Coronavirus : le déconfinement est reporté à Mayotte

Mayotte, territoire d'Outre-mer le plus touché par le Covid-19, ne déconfinera pas le 11 mai, a annoncé Édouard Philippe au Sénat. Un point d'étape sera fait le 14 mai pour envisager un relâchement des mesures de confinement si la gestion de l'épidémie le permet. 
Lors de son allocuation au Sénat ce lundi 4 mai, pour présenter aux sénateurs le plan du gouvernement, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le report du déconfinement à Mayotte, où "le virus circule activement".

La prolongation du confinement "est l'unique moyen d'éviter la saturation d'un système hospitalier déjà très sollicité par l'épidémie de dengue, elle aussi mortelle pour les Mahorais", a expliqué le chef du gouvernement.
 

Mayotte est le seul territoire d'Outre-mer a avoir été classé en rouge sur la carte de déconfinement présentée par le gouvernement le 30 avril. À ce jour, le territoire compte 686 cas de coronavirus et 6 décès liés au Covid-19, d'après les chiffres donnés par l'ARS depuis le début de la crise sanitaire. Le premier cas a été signalé le 14 mars, trois jours avant le début du confinement. En Outre-mer, c'est le territoire le plus touché par l'épidémie, passé au stade 3 le 30 avril.
 
Le 30 avril, le territoire passé au stade 3 de l'épidémie. Le même jour, Christelle Dubos, secrétaire d'État.., a annoncé le doublement du nombre de tests de dépistage et la création d'un hôpital de campagne afin de soulager les services de réanimation du CHU de Mayotte. 
 

Point d'étape le 14 mai

Mayotte a été l'un des premiers territoires français à mettre en place un couvre-feu pour permettre de faire respecter le confinement. Un défi particulièrement compliqué dans ce département où la pauvreté et les inégalités sont bien plus élevées que dans le reste du pays. Plus de 80% de la population y vit sous le seuil de pauvreté. Le premier week-end du mois de mai a été marqué par des violences entre les forces de l'ordre et des jeunes qui refusaient de suivre les règles du confinement.

Le gouvernement avait envoyé dans l'océan Indien le porte-hélicoptères Mistral afin d'apporter un soutien logistique au centre hospitalier de Mayotte. Il doit notamment permettre des évacuation sanitaires rapides et le transport de matériel médical.

Un point sera fait le 14 mai, a précisé Édouard Philippe, notamment pour envisager le retour des enfants à l'école primaire le 18 mai.