Nouvelle-Calédonie : l'article pour tout comprendre au référendum du 4 octobre 2020

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Des affiches pour le "oui" et pour le "non", à Koné sur la côte ouest de la Grande Terre, le 28 septembre 2020. ©Theo Rouby / AFP
Le 4 novembre 2018, les électeurs calédoniens avaient voté en faveur du maintien de l'archipel du Pacifique au sein de la République française. Ce dimanche, un deuxième référendum est organisé sur la même question. Il pourra être suivi d'un troisième, conformément aux accords de Matignon et Nouméa.
C'est un moment historique auquel se prépare la Nouvelle-Calédonie. La question est simple mais l'enjeu du scrutin est crucial pour la collectivité du Pacifique, française depuis 1853 : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" Comme en 2018, ce dimanche, les Calédoniens inscrits sur la liste électorale auront le choix entre deux bulletins : "oui" et "non". Il y a deux ans, la participation avait atteint un record : 81% des électeurs avaient voté. Le "non" l'avait emporté avec 56,7% des voix.
 

Pourquoi un second référendum?

L'accord de Nouméa, signé le 5 mai 1998, a prévu jusqu'à trois votes en cas de victoire du "non" au référendum d'autodétermination. Si le "non" l'emporte de nouveau dimanche 4 octobre 2020, un troisième référendum pourra donc être organisé, à la condition qu'un tiers des membres du congrès de Nouvelle-Calédonie le demande (les indépendantistes représentent à ce jour plus des deux tiers de la chambre). Un nouveau scrutin sera alors organisé dans les deux ans.

Ce dimanche 180.640 électeurs peuvent se rendre aux urnes. Tous les habitants en âge de voter n'y sont pas autorisés. Une liste électorale spéciale a été établie pour la consultation. Près de 16% des électeurs habituellement inscrits n'ont pas le droit de voter à ce référendum. C'est l'Accord de Nouméa de 1998 qui définit le corps électoral pour ce scrutin. Ainsi, il faut répondre à l'un des huit critères fixés au préalable
 

Pourquoi ce scrutin est crucial?  

À la surprise générale, le soir du 4 novembre 2018, l'écart entre le "oui" et le "non" avait été bien plus réduit que prévu (notamment par les sondages). Pas de raz-de-marée loyaliste, c'est-à-dire de vote massif en faveur du maintien dans la République française. Les indépendantistes – malgré la défaite - s'étaient même félicités du résultat. Pour ce scrutin du 4 octobre, l'incertitude est donc grande.

En Nouvelle-Calédonie, le combat pour l'indépendance est mené par les Kanak, le peuple premier de l'archipel. C'est la communauté la plus importante : 38% de la population totale. C'est aussi la population majoritaire dans la province Nord et les îles Loyauté. Pour tout connaître de l'archipel, de sa population et de son histoire, regardez cette vidéo :
 

Le 5 octobre, il se passe quoi?

L'Etat dit avoir tout prévu. Un document adressé aux électeurs détaille les implications qu'aurait un vote favorable à l'indépendance et celles d'un rejet de celle-ci lors du référendum d'autodétermination du 4 octobre.

Si le "oui" l'emporte, l'indépendance "se traduira par le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine souveraineté et l'organisation de la citoyenneté en nationalité", indique l'État dans ce document. La France continuera cependant à assurer la sécurité, la justice ou encore la monnaie (franc pacifique) pendant une période de transition.

Le nouvel Etat aura la charge de déterminer les critères "permettant d'avoir ou d'obtenir sa nationalité" tandis que la France adoptera une loi pour déterminer "les conditions dans lesquelles un maintien dans la nationalité française de certains ressortissants serait possible".

En cas de nouvelle victoire du "non", la Nouvelle-Calédonie restera une collectivité française et sa population conservera la nationalité et la citoyenneté française ainsi que la citoyenneté européenne. Un troisième scrutin pourra alors être organisé.
 

Comment suivre le scrutin ?

Pour avoir toutes les infos sur ce référendum, retrouvez notre dossier complet en cliquant ici. Le 4 octobre, vous pourrez suivre en direct la journée de vote et la soirée des résultats avec les infos minute par minute de Nouvelle-Calédonie la 1ère.
 

Edition spéciale de France Info et Outre-mer la 1ère

Mercredi 30 septembre, France Info et Outre-mer la 1ère ont consacré une édition spéciale de "L'instant politique" à ce rendez-vous du 4 octobre. Plusieurs invités sur le plateau, interviewés par David Delos et William Kromwel :
  • Alain Christnacht, ancien Haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie
  • Alban Bensa, anthropologue
  • Ferdinand Mélin-Soucramanien, professeur de droit public, consitutionnaliste
  • Yaël Braun-Pivet, députée LREM
  • Philippe Gosselin, député LR
  • François Karé, militant indépendantiste
Regardez ici le replay de cette émission :
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