“Un jour avec…” nous emmène cette semaine à Madagascar. Mardi prochain aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle, dans un pays qui reste un des plus pauvres de la planète. A Madagascar, le salaire moyen se situe entre 40 et 50 euros par mois. “Comment vit-on avec 50 euros par mois?” Reportage de Jean-Marc Collienne et Philippe Hoarau au-travers le quotidien d’Angeline, une jeune maman, qui vit dans les faubourgs d’Antananarivo.
 


Angéline est une jeune femme de 28 ans. Elle vit dans une petite maison à Ambilanibe, un quartier populaire d’Antananarivo avec son compagnon et son petit garçon de six ans. Angéline héberge aussi une fillette de 12 ans qui l’aide pour le ménage et va chercher son fils à l’école quand elle travaille.

Regardez le reportage de Jean-Marc Collienne et Philippe Hoarau : 
 
Un jour avec... Angeline à Madagascar

De la campagne à la ville

Il est 5h30. "Je fais du feu pour chauffer l'eau pour donner le bain", explique la jeune maman qui s’apprête à conduire son fils à l’école avant d’aller travailler. Lorsqu’elle était enfant, Angéline a quitté la campagne avec sa mère. A 15 ans, sa maman décède et la jeune fille se retrouve seule dans la ville. Elle tombe enceinte, est abandonnée par le père de son enfant. Elle connaît la rue avant d’être accueillie par l’association réunionnaise Aïna, qui a lui offert une formation et lui a trouvé un travail.
 

© Réunion La 1ère

Un salaire mensuel de 47 euros

Angeline s’active : "elle est où ta trousse? Et ton stylo? Et tes crayons de couleur? Tu as oublié ça où? Fais attention. Il ne faut rien oublier sinon on va te prendre tes affaires et tu n'auras plus rien". Dans la petite maison, il n’y a pas de toilette. Angeline va aux toilettes publiques qui se trouvent sur le chemin de l’école. Elle paie 20 euros par mois pour vivre ici. Son salaire mensuel est de 47 euros. Son compagnon travaille comme agent d’entretien et gagne 30 euros par mois. Ensemble, le couple dispose d’un revenu mensuel de moins de 80 euros.
 

© Réunion La 1ère

Des études pour son fils

Malgré ses faibles revenus, Angeline a décidé d’inscrire son petit garçon dans une école privée car le niveau de l’école publique reste très faible à Madagascar. Elle paye pour cela 5 euros par mois (10% de son salaire). "Je suis allée à l’école jusqu’en 4e", raconte Angeline qui espère que son petit garçon deviendra "pilote pour l'aéroplane".

Après une demi heure de marche, la jeune maman arrive à son travail au centre d’Antananarivo. Depuis quatre ans, elle est femme de chambre dans un hôtel très côté de la capitale. Elle y nettoie des chambres dont les prix pour une nuit sont équivalent à un mois de son salaire.
 

Une vie meilleure

"Il y a des choses tristes, mais il y a aussi de la joie, confie-t-elle. J'imagine la suite de ma vie plus forte et meilleure qu'aujourd'hui. J’aimerais retourner chez moi et travailler dans l'agriculture".

Angéline rêve de retourner à la campagne, dans la région de son enfance. En attendant, mardi prochain, elle ira voter pour l’élection présidentielle. Comme la plupart des Malgaches, ce sera avec juste l’espoir d’une vie meilleure.