Il y a 30 ans, Marie-José Pérec décrochait sa première médaille d'or olympique à Barcelone

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Marie-José Pérec aux JO de Barcelone 1992
La Guadeloupéenne Marie-José Pérec après sa victoire aux 400 m aux Jeux Olympiques de Barcelone, le 5 août 1992. ©STF / AFP
Le 5 août 1992, l'athlète née à Basse-Terre devient la première Guadeloupéenne à remporter une épreuve d'athlétisme aux JO. Celle qui détient toujours le record olympique du 400 mètres devient alors une icône sportive.

Championne olympique contre championne du monde. Ce 5 août 1992, à Barcelone, deux athlètes se détachent du reste des sprinteuses lors de la finale du 400 mètres. L'Ukrainienne Olga Bryzgina mène d'un cheveu. La Guadeloupéenne Marie-José Pérec la talonne. Après 48 secondes et 83 centièmes de course haletante, c'est finalement la Française qui décroche l'or. Et qui rend son île, la Guadeloupe, fière.


À l'époque, Marie-José Pérec avait déjà goûté à la gloire sportive mondiale en obtenant l'or aux championnats du monde d'athlétisme de Tokyo en 1991. Mais ce qu'elle voulait, c'était gravir l'Olympe. Et pour ça, il fallait se frotter à une adversaire de taille : Olga Bryzgina, championne olympique en titre.

Neuf foulées sans respirer

Pour moi, de gagner ces Jeux Olympiques face à des adversaires vraiment coriaces, c'était une belle manière de montrer que j'étais entrée dans la cour des grands.

Marie-José Pérec, au podcast #MaParole de La 1ère

Invitée du podcast #MaParole en 2021, l'athlète multi-primée se remémorait cette journée qui a forgé sa légende. "En sortant du virage, raconte-t-elle, je fais neuf foulées où je ne respire pas", terminant la course en quasi-apnée.

Mais ce sont surtout les petits détails, à première vue anecdotiques, dont elle se souvient le plus. "Dans cette course, je ne sais pas pourquoi, je m'étais servie des ombres des filles au sol. Je voyais qu'il y avait une ombre qui se rapprochait de plus en plus." Mais l'ombre n'a pas réussi à la rattraper.

Marie-José Pérec aux Jeux de Barcelone 1992
Marie-José Pérec passe la ligne d'arrivée au bout de 48''83 lors des 400 m des JO de Barcelone, le 5 août 1992. ©JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP

Doublé olympique en 1996

De retour en Guadeloupe, la nouvelle championne est accueillie en star. Et notamment par sa grand-mère, dont elle est très proche. Sauf que Marie-Jo a besoin de plus pour graver son nom dans le marbre de l'athlétisme. Car elle n'est pas la première française à brandir le titre de championne olympique du 400 m. En 1968 - son année de naissance -, Colette Besson avait déjà remporté l'épreuve aux JO de Mexico.

Galvanisée par ses deux titres, Marie-José Pérec continue son parcours d'athlète vedette. En 1994, elle se sépare de son entraîneur Jacques Pisenta - "quelqu'un d'assez sévère", confiait-elle - et s'envole pour les États-Unis, où elle intègre l'équipe de John Smith. L'Américain accepte de l'entraîner. La Guadeloupéenne remporte les championnats d'Europe.

En 1996, elle est désignée porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Olympiques d'Atlanta. Marie-José Pérec a la pression. Elle est là pour défendre son titre. Mais c'est l'histoire de l'athlétisme qu'elle marque. Pour la première fois, hommes et femmes confondues, la Guadeloupéenne réalise un double exploit en décrochant une médaille d'or aux 200 mètres et aux 400 mètres. Au passage, elle établit un nouveau record olympique du 400 m - 48''25, encore non battu. Triple championne olympique et double championne du monde, la sprinteuse met fin à sa carrière internationale en 2000, en plein Jeux de Sydney, face à la pression de l'opinion publique australienne et des médias. Un point final à une décennie sportive légendaire pour la France et la Guadeloupe.