"Mayotte est livrée à l'anarchie, au chaos et à la violence", dénonce Marine Le Pen

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Marine Le Pen
©Thomas SAMSON / AFP

Dans un entretien accordé à Outre-mer la 1ère, Marine Le Pen s'inquiète une nouvelle fois de la situation actuelle à Mayotte. Sécurité, violence, immigration, religion... La Présidente du Rassemblement national estime que "le gouvernement porte une très lourde responsabilité". 

La violence, l'immigration clandestine ou encore le projet de loi sur le "séparatisme" examiné en ce moment à l'Assemblée nationale sont autant de sujets de prédilections pour la présidente du Rassemblement national pour dénoncer la politique du gouvernement à Mayotte. "Ca me met en colère car je vois Mayotte être livré à l'anarchie, au chaos, à la violence et que ça fait des années que j'attire l'attention du gouvernement", affirme-telle dans un entretien accordée à Kessi Weishaupt. 

Acculée par l'épidémie du Covid-19 et à la menace du variant sud-africain, Mayotte est aussi confrontée à une flambée de violence. Trois personnes, dont deux mineurs, ont trouvé la mort, assassinées à l’arme blanche entre le vendredi 22 et le dimanche 24 janvier dernier. Une quatrième victime a été hospitalisée dans un état critique.

"Le gouvernement laisse la situation se dégrader"

Devant ce pic de violence, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a annoncé le 25 janvier dernier l'envoi de deux pelotons de gendarmes mobiles et de 10 enquêteurs. "Ils ont envoyé une cinquantaine de gendarmes alors que ce sont plusieurs escadrons qui devraient être envoyés pour rétablir la sécurité", s'indigne Marine Le Pen. 

Des phénomènes de violences que Marine Le Pen met notamment sur le compte de l'immigration clandestine en accusant le gouvernement de "laisser la situation se dégrader". "On sait très bien comment faire pour intercepter les bateaux, les embarcations qui arrivent des Comores. La réalité c'est que l'on ne veut pas le faire et je pense que le gouvernement porte une très lourde responsabilité", affirme la présidente du Rassemblement national qui ajoute, "il faut qu'il n'y ait plus aucun intérêt à venir sur le territoire national pour l'ensemble des clandestins."

Clandestins

 

Marine Le Pen dénonce également la volonté de "privatiser les frontières" de Mayotte et rappelle en substance que, "l'Etat a des obligations en terme de sécurisation des frontières". "Il [le gouvernement] ne peut s'en décharger sur des personnes civiles dont ça n'est absolument pas le métier", affirme-t-elle. 

Invité du journal de Mayotte la1ère le 18 janvier dernier, le préfet de Mayotte Jean-François Colombet avait annoncé une coopération "avec des opérateurs privés dans le domaine nautique" pour "intercepter et détecter" les kwassas en provenance des Comores, ces navires qui transportent les personnes circulant illégalement entre les deux territoires. Cela se fera "via le concours de prestataires de loisirs, dont la mission sera limitée à la détection", avait alors indiqué la préfecture dans un communiqué, tout en précisant que, "l'’interception restera de la seule compétence de la Police et de la Gendarmerie."

Sécurité

 

Concernant le projet de loi contre le "séparatisme" actuellement en débat à l'Assemblée nationale et qui doit renforcer l'arsenal contre l'islamisme radical, la présidente du RN se montre tout aussi sévère. "La loi de Monsieur Darmanin crée une confusion, elle [la loi]  parle de religion et cherche à modifier la loi de 1905, des équilibres là où elle s'applique et qui sont des équilibres plus que centenaires. Le gouvernement n'a pas une vision claire de ce sur quoi il lutte", indique Marine Le Pen.

Religion

 

La présidente du Rassemblement national affirme ainsi relayer l'inquiétude des dirigeants musulmans de Mayotte "prêts à lutter et à combattre la montée en puissance du fondamentalisme islamiste", en prenant soin de bien distinguer la religion et l'islamisme radical. "Il y a la religion musulmane comme toutes les autres religions et il y a une idéologie totalitaire qui est l'islamisme, comme le nazisme et qu'il faut combattre".