Très affectées par la crise du coronavirus, les entreprises de Saint-Pierre et Miquelon réclament un déconfinement rapide

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Depuis un mois, chaque jour qui passe aggrave un peu plus la situation économique de Saint-Pierre et Miquelon. Constatant l'absence de circulation du Covid-19, les entreprises appellent à un déconfinement anticipé.  

Depuis quelques jours, les commerçants, les artisans, les chefs d'entreprise ne parlent que de déconfinement. Au fil des relevés sanitaires, la situation de l'archipel semble sous contrôle, avec un unique cas de Covid-19 avéré et un dispositif de quatorzaine et de test qui a fait ses preuves. Pour le monde économique, l'heure est venue de sortir l'activité de son inertie, et relancer les chantiers et la consommation.
 

Urgence à limiter les pertes professionnelles

Selon les premiers chiffres collectés par la Cacima (chambre d'agriculture, de commerce, d'industrie, de métiers et de l'artisanat), le chiffre d’affaires de ses ressortissants serait en baisse de 60% en moyenne depuis le début du confinement.

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Certaines entreprises sous le coup d’une fermeture obligatoire, comme les coiffeurs ou les restaurants, ont même une perte totale de revenus. Malgré les dispositifs d'aides publiques, les entreprises se demandent combien de temps elles vont pouvoir tenir.
 

Les filets de sécurité mis en place 

Face à la chute drastique de leur activité, les entreprises de l'archipel ont massivement placé leurs employés en chômage partiel. Trois cents salariés en bénéficient et les entreprises n’ont essuyé jusqu’ici aucun refus de la part de la DCSTEP. Mais les employés rémunérés au-delà du smic perdent environ 16% de leur salaire net, sauf si leur employeur accepte de compenser.

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Pour les entreprises, il y a aussi le fameux fonds de solidarité de 1500 euros délivré par l’Etat en collaboration avec la collectivité et les assureurs. Ce fonds devrait être accessible à la plupart des entreprises de l’archipel, y compris les plus jeunes à proportion de leur activité passée. En revanche, les critères sont beaucoup plus restrictifs pour le second étage de la fusée, la prime supplémentaire de 2000 euros.

Adopter d'autres mesures ?

Pour le Medef, Roger Hélène réclame davantage. Par exemple l’annulation pure et simple des charges patronales et salariales. Et aussi la défiscalisation de toutes les heures supplémentaires au moment de la reprise.

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Mais le président de la  ollectivité Stéphane Lenormand se dit "mitigé" sur cette dernière demande et souhaiterait plutôt l’embauche d’éventuels salariés qui auraient perdu leur emploi.

Une reprise progressive ? 

Du côté des entrepreneurs, on n'envisage pas un "retour à la normale" pour les mois à venir. D'abord, les matériaux nécessaires aux chantiers ne peuvent pas arriver sur l’archipel puisque les fournisseurs sont fermés, et les circuits d’approvisionnement rompus. Et aussi parce que des précautions devront de toutes façons subsister, notamment avec des gestes barrières et des protections accrues en entreprise.
 

Une lueur d'optimisme pour l'avenir ? 

Les professionnels ont néanmoins quelques raisons d'être optimistes. D’abord, la commande publique des donneurs d’ordre sera sanctuarisée selon Stéphane Lenormand, afin de donner la priorité au réamorçage du moteur économique.

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Le plan Etat-Collectivité par exemple pourrait être amendé, afin d'accélérer les chantiers immédiatement opérationnels. L'Observatoire local de la commande publique se réunira d'ailleurs dans quelques jours, pour envisager des premiers travaux qui pourraient démarrer début juin selon le préfet Thierry Devimeux.

Le monde d'après : une nouvelle économie ?

Les acteurs locaux économiques comme politiques, caressent l'espoir qu'à plus long terme, la crise du coronavirus puisse se révéler un accélérateur de changement du modèle de développement. Un modèle plus vertueux qui s'appuierait davantage sur la proximité, permettant de faire travailler les artisans et les commerçants locaux en circuit court, grâce aux compétences de vente à distance et en ligne acquises à l'occasion du confinement.

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Et le secteur agricole de Miquelon et Saint-Pierre pourrait également être développé, en misant sur une nouvelle main d'oeuvre rendue disponible par les pertes d'emplois dans les secteurs du commerce et du BTP, et qui pourrait profiter d'une forte demande de produits de proximité.

Stéphane Lenormand, président de la collectivité, Janick Cormier, directrice de la CACIMA et Roger Hélène, président du Medef, invités de l'émission Place Publique, animée par Frédéric Dotte et Martine Briand.


 

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