Vaccination, contaminations, restrictions : le point sur l'épidémie de Covid-19 en Outre-mer

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Vaccination chez les sœurs âgées
©Lafaela Liufau

Alors que l'exécutif réfléchit de plus en plus sérieusement à reconfiner la France et que des mutations du virus ont été découvertes, y compris dans certains territoires ultramarins, Outre-mer la 1ère fait le point sur l'épidémie en Outre-mer et sur les mesures en place localement.

Combien de cas de Covid-19 en Outre-mer ? Qu'en est-il de la circulation des variants dans les territoires ultramarins ? Quelles sont les mesures en place ? Où en est la campagne de vaccination ? Outre-mer la 1ère fait le point sur l'épidémie en Outre-mer.

► Campagnes de vaccination

Le 23 janvier, le cap du million de personnes vaccinées a été franchi en France. Mais Outre-mer, les données montrent un certain retard : sur ces 1 008 720 patients, 5 554 se trouvent en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion. S'y ajoutent 1 013 personnes en Polynésie où la campagne a commencé le 18 janvier dernier. La campagne a également débuté à Saint-Martin et Saint-Barthélemy


Ce lundi 25 janvier, à  La Réunion, la vaccination s'est ouverte aux personnes de plus de 75 ans et à celles qui bénéficient d'une prescription médicale. La campagne a également débuté à Mayotte où les doses sont arrivées dans le week-end. L'objectif est d'y vacciner entre 250 et 300 personnes dans un premier temps.

Du côté de la Nouvelle-Calédonie, la campagne de vaccination rendue possible par les 14 625 vaccins Pfizer livrés en début d'année a débuté le 20 janvier. "L'objectif est de vacciner 160 personnes par jour", a expliqué le Dr Thierry De Greslan du Centre hospitalier territorial (CHT), en commençant par "les professionnels en première ligne" et "les résidents et les personnels des maisons de retraite". À Saint-Pierre et Miquelon, 10 000 doses du vaccin Moderna ont été commandées par les autorités qui ont annoncé le début de la campagne pour mi-février 2021. Seule inconnue à ce jour, la stratégie vaccinale à Walis et Futuna, épargné par l'épidémie jusqu'à la fin novembre 2020 où trois cas avaient été détectés. 

 

► Le point sur les contaminations 

Tandis que le pays franchissait le cap du million de vaccinés, un cluster se déclarait ce samedi 23 janvier à Saint-Pierre et Miquelon. Trois soignants en mission dans l'unique centre hospitalier de l'archipel et le fils de l'un d'entre eux ont été détectés positifs à la Covid-19, avec une centaine de cas contacts identifiés. Au total, 5 cas positifs ont été annoncés, soit 21 cas avérés depuis le début de l'épidémie.

La situation, qui a été particulièrement compliquée, se stabilise en Guyane où l'on compte 15 664 cas cumulés en cette fin janvier, avec 76 décès. Au 19 janvier, le taux de reproduction effectif (R effectif) des cas confirmés était estimé à 1,05, en baisse par rapport à la semaine passée. Le taux de positivité a lui augmenté en une semaine, passant de 10,4 % à 11,1 %. La hausse du nombre d'hospitalisations, en unité conventionnelle comme en réanimation, a placé les hôpitaux du territoire en tension. Le plan blanc a été déclenché le 23 janvier. 

Le virus circule toujours "activement" en Guadeloupe et à Saint-Barthélemy, où la situation se stabilise (taux de positivité de 3,1 % et 6 %). À Saint-Martin, en revanche, la circulation s'intensifie avec un taux de positivité au-dessus du seuil d'alerte, à 10,2 %, contre 6,5 % sur la première semaine de l'année 2021. Depuis mars 2020, 1 191 cas ont été recensés sur l'île, 376 à Saint-Barthélemy et 9056 en Guadeloupe.

En Martinique, toujours en situation de vulnérabilité élevée, on recense 6 370 cas de Covid-19 depuis mars dernier. Comme le montre le graphique ci-dessous, le nombre de contaminations a augmenté à la fin de l'été. Actuellement le taux de positivité est de 2,1 %, sous le seuil de vigilance. 44 personnes sont mortes de la Covid-19 depuis son arrivée dans l'île.

