Coronavirus : à Mayotte, doublement des tests et création d'un hôpital de campagne

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émission spéciale après covid en Outre-mer
Un mois et demi après le début du confinement, Annick Girardin, ministre des Outre-mer et trois membres du gouvernement, ont annoncé sur Outre-mer la 1ère et France Ô le doublement du nombre de tests à Mayotte et la mise en place d'un hôpital de campagne pour faire face à l'épidémie.
Alors que l'ensemble du territoire français se prépare à déconfirner progressivement le 11 mai prochain, Mayotte est au cœur des inquiétudes. Ce 30 avril, 79 nouveaux cas ont été confirmés sur le territoire, soit un bilan provisoire de 560 cas. En Outre-mer, c'est le dernier territoire à voir encore augmenter fortement son nombre de cas.

"Il y a aujourd’hui trois zones", a confirmé Annick Girardin, ministre des Outre-mer, lors de l'émission spéciale d'Outre-mer la 1ère / France Ô ce jeudi. Une première qui connaît "peu ou pas de cas depuis 14 jours" (Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna qui est elle épargnée par l'épidémie à ce jour). Une seconde "où l'épidémie est en cours de maîtrise" (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint-Martin, La Réunion). Et enfin, "une inquiétude pour Mayotte qui a des particularités."
 

Augmenter les lits en réanimation 

Également invitée de l'édition spéciale, Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a reconnu "une situation difficile et évolutive" sur l'île aux parfums, "avec un décalage de 15 jours" par rapport à l'Hexagone. Afin d'apporter plus de lits en réanimation, "un hôpital de campagne, militaire" va être mis en place à Mayotte, "comme nous l'avons fait dans le Haut-Rhin", a annoncé la secrétaire d'État. 

"Nous avons toujours été au niveau de cette épidémie" concernant "les moyens mis en place" dans les territoires ultramarins, a assuré
Annick Girardin. "Les moyens mis en place ont fait que jamais nous sommes allés à plus de 40% d'occupation des lits de réanimation" dans un territoire ultramarin.

"L'objectif est aussi de doubler la capacité de test" à Mayotte, a ensuite ajouté Christelle Dubos, c'est-à-dire atteindre le seuil de 600 tests de dépistage par jour, contre 300 actuellement. Enfin, interrogée sur la possibilité de pérenniser la pratique des médecins étrangers sur les territoires ultramarins, notamment à Mayotte, Christelle Dubos a expliqué vouloir laisser la décision "entre les mains de Dominique Voynet", directrice de l'ARS. 
 

Déconfinement adapté

Concernant le déconfinement progressif qui doit se mettre en place à compter du 11 mai, la ministre des Outre-mer a précisé que, "comme pour le confinement", "chaque mesure sera adaptée" à chaque territoire avec les préfets, les élus locaux et les groupe socio-professionnels. "Les recommandations spécifiques du conseil scientifique ont montré que la stratégie "spécifités territoire par territoire" était la bonne", a estimé Annick Girardin.

"Nous avons des spécifités et des territoires qui peuvent servir de modèles sur la manière dont on peut faire les choses", a souligné la ministre, en réponse aux déclarations du président de la République. Mercredi 29, Emmanuel Macron avait estimé que les territoires français du Pacifique pouvaient être "des territoires pilotes" pour le déconfinement.

Plusieurs territoires comme la Nouvelle-Calédonie, ont en effet entamé (ou vont débuter prochainement) un déconfinement anticipé par rapport au reste de la France. 

Interrogée sur le confinement compliqué à Mayotte, où les conditions de vie sont souvent précaires, Annick Girardin a reconnu qu'il était "difficile" de le respecter "quand on vit dans un banga et qu'il fait 30 degrés".

On ne peut pas dire que le confinement ne fonctionne pas en Outre-mer. Mais il y a des conditions locales qui font que c'est normal de sortir de son logement de temps en temps. La crise [sanitaire] ne fait que révéler les difficultés sociales et économiques de Mayotte. 
Annick Girardin

 

Problèmes sur les réseaux d'eau

Le Covid-19 a également remis en lumière les problèmes fréquents d'approvisionnement en eau potable aux Antilles. En Guadeloupe, 100.000 usagers sont concernés par des coupures d'eau régulières et durables. Pour la Martinique, ce sont 40.000 consommateurs touchés. 

Interrogée sur de possibles dédommagements financiers, Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, a rappelé que "tous les habitants qui ont de l'eau", même partiellement, "doivent continuer à payer leurs factures". "La question du dédommagement est légitime et c’est une discussion à avoir entre les consommateurs concernés et les syndicats qui permettent de donner accès à l’eau et qui vendent l’eau. Mais si plus personne ne paye on ne pourra plus payer les travaux.

Un plan d'urgence a été mis en place en Martinique le 17 avril dernier. 
 

Retour à l'école "important" en Outre-mer

Enfin, également présent lors de l'émission, Adrien Taquet, secrétaire d'État en charge de la protection de l'enfance, a estimé qu'il était "important" que les enfants retournent à l'école après le déconfinement du 11 mai. "En cette période de confinement, les égalités se creusent", a-t-il reconnu. 

"L'école, c'est la lutte contre les inégalités et dans les territoires d'Outre-mer. On en a besoin" a ajouté la ministre des Outre-mer, favorable à ce que "les écoles soient rouvertes le plus vite possible, tout en trouvant le bon moment" pour les Outre-mer. "C'est aussi parfois le seul repas que prend l'enfant dans la journée."

Annick Girardin a expliqué "compter sur les maires" pour prendre cette décision et l'adapter au plus vite, comme pour le confinement. Le secrétaire d'État Adrien Taquet a enfin expliqué que des discussions étaient en cours avec le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer afin d'accompagner les enfants sur le plan psychologique pour le retour à l'école. "Un soutien psychologique" pourrait être mis en place pour aider à ce retour, voire pour détecter "les violences qui ont pu avoir lieu pendant ce confinement."

Vous pouvez revoir l'émission spéciale sur la page Facebook de la 1ère. Elle sera également retransmise sur France Ô le 30 avril à 18h30 et en Outre-mer sur l'ensemble des chaînes 1ère.