Le ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco plaide la "coconstruction" dans les dossiers ultramarins

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Jean-François Carenco
Jean-Francois Carenco, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, chargé des Outre-mer. ©XOSE BOUZAS / HANS LUCAS
À l'occasion du 14 Juillet, le nouveau locataire du ministère des Outre-mer était l'invité des radios du réseau La 1ère. Territoire après territoire, il a évoqué les sujets spécifiques aux auditeurs auxquels il s'adressait, esquissant la nouvelle méthode qu'il souhaite appliquer pendant son mandat : "discuter" pour améliorer la vie des Ultramarins.

"On va travailler ensemble." Jeudi 14 juillet, Jean-François Carenco, invité de toutes les radios du réseau La 1ère, a répété cette phrase neuf fois aux Français d'Outre-mer, de Wallis et Futuna à Saint-Pierre et Miquelon en passant par La Réunion et les Antilles. Nommé le 4 juillet au gouvernement, l'ancien fonctionnaire d'État s'est donné pour mission de se présenter aux Ultramarins alors qu'il est désormais chargé de traiter les dossiers qui les concernent. Avec un leitmotiv : le "dialogue" et la "coconstruction" pour apporter des "solutions concrètes". Outre-mer La 1ère fait le résumé de son passage sur nos antennes.

  • Wallis et Futuna

En raison du décalage horaire, c'est dans le Pacifique que la tournée des radios a commencé pour le ministre délégué chargé des Outre-mer. "J'avais envie de saluer [les Wallisiens et Futuniens] en ce jour de 14 Juillet", a insisté Jean-François Carenco.

Sur le thème de la vie chère, qui est souvent revenu dans ses entretiens, le ministre a indiqué qu'il enverrait un courrier aux préfets de chaque territoire d'Outre-mer dans le but d'approfondir le dispositif bouclier qualité-prix (BQP) afin de faire face à l'inflation galopante. Cette semaine, devant les députés, il avait déjà déclaré vouloir élargir le dispositif à 5 % des produits de consommation courante.

Il faut que le panier familial, en valeur, soit bloqué pendant un an. C'est ça une vraie réponse à l'inflation (...) [C'est] plus de produits à prix bloqués.

Jean-François Carenco, ministre chargé des Outre-mer

Sans donner de précision sur le calendrier, Jean-François Carenco a annoncé qu'il se rendrait à Wallis et Futuna avant la fin de l'année.

  • Nouvelle-Calédonie

Sans grandes annonces particulières à faire, c'est avant tout pour "adresser un signe d'amitié et d'admiration" aux Calédoniens que Jean-François Carenco est passé dans la matinale de Nouvelle-Calédonie La 1ère.

Également interrogé sur le bouclier qualité-prix, Jean-François Carenco, a cette fois-ci, botté en touche en rappelant que la compétence en matière d'économie n'était pas celle de l'État, mais plutôt celle du gouvernement local. "On pourra donner des idées [au gouvernement calédonien]", a-t-il dit, oubliant que la Calédonie a déjà décliné cette mesure sur son territoire.

Sur l'avenir institutionnel du Caillou, le ministre a assuré aborder le dossier "avec du temps, de l'écoute, de l'amitié et du respect", estimant que d'autres questions demeuraient aussi importantes pour le territoire, comme l'électricité et le nickel.

Jean-François Carenco se rendra sur le territoire le 26 juillet, avec le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin.

  • La Réunion

Pour les auditeurs de La Réunion, Jean-François Carenco a voulu illustrer la nouvelle méthode de travail qu'il défend en tant que ministre chargé des Outre-mer en prenant l'exemple de la convention canne. Après seize jours de conflits entre les planteurs de cannes à sucre et l'industriel Tereos, un accord a finalement été trouvé dans la semaine, quelques jours après le passage de Gérald Darmanin et Jean-François Carenco sur l'île. "Je me suis engagé personnellement et très fortement [dans ce dossier]", s'est félicité le ministre.

Il était très important que [le secteur de] la canne soit rassuré sur son avenir, puisse à nouveau investir, puisse à nouveau se développer.

Jean-François Carenco, ministre chargé des Outre-mer

Le ministre délégué aux Outre-Mer rencontre les membres de l'OPMR
Le ministre délégué aux Outre-Mer rencontre les membres de l'OPMR ©Delphine Gérard


Le nouveau ministre en charge des Outre-mer a néanmoins maladroitement salué les discussions "viriles, franches et sincères" entre les planteurs, l'industriel et les représentants de l'État.

  • Mayotte

"Comme les autres Ultramarins, vous êtes ma deuxième famille", a lancé Jean-François Carenco sur les ondes de Mayotte La 1ère. Par ces entretiens, le ministre cherche à établir un lien avec les territoires d'Outre-mer, où cet inconnu politique doit encore se faire un nom.

Questionné sur la loi en faveur du pouvoir d'achat qui doit être débattue à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, il assure qu'"il y a un certain nombre de mesures qu'on va essayer de faire passer au profit des Outre-mer", sans préciser lesquelles. Mais il a bien fait comprendre aux auditeurs mahorais que la principale mesure de lutte contre la hausse des prix dans les territoires ultramarins est, selon lui, le fameux bouclier qualité-prix, qu'il a déjà évoqué dans ses autres interviews.

