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L'atelier avifaune du collège Arsène Bouyer d'Angoma existe depuis novembre 2016. Dans cette classe spécifique, on retrouve des élèves passionnés par les oiseaux. Ils étudient sous la houlette de Judith Priam, professeur de Science et vie de la Terre.

Un atelier créé en novembre 2016

Au sein de cet atelier où les enfants se rendent le mercredi et le jeudi, une fois sur deux, ils acquièrent des méthodes scientifiques d'observation et de décryptage de la vie des oiseaux. 

Les élèves de l'atelier avifaune en cours le 22 mars © CL

Ils sont équipés de jumelles, d'appareils photos, de carnets de dessins et ils notent leurs observations. Les enfants étudient les oiseaux à des points d'observation bien précis et selon la méthode du transect sans cependant oublier les autres types d'observations. Il ne s'agit pas ici, d'appliquer la méthode stricte de comptage/inventaire aviaire.  Par exemple, la chute du manguier du collège a entraîné une nouvelle dynamique d'utilisation de l'espace par les oiseaux qui s'est établie lentement.
Pour leur professeur de Science et vie de la Terre, Judith Priam, passionnée d'ornithologie, la rencontre entre les élèves et les oiseaux est naturelle, elle leur permet simplement d'aller plus loin dans la connaissance de leur environnement :

"Les élèves ont eu l'occasion d'aller plus loin que le collège, à Awala et à Apatou. ils étudient la répartition des oiseaux sur la Guyane. Ils se questionnent pour savoir pourquoi tel oiseau est observable en zone littorale, en ville ou en forêt... on essaie de comprendre la répartition des oiseaux donc la bio géographie... A travers cet atelier, ils arrivent à exprimer ce qu'ils vivent au quotidien."


Mais au delà de l'apprentissage scientifique, les méthodes de travail en commun utilisées pour ces jeunes de 11 à 14 ans, leur ont appris à mieux se connaître et à nouer des liens d'amitié forts sur la base du respect, du partage et de la solidarité.

Des graines d'ornithologues

Orsinio et Victor élèves de 6ème au collège Arsène Bouyer d'Angoma à Saint-Laurent du Maroni © Judith Priam

Parmi les plus jeunes élèves de ce cours, il y a Orsinio Lampe, 12 ans et Victor Da Silva Campos 11 ans. Ce dernier arrivé, en janvier 2017 en Guyane a une étonnante capacité d'adaptation. Il maîtrise de mieux en mieux le français, parle le bushi nengué avec ses camarades et a réussi à se fondre dans l'univers du collège en quelques mois. Il n'hésite pas à prendre la parole, à donner des explications. Son talent oratoire est aussi grand qu'il est petit de taille. Avec Orsinio qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui est passé maître dans l'art des métaphores, Victor s'entend bien. A eux deux, ils forment un duo sympathique et efficace dans l'étude des oiseaux du collège.

Marcus celui qui chante aussi bien que les oiseaux

En classe de 3ème, Marcus Gay est âgé de 14 ans. C'est un élève timide, passionné par les oiseaux. Il possède un picolette (Oryzoborus angolensis, un passereau de Guyane) qu'il cajole beaucoup pour le faire chanter. Marcus a un don, il imite à la perfection certains chants d'oiseaux. Son talent ne passe pas inaperçu. Au sein du groupe avifaune du collège, son enthousiasme, sa connaissance des oiseaux apporte beaucoup à la dynamique d'apprentissage.

 

Le concours Cgénial

Tous ces paramètres réunis ont naturellement conduit les enfants, sur la proposition de leur professeur, à se fédérer autour du concours scientifique inter académies Cgénial catégorie collèges. Un concours dont la finale régionale devait se dérouler le 17 avril à Cayenne.

L'équipe réunie pendant les vacances de Pâques pour préparer le concours C'Génial © CL

Dès le mois de février, les plus assidus et les plus motivés ont travaillé de façon encore plus méthodique. Un travail dense, pour collationner toutes leurs notes de plusieurs mois, les classer, les illustrer avec des dessins, rendre compte de leurs observations dans le collège, chez eux, partout où ils avaient l'occasion de voir des oiseaux.
Réaliser des panneaux explicatifs à partir de leurs photos placées sur des plans fournis par le service d'urbanisme de la mairie, apprendre à les commenter, ce sont autant de réflexes que ces enfants ont acquis au fil des mois.
Pour cela, il leur a fallu de l'assiduité et poursuivre leurs efforts pendant les vacances de Pâques.


 

La finale régionale du concours Cgénial à Cayenne

Les enfants sont arrivés de Saint-Laurent, la veille du concours. Dans ce groupe de 12 élèves, ils étaient 6 à concourir, comme l'autorisait le règlement. Les autres étaient là comme supporters et pour donner les dernières recommandations.
Ce court séjour sur le littoral a permis à Marcus de découvrir Cayenne où il n'était jamais venu.

