Trafic de cocaïne entre la Guyane et la Bretagne : 29 personnes condamnées

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Saisie de cocaïne
Importante saisie de drogue aux Antilles. ©Ofast
Les prévenus, impliqués dans un vaste trafic entre 2018 et 2020, ont écopé de peines allant de deux à huit ans de prison.

Vingt-neuf personnes ont été condamnées à des peines allant de deux à huit ans de prison par le tribunal correctionnel de Rennes dans une affaire de trafic de cocaïne entre la Guyane et l'Hexagone de 2018 à 2020. Le tribunal n'a pas retenu le délit d'association de malfaiteurs mais a condamné les prévenus notamment pour acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants. Les peines prononcées sont sensiblement conformes aux réquisitions du parquet qui avait demandé entre deux et dix ans d'emprisonnement.

Ce procès, qui avait débuté le 15 novembre devant la Juridiction interrégionale spécialisés (Jirs) de Rennes, a mis en lumière une filière de drogue avec des transporteurs, des logisticiens, des revendeurs, les têtes de réseau ainsi qu'un fournisseur surinamais, actuellement recherché. Sur les 29 prévenus âgés de 23 à 56 ans figuraient cinq femmes.

"C'est un peu excessif, on n'a pas pris en compte la particularité du trafic guyanais, qui n'est pas un trafic de quartier, car tout est fait de manière volontaire", a déclaré Me Gwendoline Ténier, avocate d'un prévenu qui a écopé d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et qui souhaite faire appel. "Il y a eu des relaxes sur pas mal d'infractions, comme l'association de malfaiteurs, mais qui n'ont pas été suivies dans les quantums des peines prononcées", a-t-elle regretté. Me Kévin Descamps-Guezou, conseil d'un homme condamné à cinq années d'incarcération, a estimé qu'il s'agissait d'un "coup médiatique". "Ils n'ont pas fait tomber un réseau incroyable! C'est un échantillon de ce qu'il y a tous les jours et c'est ridicule par rapport à la dimension du trafic de cocaïne entre la Guyane et la France", a-t-il dit.

300 gendarmes mobilisés

Les "mules", originaires principalement de Guyane et du Suriname, ingéraient jusqu'à 80 ovules ou les transportaient dans leurs sous-vêtements ou leurs chaussures. Arrivées dans l'Hexagone, elles étaient récupérées "par un individu, à l'aéroport d'Orly, en gare de Rennes, ou dans les Hauts-de-France avant de venir remettre le produit en Ille-et-Vilaine", avait indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Rennes, estimant la quantité transportée entre trois et cinq kilos hebdomadaires en un an.

Les suspects avaient été interpellés en janvier 2020 à Rennes, en Guyane et dans les Hauts-de-France, lors d'une opération qui avait mobilisé quelque 300 gendarmes. Les prévenus ont également été condamnés jeudi à payer une amende douanière totale de 1,8 million d'euros.