Du côté de l'océan Indien, La Réunion voit deux tendances s'installer en ce début d'année 2021 : une baisse du taux de positivité (1,6 %) et du taux d'incidence (27 / 100 000 habitants), mais une hausse du nombre de passages à l'hôpital et des admissions en réanimation (8 en une semaine). Mais, indique Santé Publique France, "l'impact sanitaire de suscite pas à ce jour de tensions hospitalières". Depuis le premier cas détecté le 11 mars, 9 843 cas ont été confirmés dans l'île.

À Mayotte, "tous les indicateurs sont en hausse", indique l'ARS dans son dernier bulletin épidémiologique : le taux de positivité est au dessus du seuil d'alerte, à 13,1 %. Le taux d'incidence est également élevé, avec 254,4 cas pour 100 000 habitants. 23 personnes sont actuellement hospitalisées, dont cinq en réanimation. Depuis le début de l'épidémie, 7 590 cas ont été comptabilisés et 59 décès.

Le dernier point hebdomadaire de la direction de la Santé en Polynésie fait état de 17 852 cas cumulés sur le territoire, qui a vu exploser ses contaminations à la fin de l'été. 128 personnes sont décédées de la Covid-19 dans l'archipel où l'on dénombre 11 hospitalisations en réanimation. 

La Nouvelle-Calédonie en revanche ne compte à ce jour que 44 contaminations depuis le 18 mars dernier, dont trois "faiblement positifs" détectés le 16 janvier. Wallis et Futuna reste le territoire ultramarin le plus épargné par l'épidémie avec seulement trois cas avérés au total. 

Le point sur les contaminations par territoire depuis le 23 mars 2020 (cliquez sur les noms des territoires pour le faire apparaître ou disparaître du graphique) :

 

► Qu'en est-il des mutations du virus ?

Les nouveaux variants du coronavirus, détectés en Angleterre, en Afrique du Sud ou encore au Brésil, circulent dans le monde et ont été repérés, en Outre-mer, à Mayotte et à La Réunion. Neuf personnes porteuses du variant sud-africain ont été identifées à La Réunion et parmi elles, deux sont actuellement hospitalisées en réanimation. 

À Mayotte, un premier cas de ce même variant a été identifié mi-janvier sur un patient en provenance des Comores. Depuis, trois cas ont été identifiés, tous sur des personnes qui revenaient de déplacements extérieurs. 

► Quelles mesures en place ?

Pour faire face à la circulation toujours active du virus mais également à celle de ses variants, plusieurs mesures ont été instaurées Outre-mer, à commencer par des mesures sur les voyages avec la septaine à l'arrivée, obligatoire depuis le 18 janvier. Les voyageurs doivent toujours présenter un test PCR négatif de moins de 72h ainsi qu'une attestation sur l'honneur déclarant ne pas présenter de symptômes. 

Le point sur les mesures concernant les voyages depuis, vers et entre les Outre-mer :


Comme dans l'Hexagone, des couvre-feux ont également été mis en place. C'est le cas à Mayotte depuis le 21 janvier où il est en place entre 18h et 4h du matin durant 15 jours. Depuis le 24 janvier, c'est un couvre-feu strict du samedi 19h au lundi 5h qui est en place en Guyane, où la stratégie du couvre-feu prolongée après le premier confinement a été saluée par un groupe de scientifique. Le couvre-feu est également en vigueur en Polynésie jusqu'au 15 février, de 21h à 4h, uniquement pour Tahiti et Moorea. Les discothèques, les bars, les lieux sportifs couverts y sont aussi fermés. Les restaurants ne peuvent accueillir que 6 personnes maximum.

À La Réunion, le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans, les rassemblements de plus de six personnes sont interdits ainsi que les pique-niques et les "moments de convivialité au travail". Même chose en Guadeloupe et en Martinique où s'ajoutent également la fermeture totale des bars et des discothèques, la fermeture à minuit des restaurants et l'accès interdit aux plages et rivières de 19h à 5h du matin. 

Enfin, à Saint-Pierre et Miquelon, de nouvelles mesures ont été mises en place en urgence suite à la découverte d'un cluster à l'hôpital de l'archipel. Les bars, restaurants et les espaces culturels et sportifs couverts sont fermés jusqu'au 31 janvier. 

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