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Il s'agit d'une crise migratoire sans précédent. Depuis 2015, des centaines de milliers de Vénézuéliens quittent leur pays à la recherche de meilleures conditions de vie. La ville de Cúcuta, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela est le théâtre du plus important mouvement migratoire de l'Amérique moderne. Selon les chiffres publiés par l'ONU, 1,9 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays ces deux dernières années.


Le numéro de novembre 2018 du magazine Caraïbes était consacré à la l’exode des Vénézuéliens en Colombie. Une de nos équipes s’est rendue à Cucuta, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, à la rencontre de cette population qui fuit le Venezuela comme s’il s’agissait d’un pays en guerre. Le phénomène existe depuis 2015 et selon les statistiques de l’ONU, le nombre de migrants s’élève à près de deux millions depuis cette date.
Le pont international Simon Bolivar à Cúcuta voit passer chaque jour jusqu'à 50.000 personnes. Beaucoup font l'aller retour dans la journée, le temps de se ravitailler. Mais d'autres, environ 5000 chaque jour, s'en vont définitivement du Venezuela. Destination Bogota, la capitale colombienne, ou encore plus loin l'Equateur, le Pérou et même le Chili. Jusqu'à 1800 km à parcourir à pied. Car les migrants sont pauvres, démunis et n'ont aucun autre moyen de locomotion.

C’est là un message de bienvenue parce que, malgré leur nombre, il faut quand même les aider. Et le Colombien a un grand coeur. Hector Garcia , collectif Quinta con Quinta

Une organisation non gouvernementale a confectionné une fresque pour dire bienvenue aux migrants vénézuéliens. La tension face à ce déferlement constant de migrants se fait de plus en plus sentir. Mais les choses sont pires dans la capitale Bogotá où des faits de violence ont été signalés.

© Maurice Nagou


En Colombie, la ville frontalière de Cucuta n’est qu’une étape pour les migrants vénézuéliens qui continuent leur route vers des destinations plus lointaines.
Vers les villes colombiennes de  Cali ou Bogota , en Equateur, au Pérou, au Chili , au Brésil. Les îles de la Caraïbe sont aussi concernées, notamment Trinidad et Tobago, Curaçao, Aruba.
Non loin du pont Simon Bolivar, le refuge de la Divina Providencia distribue jusqu’à 3000 repas chaque jour. Mgr Víctor Manuel Ochoa, évêque de Cucuta affirme: “On veille à ce qu’aucune femme enceinte ne laisse ces lieux sans avoir mangé, à ce qu’aucun enfant ne reparte le ventre vide, aucune personne âgée non plus… Nous proposons aussi une aide médicale. En semaine nous avons 4 médecins tous les jours, nous distribuons gratuitement des médicaments tout comme la nourriture”.

Nuit et jour, depuis plus de deux ans, les routes de Colombie sont hantés par ces groupes de Vénézuéliens en marche vers des horizons lointains. Mal équipés, mal chaussés, sans le sous, leur périple pathétique les conduit parfois jusqu’au Pérou (1800 kms).
Avant, parfois, il arrivait qu’un automobilistes s'arrête pour prendre en stop les plus chanceux et ainsi leur épargner une partie du calvaire. Mais c’est devenu de plus en plus rare: la police est intransigeante désormais.

© Maurice Nagou