Un glacier bordelais vend des “sinobols” dans l’Hexagone, des internautes dénoncent une “appropriation culturelle”

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Stand de "sinobol" - photo d'illustration
Stand de "sinobol" - photo d'illustration ©Alain DID pour Flickr - tous droits réservés
À Bordeaux, l’enseigne de sorbets Fernand et Paulette vend depuis plusieurs années un “granité” à base de glace pilée au sirop. Plusieurs internautes originaires des Outre-mer ont reconnu le “sinobol”, préparation similaire vendue dans la rue. Certains dénoncent une appropriation culturelle.

Un énorme bloc de glace pilée, un outil en inox qui prélève et réduit la glace, ensuite servie dans un gobelet en plastique avant d’être aspergée par un ou plusieurs sirops. D'innombrables bouteilles, de toutes les saveurs, sont disponibles. Dans les Outre-mer, ce sont les ingrédients indispensables qu’on trouve dans les stands de rue qui vendent des “sinobols”. L'appellation trouve son origine de l’anglais "snowball", ou boule de neige en français. Les “sinobols” sont très appréciés à toute heure par temps de forte chaleur. 

Sinobol acheté au marché de Cayenne
©Lauriane Nembrot

Un concept omniprésent dans les Outre-mer

En Martinique, en Guadeloupe, ou encore en Guyane, les vendeurs de “sinobols” sont très présents dans les rues et aux alentours des marchés. Dans les stands mobiles souvent très colorés, ils proposent à petit prix de la glace pilée imbibée de sirop. Comptez entre 1 et 3 euros selon la taille et le nombre de sirop que vous souhaitez avoir. 

Au-delà des territoires ultramarins, on trouve aussi de la glace pilée au sirop dans plusieurs pays caribéens. C’est également le cas au Suriname et en Asie, où le "ais kacang" ou encore le "uji-kintoki kakigori" sont apparus dans les années 1950. 

Granité au sirop
©Pixabay

Les internautes font part de leur mécontement 

C’est une vidéo tournée en pleine rue, à Bordeaux, et publiée fin juin sur le compte Instagram d’une bloggeuse passionnée par les voyages qui est à l’origine de cette affaire. L'utilisatrice du compte “Voyages d'Audrey”, filme un vendeur en train de réaliser ce qu’elle appelle “un granité bordelais”.

Initialement postée sur Instagram, la vidéo est téléchargée puis mise en ligne sur d’autres réseaux sociaux, notamment Twitter, où elle est relayée et commentée à de nombreuses reprises. En parallèle, plusieurs personnes originaires des Outre-mer font part de leur mécontentement sur le hashtag “#FernandEtPaulette”. Les internautes ont aussi publié des messages désapprobateurs sur la page Facebook de l’enseigne.

L’enseigne nie toute appropriation culturelle

Je n’ai jamais dit que les granités avaient été inventés par les Bordelais”, se défend en story la blogueuse à l’origine de la vidéo. “J’ai justement mentionné “granité bordelais" pour bien spécifier que celui-ci était bordelais, car fait à Bordeaux”, explique celle qui dénonce aussi la violence de certains commentaires faits en réponse à la vidéo initiale. 

Sur les réseaux sociaux, l’enseigne mise en cause nie toute appropriation culturelle et parle de “quiproquo”. “Nous fabriquons des granités à base d’un bloc de glace, technique qui existe partout dans le monde et notamment en Amérique du Sud et aux Antilles”, explique Fernand et Paulette. 

“Nous appelons ça “granités” et non “granités bordelais”, donc aucune appropriation culturelle”

Fernand et Paulette


L’enseigne installée dans la capitale de la Nouvelle-Aquitaine a rappelé que le granité au sirop existe bel et bien aux Antilles, mais aussi au Mexique ou encore aux États-Unis.