de la forêt" étaient les "premiers impactés", les signataires de la tribune ont plaidé pour la création d'un "fonds international, qui ne serait pas directement dépendant des États". Celui-ci pourrait, "en fonction des montants rassemblés, lancer des actions de lutte concrètes, ponctuelles, ciblées directement sur les acteurs locaux, contre les feux de forêt et pour le reboisement".
 

"Ces hectares perdus, ce sont autant de puits de carbone annihilés, c'est une biodiversité exceptionnelle qui disparaît peu à peu", ajoutent-ils, applaudissant le refus d’Emmanuel Macron de ratifier en l'état l'accord commercial UE Mercosur.


Les élus demandent par ailleurs "à l'Union européenne de doubler son fonds de développement interrégional dédié à la biodiversité et au développement de l'Amazonie".

Samedi, l'armée a été mobilisée au Brésil pour lutter contre les centaines de nouveaux incendies de forêts, alors que la pression internationale s'est encore accrue pour pousser Jair Bolsonaro à agir.
Début août, ce dernier a limogé le patron de l'Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE) après avoir jugé mensongères les données publiées par cet institut. Des données qui montraient que la déforestation en juillet avait été quasiment quatre fois supérieure à celle enregistrée durant le même mois, un an auparavant.
 

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