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Profs pédophiles dans les Outre-mer : Ségolène Royal réaffirme ses propos et dit avoir agi

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Ségolène Royal auditionnée
Ségolène Royal, ex-ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, lors de son audition par le bureau de la délégation des Outre-mer à l'Assemblée nationale le 10 février 2020. ©DR
Auditionnée à huis clos devant le bureau de la délégation des Outre-mer à l'Assemblée nationale, Ségolène Royal a confirmé ses propos sur la mutation de "professeurs pédophiles" dans les Outre-mer. Elle a rappelé avoir mis en place une circulaire à ce sujet lorsqu'elle était ministre.
"Clarifier" et "faire le point" : devant la délégation des Outre-mer à l'Assemblée nationale, l'ancienne ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, Ségolène Royal, s'est expliquée sur ces propos concernant la mutation de professeurs pédophiles dans les Outre-mer. Le 3 janvier dernier, au cours d'une interview, elle avait déclaré : "Avant on mutait discrètement les [professeurs] pédophiles et si possible dans les Outre-mer comme ça c'était loin et on n'en entendait plus parler".

Des propos que Ségolène Royal a confirmé lundi lors de l'audition à huis clos, expliquant que lors de sa prise de fonction en 1997 dans le gouvernement Jospin, le "pas vu, pas pris" et "la loi du silence régnaient", "pas seulement dans les Outre-mer mais aussi dans les villages ruraux isolés" et "dans l'administration où l’on voyait apparaître des pédophiles qui revenaient ensuite dans les classes parce qu’ils s’étaient fait oublier dans les fonctions administratives et ils n’avaient pas été déférés à la justice."
 
©la1ere
 

"300 cas" en 1997

La même année, Ségolène Royal signe une circulaire après que plusieurs enseignants ont été mis en cause dans un réseau de trafic de cassettes pédophiles, lié à l'affaire Dutroux. Publiée à la rentrée 1997, elle donne obligation aux agents publics d'aviser "sans délai" le procureur de la République de tout crime ou délit dont ils auraient connaissance dans l'exercice de leurs fonctions.
 

J'ai mis fin à cette loi du silence en faisant cette fameuse circulaire de 1997 qui disait très clairement aux adultes dans le milieu scolaire qu’ils avaient l’obligation de saisir le procureur de la République dès lors qu’ils avaient l’information par un enfant, ou par la famille de l'enfant, d’abus sexuels sur lui et que les enseignants étaient suspendus.
Ségolène Royal


Selon l'ex-ministre, "300 cas ont été déclenchés" lorsque la circulaire a été mise en place. "La procédure a permis de mettre fin à la rumeur et de passer aux actes et aux faits, mais aussi aux condamnations et aux révélations", a-t-elle ajouté.
   

Commission d'enquête

La déclaration de Ségolène Royal avaient provoqué une vive émotion dans les Outre-mer, de la Guyane à la Guadeloupe en passant par La Réunion où un collectif a sollicité le recteur.

Début février, le député guyanais Gabriel Serville a interpellé le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale, exigeant des réponses. "La première personne à interroger c’est évidemment elle", avait répondu le ministre, expliquant ne pas être "comptable des propos de Madame Royal" et n'avoir "aucun élément probant venu à l'appui de tels propos"

À l'issue de l'audition de Ségolène Royal, la délégation a décidé de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.
 
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