La finale régionale du concours CGénial à l'université de Guyane © CL

L'excitation des jeunes est grande. Ils sont arrivés très tôt le matin à l'université pour mettre en place leur stand et faire des répétitions. Dans ce grand espace réservé au concours, on retrouve, aussi, les lycéens et les élèves du primaires. Il y a 2 autres collèges en compétition, dont un de Saint-Laurent, le collège Albert Londres et le collège Paul Kapel de Cayenne. Personne ne connaît le projet des autres. Deux jurys de deux personnes passent dans tous les stands. 

Le groupe prend la pause à l'issue de la présentation © CL

Malgré leur fébrilité, les candidats de Saint-Laurent vont maîtriser leur sujet. Marcus, Lowen, Viandra, Victor, Fiona et Orsinio ne se démontent pas et arrivent à présenter leur travail intitulé : "Contribution à la connaissance des oiseaux de Guyane".

A l'annonce des résultats, 1er prix au collège Arsène Bouyer d'Angoma, les enfants explosent de joie. L'une des membres du jury souligne : 

"Dans le choix et dans l'observation des oiseaux que vous avez effectué, vous avez chacun réussi à exprimer vos individualités. L'accueil qui a consisté à nous demander de fermer les yeux pour le chant des oiseaux, cela pouvait être une bande son mais non c'était Marcus. Un artiste nous a fait bénéficié de ses capacités vocales, un autre de sa capacité à dessiner des oiseaux et tous les autres ont trouvé leur place. Félicitations à vous tous, c'est vraiment ce que l'on retient : cette complémentarité et cette capacité à pouvoir exprimer des individualités."

Orsinio Lampe montre fièrement le premier prix remporté © CL


Le reportage de Viviane Dephoud Edos et Christian Chauleau

 

La préparation de la finale nationale à Toulouse

Avant de repartir à Saint-Laurent, le 17 avril dernier, les 6 élèves qui ont représenté l'atelier avifaune du collège Arsène Bouyer d'Angoma savent déjà que tous n'iront pas à la finale nationale àToulouse. Le règlement ne prévoit pour cette dernière phase que 3 représentants. Mais les places ne seront pas chèrement vendues, les enfants ont fait leur propre sélection.
Cette première étape l'aventure du concours C'génial, les a déjà fait mûrir ainsi que le confient Lowen et Viandra :
De retour au collège, les finalistes se sont remis au travail aidés de leurs camarades. Ils seront 4 à faire le déplacement sur Toulouse pour cette fameuse finale : Lowen, Viendra, Victor et Orsinio qui encouragera ses copains, encadrés par leur professeur Judith Priam. Marcus, élève de 3ème doit passer son brevet, il peut pas être du voyage.


  

Derniers préparatifs

L'atelier avifaune sur un de ses lieux d'observation au collège © CL

Les jours sont vite passés. Les enfants ont continué leurs observations, à compléter leur rapport. Pour affiner leurs travaux, une rencontre publique a été organisée le 14 mai à la mairie de Saint-Laurent pour un un partage de connaissances sur les oiseaux entre les élèves de l'atelier avifaune du collège Bouyer d'Angoma et le public.

Toute l'équipe du collège Arsène Bouyer d'Angoma © CL

Le maire de Saint-Laurent, Léon Bertrand assiste à cette réunion qu'il introduit. Il suit l'évolution de l'atelier depuis plusieurs mois et la mairie est partenaire du projet. Pour le 1er édile, cette expérience est une innovation pleine d'intérêt :

"J'ai trouvé cela tout à fait extraordinaire parce que je sais que le rapprochement entre les oiseaux et les enfants de Saint-Laurent du Maroni, c'est quelque chose de tout à fait naturel dans cette partie de la Guyane... c'est une porte, une fenêtre ouverte pour découvrir autre chose. Une façon d'amener les enfants à s'intéresser à d'autres secteurs de notre vie en société".


Dans l'assemblée, attentifs et curieux, des spécialistes des oiseaux, des parents, des professeurs et le principal du collège Jean-Marc Avril.
Une dizaine d'élèves participent à cette présentation qui apparaît comme un exercice de préparation grandeur nature. Le stress est bien présent et la fluidité orale pas forcément au rendez-vous. Les enfants vont en tirer les leçons et peaufiner leur présentation :

Plus que quelques jours avant la grande finale du 25 mai à Toulouse. Les enfants et leur professeur entament le 22 mai, un nouveau périple qui va les emmener de Saint-Laurent du Maroni à l'ouest de la Guyane sur les bords du Maroni au sud de la France à Toulouse sur les bords de la Garonne. A vol d'oiseau, un grand voyage initiatique de plus de 8000 km pour affronter 24 autres collèges à la cité de l'Espace.

Un voyage que nous allons vivre ensemble... A SUIVRE