Tourisme en Outre-mer : une reprise mitigée après la crise sanitaire

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Réacteur d'un avion en vol
Voyager en avion coûte de plus en plus cher. ©Martinique la 1ère
Jeudi 12 mai, les Instituts d’Émission d’Outre-mer IEDOM et IEOM ont présenté le bilan annuel général des économies ultramarines. Focus sur l’industrie du tourisme, fragilisée par la pandémie.

S’il est difficile de chiffrer la totalité des revenus générés par le secteur du tourisme en Outre-mer, cette industrie représente une source importante de revenus, directs ou indirects, pour les territoires ultramarins.

Le secteur a particulièrement souffert de la pandémie liée à la crise du Covid-19 ces deux dernières années, comme le rappelle Marie-Anne Poussin-Delmas, PDG des Instituts d’Émission d’Outre-Mer (IEDOM/IEOM) : "A l’exception de Saint-Pierre et Miquelon, toutes les géographies ont connu entre un et deux confinements, principalement au moment des grandes vacances métropolitaines. Et donc le secteur du tourisme n’a pas été en situation de tellement pouvoir rebondir."

Le secteur du tourisme n'a pas été en situation de tellement pouvoir rebondir.

Marie-Anne Poussin-Delmas, PDG de l'IEDOM/IEOM

L’industrie touristique reste fragile

Le tourisme reste encore fragile en ce début d’année 2022. Selon la banque des Outre-mer, 26 % des patrons du secteur craignent une défaillance de leur entreprise dans l’année.

En 2021, la reprise de l’activité n’a été que partielle pour les destinations d’Outre-mer. En cause : des restrictions sanitaires plus sévères que dans l’hexagone et un manque de vaccination des populations locales notamment aux Antilles et en Guyane qui ont désorganisé toute la filière des professionnels des voyages et des loisirs. Le 31 janvier 2022, les États-Unis avaient ainsi placé la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy sur leur liste noire des destinations formellement déconseillées, en raison d’un risque élevé de contamination au Covid-19. Un enjeu fort pour la filière du tourisme, quand on sait que plus de 4,5 millions d’Américains voyagent dans les Caraïbes entre janvier et septembre.

Inflation et contexte géopolitique

Le contexte géopolitique dégradé en Chine ou dans la guerre russo-ukrainienne joue aussi contre les professionnels du tourisme : la hausse des prix du carburant, qui se répercute sur les billets d’avion : "les prix entre l’hexagone et les départements d’Outre-mer de la zone euro ont progressé de 13 % entre mars 2021 et mars 2022, précise Marie-Anne Poussin-Delmas. On entre dans une période d’inflation qui aura forcément des conséquences sur les comportements des ménages et sur le comportement des entreprises. Les consommateurs auront à cœur de reprendre leurs voyages si les conditions sanitaires le permettent, mais c’est un peu tôt pour le dire."

On entre dans une période d'inflation qui aura forcément des conséquences sur les comportements des ménages.

Marie-Anne Poussin-Delmas, PDG de l'IEDOM/IEOM

Frémissement de reprise

Au premier trimestre de cette année, un frémissement de reprise s’est toutefois fait sentir, notamment aux Antilles et à La Réunion au moment des vacances de Pâques. Idem dans le Pacifique alors que démarre ces jours-ci la haute saison touristique et que les frontières rouvrent avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Autre bonne nouvelle pour les professionnels du secteur : le retour des croisières, gros pourvoyeur de touristes dans les territoires ultramarins. Aux Antilles, la reprise est prévue pour la mi-octobre 2022.