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"Prêtresse animiste" ou gourou à la tête d'un groupe sectaire ? Le tribunal de Pontoise tranche lundi

"Prêtresse animiste" ou gourou pratiquant racket, humiliations et imposant des unions forcées ? Le tribunal correctionnel de Pontoise dira lundi si celle que
ses fidèles du Val-d'Oise appelaient "Maman", une Martiniquaise de 65 ans, est coupable d'abus de faiblesse.

© la1ère.fr
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  • La1ere.fr avec AFP
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Lors du procès mi-février, une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, avait été requise à l'encontre de Mélitte Jasmin, qui se présente comme une "prêtresse" perpétuant la religion de ses ancêtres.  Trois ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, avaient par ailleurs été demandés contre ses filles jumelles, et deux ans, dont un avec sursis, contre son mari, un policier à la retraite qualifié d'"effacé et en retrait". Tous trois étaient jugés pour complicité et recel.
La prêtresse vaudoue jugée pour dérive sectaire à Pontoise (au centre) © Martin Baumer
© Martin Baumer La prêtresse vaudoue jugée pour dérive sectaire à Pontoise (au centre)

 

Racket, unions forcées...

Sur les bancs des parties civiles, quatorze anciens adeptes avaient accusé leur ex-mentor d'humiliations, de racket, d'unions forcées ou encore d'obstacles aux soins médicaux. Ils avaient décrit les travaux et les ménages imposés dans les propriétés de la famille et l'extorsion à coup de séances d'"initiations mystiques" à 12.000 euros. Et expliqué comment ils avaient dû lourdement s'endetter, voire vendre leur maison ou se couper de leur famille.
 

Une famille qui fait bloc

"Je suis animiste, prêtresse animiste, et je vous demande de la compréhension pour cette pratique religieuse de mes ancêtres", s'était défendue la prévenue, ferme et solennelle. Pendant les trois jours d'audience, la famille antillaise avait fait bloc, persuadée d'être discriminée pour ses croyances, celle des "descendants d'esclaves", niant avec force toute dérive sectaire et tout enrichissement personnel aux dépens des adeptes du temple fondé par cette femme autoritaire en 1990, dans leur pavillon de Marly-la-Ville (Val-d'Oise).
 

Une longue enquête

L'enquête avait débuté en 2006, quand une poignée des 200 membres de ce mouvement avaient déposé de premières plaintes à la gendarmerie, dénonçant des extorsions de fonds et une forte emprise psychologique. Sacrifices de poulets, aspersion de sang sur le visage : les ex-membres, dont
certains sont restés près de 20 ans sous la coupe de leur gourou, avaient alors décrit des cérémonies menées jusqu'à l'aube dans "le temple", un local exigüe installé dans le pavillon familial, autour de la prêtresse en transe se faisant habiter par les "Saints" au son du tambour de ses filles.

L'abus d'état d'ignorance par le dirigeant d'un groupe est passible de cinq ans
d'emprisonnement et de 750.000 euros d'amende.
 

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