Cinq ans après, Kalash et Admiral T devant la justice à Paris

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Samedi 15 novembre en fin de soirée, les chanteurs Admiral T et Kalash sont ressortis libres du palais de justice de Paris.
Samedi 15 novembre en fin de soirée, les chanteurs Admiral T et Kalash sont ressortis libres du palais de justice de Paris. ©Léia Santacroce
Le procès des chanteurs Kalash et Admiral T s'ouvre mercredi 7 octobre. Ils sont jugés pour "coups, blessures et insultes à agents", lors d'une altercation avec des policiers à Paris en 2014. De leur côté, ils ont porté plainte pour "violences par personnes dépositaires de l'autorité publique".
La 12ème chambre du tribunal correctionnel de Paris juge mercredi 7 octobre Kalash et Admiral T. Les deux chanteurs sont accusés d'avoir agressé, en état d'ivresse, trois policiers dans la nuit du 13 au 14 novembre 2014 à Paris.

Les deux hommes ont commis des violences à l’encontre d’un policier qui n'était pas forcément en fonction. Deux autres policiers sont intervenus dans cette nuit de mercredi à jeudi dans une rue du 11e arrondissement proche de la place de la Bastille.

Agnès Thibault-Lecuivre, vice-procureure de la République (Outre-mer la 1ère, 2014)



Des faits qu'ils contestent mais qui leur avaient valu d'être mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils avaient été présentés en comparution immédiate le 15 novembre 2014, mais le procès avait été renvoyé pour complément d'enquête et auditions de témoins. Kalash et Admiral T avaient alors été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Les agents des forces de l'ordre assuraient alors avoir été agressés et l'un des policiers s'était présenté au tribunal avec un œil au beurre noir et deux doigts bandés.

De leur côté, Kalash, Admiral T et leurs avocats respectifs dénoncent des violences policières. Une plainte a été déposée à l'issue de la comparution immédiate et une enquête a été menée par l'IGPN.
 

Vague médiatique

L'affaire avait fait grand bruit en 2014. D'autant qu'elle coïncidait avec la promotion de l'album d'Admiral T, dont la sortie était prévue trois jours après. Un procédé déjà utilisé par le chanteur guadeloupéen en 2012, lorsqu'il avait monté de toute pièce une histoire d'interpellation et de garde à vue pour promouvoir son titre Gangsta, "stigmatisant la banalisation des armes à feu".

En 2014, lors du passage des deux artistes en comparution immédiate, un comité de soutien avait été monté et de nombreux fans s'étaient déplacés au palais de justice de Paris pour supporter les artistes. 

Regardez le reportage de France Ô en 2014 : 

Déjà plusieurs affaires

Ce n'est pas la première fois que Kalash est mis en cause. En 2016, l'artiste martiniquais est condamné à six mois de prison avec sursis pour détention d’arme par la cour d'appel de Paris. Trois ans plus tard, il a de nouveau maille à partir avec des policiers dans la capitale. Le 17 mars 2019, il est interpellé en état d'ivresse au volant sur les Champs Elysées après avoir embouti au moins deux véhicules.

Une interpellation musclée au point que Kalash porte plainte pour violences policières. Il accuse les agents de lui avoir fracturé le nez et cassé deux dents, mais aussi d'être allés faire un tour avec sa voiture alors qu'il était en garde à vue. Hasard du calendrier ou non, les faits se produisent à la veille de la sortie d'un nouveau clip. Le procès, ajourné une première fois, devait se tenir en avril 2020, mais il a été reporté en raison de la crise sanitaire. 

C'est d'ailleurs pour un autre clip, celui de Mada, que Kalash se retrouve à nouveau en justice. Cette fois, un policier martiniquais l'a traîné devant les tribunaux pour avoir utilisé un enregistrement audio de sa voix dans la vidéo. Le policier est débouté en novembre 2019 par le tribunal de grande instance de Fort-de-France. 
 

Jusqu'à trois ans de prison

Concernant les faits jugés mercredi (coups, blessures et insultes à agents ayant entraînés une ITT inférieur à 20 jours), Kalash et Admiral T encourent jusqu'à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d'amende.
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