Nucléaire en Polynésie : pour Sébastien Lecornu, le système d’indemnisation est "trop rigide, trop technocratique, peu adapté"

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Nucléaire : pour Sébastien Lecornu le système d’indemnisation est « trop rigide, trop technocratique, peu adapté »
Nucléaire : pour Sébastien Lecornu le système d’indemnisation est « trop rigide, trop technocratique, peu adapté » ©Polynesie la1ere

Le gouvernement souhaite "assumer" l'impact des essais nucléaires en Polynésie française et mieux indemniser les victimes, a déclaré le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu, en visite à Papeete pour préparer le terrain avant la venue attendue d'Emmanuel Macron.

À mi-parcours de sa visite officielle en Polynésie française, le ministre des Outre-mer a fait le point sur ses différentes rencontres. Lundi (mardi à Paris) à Papeete, Sébastien Lecornu avait échangé avec le président polynésien Edouard Fritch et les associations anti-nucléaires, avant la table ronde que doit présider Emmanuel Macron fin juin à Paris, puis sa venue en Polynésie française, attendue début juillet.

 

"Nous n'avons pas peur de la vérité, au contraire, nous la voulons, et surtout nous souhaitons assumer", a affirmé le ministre. Sébastien Lecornu a reconnu que le nombre de personnes indemnisées par la loi Morin, pour avoir contracté des maladies radio-induites, était "particulièrement faible". Invité du JT de Polynésie la 1ère, il a estimé que le système d'indemnisation est "trop rigide, trop technocratique, pas assez adapté à la situation des personnes concernées".

Regardez l'extrait du passage de Sébastien Lecornu dans le JT de Polynésie la 1ère :

 

Des gestes forts attendus en Polynésie

La question de l'indemnisation des cancers devrait être au coeur de la table ronde parisienne. Sébastien Lecornu souhaite aller au-delà, en envisageant d'indemniser les atolls les plus touchés par les essais, comme Hao, la base arrière du Centre d'Expérimentations du Pacifique (CEP).

Des conséquences sanitaires aux dégâts environnementaux, les points de friction ne manquent pas autour des 193 essais nucléaires réalisés par la France entre 1966 et 1996, à Moruroa et Fangataufa, deux atolls de l'archipel des Tuamotu. Sébastien Lecornu s'est rendu dimanche à Moruroa, mais sans la presse.

La parution en mars d'une enquête du média d'investigation en ligne Disclose, intitulée "Toxique", selon laquelle la France a sous-estimé, parfois volontairement, les conséquences des essais nucléaires dans le Pacifique, a relancé le débat à Tahiti. Même le président polynésien Edouard Fritch, en bons termes avec la France, a un discours moins policé qu'auparavant. "On n'efface pas d'un revers de main soixante ans de propagande d'Etat, de déni, d'intimidation, de mépris et d'arrogance", a-t-il déclaré lors de cette réunion, avant d'inviter au dialogue.

Le député indépendantiste Moetai Brotherson attend "deux gestes forts" du président de la République :

Le premier, c'est une demande de pardon, qu'on n'a toujours pas eu. Si le président vient en juillet et qu'il ne fait pas ce geste-là, il sera venu pour rien. 

Moetai Brotherson


Il souhaite aussi un mécanisme d'indemnisation en lien avec l'environnement. "Il ne faut pas attendre que Moruroa s'effondre pour se poser la question: est-ce qu'on aurait dû, est-ce qu'on aurait pu ?", dit-il. Adversaire historique des essais nucléaires, son parti, présidé par l'indépendantiste Oscar Temaru, a décliné l'invitation et ne compte pas se rendre à Paris. Ce parti souhaitait que la table ronde ait lieu en Polynésie et demandait l'arbitrage des Nations unies.