Mayotte : le gouvernement condamne l'incendie de la mairie de Koungou, vives réactions politiques à droite

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©Outre-mer la 1ère
L'hôtel de ville de Koungou, deuxième commune la plus peuplée de Mayotte, a été la cible d'un incendie volontaire lundi soir, après des manifestations contre la destruction d'un bidonville, suscitant une condamnation énergique du gouvernement et de vives réactions politiques à droite. 

Dans cette ville de plus de 32 000 habitants située au nord de Mamoudzou, le chef-lieu, le feu a démarré dans trois voitures garées sur le parking de la mairie avant de se propager au bâtiment principal, et une annexe en construction qui devait accueillir la cafétéria. Les pompiers ont pu se rendre sur place pour éteindre le feu, escortés par les forces de l'ordre, comme l'a constasté Mayotte la 1ère. 

Peu auparavant, le bâtiment de la police municipale a lui aussi fait l'objet d'une tentative d'incendie. Mais le voisinage a averti rapidement les policiers municipaux qui ont réussi à limiter les dégâts. Ceux-ci avaient déjà sécurisé le secteur. Les employés municipaux avaient été autorisés à quitter le travail plus tôt après le lancement d'une opération lundi de démolition de 350 habitations du bidonville de Caro Bolé, à Koungou, avec une mobilisation importante des forces de l'ordre. 

Si certains habitants ont accepté d'être relogés, d'autres ont refusé les propositions de la préfecture de Mayotte et ont menacé de s'en prendre aux agents municipaux et à l'hôtel de ville de Koungou.

Lecornu condamne

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a rapidement réagi: "Je condamne les actes de violence inadmissibles qui ont eu lieu cette nuit (lundi) à Koungou à Mayotte". "Les forces de sécurité sont déterminées à rétablir l'ordre. J'assure au maire et à ses équipes tout mon soutien. Nous continuerons à lutter contre l'habitat illégal malgré ces actions", a-t-il écrit sur Twitter.

Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a apporté "tout son soutien au maire et aux agents municipaux de Koungou à Mayotte. Merci aux forces de sécurité mobilisées pour rétablir l'ordre républicain", a-t-il réagi également sur Twitter.


La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a déploré qu'"une fois encore Mayotte (soit) en proie à la violence, à la destruction". "Rétablir l'ordre, mettre fin à l'immigration clandestine massive et à l'insécurité qui en découle est une question de survie", a-t-elle tweeté.


Dans un communiqué, le député LR de Mayotte, Mansour Kamardine, a appelé "l'État à accélérer le déguerpissement des squatters et à durcir la répression contre les délinquants !" et d'envoyer sur place "des forces d'appui (...) face à la violence barbare et aux incendies volontaires de la mairie et de la police municipale de Koungou". 


Ramlati Ali, députée LREM de Mayotte, a également condamné l'incendie de la mairie de Koungou. "Cette violence quotidienne, ces actes ignobles, qui touchent les Mahoraises et Mahorais sont insupportables et inacceptables", a-t-elle tweeté. Dans un communiqué, la députée de la 1ère circonscription de Mayotte demande "justice".

Quatre habitants ont été interpellés et placés en garde à vue dans la journée de lundi pour avoir jeté des pierres sur les agents chargés de la démolition. Et une vingtaine de personnes en situation irrégulière ont été interpellées pour être conduites au centre de rétention administrative en vue d'une expulsion vers leur pays d'origine.

La destruction de ces cases en tôle (dites "bangas"), dans le cadre de la Loi ELAN, votée en novembre 2018, doit permettre la construction de 500 logements sociaux. Depuis le début de l'année, 955 habitations ont été détruites à Mayotte dont 200 à Koungou en février. A l'époque déjà, des troubles avec barrages routiers s'étaient produits. Ces constructions en tôle forment environ 38% du parc immobilier mahorais.