En ce qui concerne la suspension du paiement des fonds européens destinés à Mayotte - annoncée mercredi par l'eurodéputé réunionnais Younous Omarjee -, Jean-François Carenco estime "impensable que [la situation] reste comme ça", l'île étant une des régions les plus pauvres de l'Union européenne. "On a, semble-t-il, un problème de gestion, on s'y attelle et on va le résoudre ensemble."

  • Saint-Pierre et Miquelon

Sur un terrain, ou plutôt une radio, qu'il connaît bien, puisqu'il a été préfet de Saint-Pierre et Miquelon de 1996 à 1997, Jean-François Carenco a répété ce qu'il a déjà affirmé aux autres stations : il faut "qu'on travaille à la construction d'un avenir toujours meilleur, toujours plus responsable".

Toujours marqué par la restructuration du secteur de la pêche, l'archipel doit se réinventer, estime le ministre, qui prône le développement d'une économie d'opportunité. "Je vais essayer de [vous] aider en discutant (...) Il faut inventer un nouveau mode de création de valeur", a-t-il insisté.

  • Guyane

Les Guyanais ont, quant à eux, pu entendre un ministre qui n'a pas "d'idées préconçues" dans sa gestion des dossiers ultramarins, comme il le dit lui-même. "On ne peut pas avoir des propositions [toutes prêtes] quand on arrive [au ministère]", avait-il aussi précisé sur Mayotte La 1ère, lui qui défend la discussion et la consultation avant l'action.

Évoquant la lutte contre l'orpaillage illégal, un sujet sécuritaire et environnemental majeur en Guyane, il en a profité pour souligner l'utilité d'avoir un ministère des Outre-mer rattaché au ministère de l'Intérieur et de répondre aux critiques des élus ultramarins face au retour à cette ancienne configuration.

On a de la chance que le ministère des Outre-mer soit rattaché au ministère de l'Intérieur. Je peux vous dire que je demanderai, et j'aurai, les moyens de lutter contre [l'orpaillage ilégal].

Jean-François Carenco, ministre chargé des Outre-mer

  • Martinique

"La seule vérité, c'est que l'Outre-mer doit progresser, et on va progresser ensemble", a tenu à rassurer Jean-François Carenco sur Martinique La 1ère.

Le ministre délégué chargé des Outre-mer n'a pas évoqué les sujets liés à la vaccination et à la réintégration des soignants, alors que le gouvernement tente de faire passer une loi qui permettrait aux autorités de rétablir le pass sanitaire aux frontières hexagonales, et donc entre l'Hexagone et les Outre-mer.

En revanche, il dit avoir lu et entendu l'appel de Fort-de-France, émis le mois dernier depuis la Martinique par les présidents des régions ultramarines pour demander à l'État de revoir sa politique envers les territoires ultramarins. "Ma ligne de conduite, c'est de répondre à l'appel de Fort-de-France", a-t-il indiqué, précisant que des réponses seront apportées "dans pas longtemps".

Appel  de Fort-de-France 17 mai 2022
Louis Mussington (Saint-Martin), Serge Letchimy (Martinique), Huguette Bello (Réunion), Ary Chalus (Guadeloupe), Ben Issa Ousseni (Mayotte), Gabriel Serville (Guyane). ©CTM


Le ministre sera en déplacement en Martinique et en Guadeloupe la semaine prochaine.

  • Guadeloupe

Sur Guadeloupe La 1ère, Jean-François Carenco s'est présenté en ministre pragmatique. "Je viens dans l'esprit d'aider les Outre-mer", a-t-il dit en répétant les éléments de langage déjà utilisés dans les autres radios du réseau La 1ère.

En survolant les sujets liés à la transition écologique dans l'île et à la pauvreté, le ministre chargé des Outre-mer a laissé de côté, comme pour la Martinique, les sujets sensibles liés à la gestion de l'épidémie et aux violences urbaines qui ont eu lieu l'année dernière.

L'homme qui a été préfet de Guadeloupe de 1999 à 2002 a donné rendez-vous aux Antillais la semaine prochaine pour aborder les questions politiques.

Ce sera un contact rapide. Une journée pour dire 'je suis là pour qu'on travaille ensemble, sans tabou'. Et puis après, je reviendrai longuement lorsque j'aurai travaillé sur les diverses demandes.

Jean-François Carenco, ministre chargé des Outre-mer

  • Polynésie française

La question des statuts des territoires d'Outre-mer a été posée sur Polynésie La 1ère. Pour Jean-François Carenco, "s'il y a des choses à corriger (...), ma méthode, c'est qu'on en discute". Ce sujet viendra tôt ou tard sur le bureau du nouveau locataire du ministère des Outre-mer, alors que trois députés indépendantistes ont été élus à l'Assemblée nationale.

Enfin, pour conclure son tour des radios du réseau La 1ère du groupe France Télévisions, le ministre chargé des Outre-mer a dit vouloir faire de la Polynésie un "axe de stabilité" dans le Pacifique, alors que la rivalité entre les États-Unis et la Chine alimente un climat de tension dans la zone indopacifique.