Caïds, saisies record : retour sur les plus grosses affaires de trafic de drogue en Outre-mer

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Trafic de drogue
Cocaïne: Les gros bonnets de la drogue et les plus grosses saisies viennent des Antilles, la région la plus active en terme de trafic est la Guyane.
Johan Marie Magdeleine croyait sans doute rester caché longtemps à Sainte-Lucie. Mais le 3 avril dernier « le cochi », comme il est surnommé dans le milieu, a été interpellé par les autorités locales et remis à la France, à bord d’un patrouilleur de la marine nationale au beau milieu du canal de Sainte-Lucie.

Un vaste trafic international de cocaïne et de cannabis

Importante saisie de résine de cannabis par les douaniers de Guadeloupe
Archives ©Guadeloupe La1ère
Ce Martiniquais de 39 ans était recherché depuis plusieurs années par la police. Condamné par défaut pour meurtre, meurtre en bande organisée et vol avec arme, il est aussi soupçonné d’avoir organisé un vaste trafic international de cocaïne, avec pour zone de rebond entre l’Amérique du sud et l’Europe, la Martinique et Sainte-Lucie.
L’homme, originaire du Lamentin aurait monté une vaste filière d’importation de cocaïne vers l’hexagone et d’exportation de cannabis vers les Antilles, via la Seine-Saint-Denis. Son nom est notamment associé à la saisie en avril 2018 de 80 kilos de poudre blanche transportés sur une yole au large de la Martinique, et à la découverte dans l’île d’une cache contenant, entre autres, 130 kg de cocaïne et 8 fusils d'assaut
 
cocaine
©CHRISTOPH HARDT/GEISLER-FOTOPRESS/DPA
 

Kevin Doure, le Pablo Escobar français

Avant Johan Marie Magdeleine, il y a eu Kevin Doure, un Martiniquais originaire de Saint-Joseph, et considéré au moment de son arrestation, en 2013 comme le numéro 1 des trafiquants de cocaïne en France. Un statut qui lui valut le qualificatif de « Pablo Escobar français ». Il avait mis sur pied un réseau qui organisait le transport de centaines de kilos de poudre blanche via la technique du rip off, avec la complicité de dockers au Havre et à Fort-de-France.


Il détruit son téléphone portable pendant sa garde-à-vue

Appuyé par des amis d’enfance en Martinique, Kevin, alias « Tony » travaillait en lien avec des intermédiaires basés au Venezuela, qui récupéraient la cocaïne de Colombie. C’est suite à la surveillance de téléphones portables et à une série de saisies de drogue que Kevin Doure a fini par être interpellé à l’aéroport de Roissy en octobre 2013. Fait pour le moins insolite : lors de sa garde-à-vue il a détruit à coups de dents et de pieds, son téléphone portable récupéré à son domicile par les policiers, pour y effacer toute trace de ses activités de trafiquant.

 

Lamborghini

 

Une Lamborghini d'une valeur de 500 000 euros

Le jeune homme, propriétaire d’une Lamborghini d’une valeur de 500 000 euros, avait placé son argent dans des paradis fiscaux et dans des sociétés à Dubaï et Hongkong. Le 8 juin 2018, il a été condamné à une peine de 22 ans d’emprisonnement par le tribunal de Fort-de-France.
Saisie cocaïne
©©Préfecture Martinique
 

4,3 tonnes de cocaïne saisies au large de la Martinique

C'est la plus grosse prise jamais réalisée sur le sol français. La drogue a été trouvée en novembre 2006 par la Marine nationale sur un cargo panaméen au large de l'île des Antilles.​​​​​​
Plus récemment, en avril 2015, 2,2 tonnes de cocaïne ont été trouvées sur un voilier battant faux pavillon américain, toujours au large de la Martinique. L'opération s'est passée en pleine nuit avec l’appui d’un avion et deux vedettes garde-côtes des douanes. A bord du bateau se trouvaient deux ressortissants espagnols et un Vénézuélien. Le total de la marchandise avait été évaluée à 70 millions d’euros.
 

1,4 tonne de cocaïne brûlée dans une usine calédonienne

Calédonie : la saisie record de cocaïne brûlée dans une usine métallurgique
La saisie record d'1,4 tonne de cocaïne a été brûlée dans les fours d'une usine métallurgique. ©Gendarmerie nationale
Dans les usines de métallurgie de Nouvelle-Calédonie, on ne fait pas que transformer du minerai. Parfois on brûle aussi de la cocaïne. Le 2 août 2017, une tonne quatre de poudre blanche est partie en fumée dans les fours de la SLN, sous le contrôle de la gendarmerie. La marchandise, destinée au marché australien avait été saisie six jours plus tôt par les forces armées de Nouvelle-Calédonie sur un voilier au large des îles Tonga. Cette saisie de cocaïne est la plus importante réalisée outre-mer en une seule opération.
©nouvellecaledonie


1,4 tonne de cannabis interceptée en Guadeloupe

Même volume, mais autre produit stupéfiant : en janvier 2016, les douaniers récupèrent une tonne quatre de cannabis, sous forme de ballots jetés par-dessus bord au large de la Guadeloupe. Valeur de la marchandise : plus de deux millions d’euros.


2019 : record de saisies de cocaïne en Guyane

Mules drogue Guyane
©FRANCIS ROCHE / DOUANE FRANCAISE / AFP
Entre 25 et 30% de la cocaïne consommée dans l’hexagone transiterait par la Guyane. Ce qui place cette région d’outre-mer au cœur des opérations de lutte anti-drogue. En 2019, les services de douanes, police et gendarmerie du département ont établi un nouveau record, avec près d’une tonne quatre de poudre blanche saisie au cours de l’année.


Un trafic d’héroïne à la Réunion

C’est une affaire surprenante. En novembre 2016, les douaniers interceptent 42,6 kilos d’héroïne dans le port de Sainte-Rose, à l’est de la Réunion. Une mère de famille et ses deux fils s’apprêtaient à remettre la marchandise à des Mauriciens arrivés par bateau. L’île française n’était qu’un lieu de transit pour la drogue, en provenance de Madagascar. Car à la Réunion la consommation d’héroïne reste très marginale, contrairement à l’île Maurice.
 

Les Antilles et la Guyane plaques tournantes du trafic de drogue

Regardez le décryptage de Kelly Pujar
©la1ere

 
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