VIDEO. Citoyens bois d'ébène

histoire

Revenir sur les traces de leurs ancêtres déportés d’Afrique est une démarche rare chez les Antillais. Ce voyage, Emmanuel Gordien a pu l’entreprendre après avoir retrouvé le nom africain de son aïeul. Avec lui, nous partons sur ses traces en Ile-de-France, en Guadeloupe et au Bénin. 

Dans les pas d’Emmanuel Gordien, militant de la mémoire

Depuis près de 25 ans, le docteur Emmanuel Gordien milite pour que la mémoire des esclaves des anciennes colonies françaises soit réhabilitée.  A la tête de l'atelier de généalogie de l'association CM98 (Comité marche du 23 mai 1998), ce scientifique guadeloupéen plonge dans les archives et essaye de restituer aux descendants d'esclaves l'histoire et les noms oubliés de leurs ancêtres. Cette réhabilitation s'accompagne d'actions citoyennes avec des stèles érigées dans l'espace public, en Ile-de-France et aux Antilles, portant les noms des anciens esclaves.

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Emmanuel Gordien, devant le monument à la mémoire des victimes de l'esclavage, érigé à l'initiative du CM98, à Saint-Denis, en région parisienne ©Beau comme une image

Une démarche étroitement liée à une quête personnelle

Lors de l’abolition de l’esclavage en 1848, les anciens esclaves reçoivent un nom de famille. Emmanuel Gordien a retrouvé le nom de son ancêtre : l'esclave Georges dit Bouriqui. Celui-ci a été le premier à prendre le patronyme de Gordien après l’abolition. Désireux d’en savoir plus sur son aïeul, il nous emmène dans sa quête en Île-de-France, en Guadeloupe et au Bénin. Aux Archives Départementales de Guadeloupe, il découvre avec émotion le registre dans lequel est consignée l’attribution du nom de Gordien à son ancêtre. Au Bénin, grâce à l’aide de son ami Serge Guézo, prince du Royaume d’Abomey, il retrouve des descendants de son aïeul dans le village où vivent encore des Gbohiki.

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Devant la porte du non retour à Ouidah (Bénin) ©Beau comme une image

Un acteur citoyen

Le nom de Bouriqui figurera parmi plus de quinze mille noms d’esclaves antillais d’origine africaine qui seront inscrits sur un monument qu’il œuvre à mettre en place sur la plage de Ouidah au Bénin. Ce lieu fortement symbolique est un ancien fort portugais qui a été au XVIIIème siècle l'un des principaux centres de vente et d'embarquement d'esclaves dans le cadre de la traite occidentale.

Cette aventure humaine est porteuse d’immenses espoirs : ceux d’une mémoire apaisée et d’une réconciliation des descendants d’esclaves avec l’Afrique, la France et leur propre passé.

 

Réalisation : Franck Salin
Production : Beau comme une image
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