Avenir de la Nouvelle-Calédonie: il y a un an, le référendum du 4 octobre 2020

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Forte affluence à Boulouparis pour voter au référendum du 4 octobre 2020. ©Coralie Cochin / NC la 1ere
Un an déjà que la Nouvelle-Calédonie a vécu la deuxième consultation sur son autodétermination inscrite dans l'Accord de Nouméa. Elle s'est soldée par une victoire du Non, avec un écart de 9 970 voix, aux couleurs des drapeaux. A dix semaines du troisième référendum, coup d'œil dans le rétro.

Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? Le 4 octobre 2020, la question était à nouveau posée aux électrices et électeurs figurant sur la liste référendaire, à savoir près de 180 800 personnes.

 

  • Le Non l'emporte, le Oui progresse

Ce dimanche-là, le Non l'a emporté à nouveau, à 53,26% des suffrages exprimés. Cela dit, le Oui a progressé de trois points, obtenant 46,74% contre 43,33% au premier référendum. La capacité à mobiliser semble avoir profité davantage au camp indépendantiste, la victoire des partisans du maintien dans la France s'est jouée à 9 970 voix d'écart. 

 

  • Participation record

Retour des files d'attente devant les bureaux de vote : cette deuxième consultation d'autodétermination envisagée par l'Accord de Nouméa a aussi été marquée par une mobilisation historique (parmi les personnes pouvant voter, du moins : rappelons que le corps électoral est restreint pour ce scrutin). Le taux de participation a atteint 85,69% des électeurs inscrits. Encore mieux que les 81,01%, déjà impressionnants, du 4 novembre 2018. 

 

  • Sous les drapeaux

Autre image associée au référendum de 2020, l’affichage décomplexé des drapeaux, avec une bataille symbolique de couleurs. Et cette ombre au tableau : la commission de contrôle a déploré une série de perturbations aux abords de bureaux de vote dans le Grand Nouméa. Pas de quoi remettre en cause le résultat définitif, a-t-elle toutefois conclu. Le recours en annulation déposé par des élus loyalistes sur ce sujet a été retoqué par le Conseil d'Etat.  
 

  • Une Calédonie clivée

Ce résultat a mis en lumière le clivage persistant quant à l'avenir de la Calédonie, et des fractures qui se sont renforcées. Géographiques, communautaires, sociales... Le Nord et les îles ont choisi en masse l'option de la pleine souveraineté, tout comme les communes de l’Est. Alors que la province Sud, l’Ouest et le Grand Nouméa ont privilégié le Non.

 

  • Rendez-vous le 12 décembre 2021… ou pas ?

La tendance se confirmera-t-elle pour la troisième et dernière consultation ? Réponse le 12 décembre 2021… sauf changement d'ici là. Car dans le contexte de pandémie galopante en Nouvelle-Calédonie, plusieurs voix politiques se sont élevées pour envisager le report du prochain référendum (à lire ici).

 

  • Ces faits d'actualité qui ont relégué le référendum au second plan

La crise Covid, c'est une réalité qui, malgré l'enjeu colossal de ces scrutins, a occupé le premier plan de l'actualité calédonienne, depuis le 4 octobre 2020. Or, ce n'est pas la seule.

A peine le référendum passé, le bras de fer autour de la cession de l'usine Vale s'est durci au point de provoquer début décembre des tensions majeures et des heurts, qui se sont prolongés dans le Grand Sud par des violences autour du site industriel. Il a fallu attendre début mars pour une accalmie sur ce terrain.

Depuis le deuxième référendum, le pays a aussi été secoué, et ravagé par endroits, à cause d'une dépression pluvieuse début février et d'un cyclone venteux début mars. A peine Niran sur le départ, la tempête Covid frappait le Caillou avec la menace du virus circulant localement. Un deuxième confinement strict et généralisé de la population a été activé. 

 

  • Une année très politique

En parallèle, le pays a connu, le 2 février, la chute du seizième gouvernement entraînée par ses membres indépendantistes. On ne savait pas alors que l'épisode allait tourner à la longue impasse : il a fallu cinq mois avant que le dix-septième gouvernement puisse s'atteler à la tâche, une fois accord trouvé entre l'Uni et l'UC. Il est désormais présidé par un indépendantiste, Louis Mapou, pour la première fois depuis l'Accord de Nouméa.

Dans l'intervalle, c'est l'équipe présidée par Thierry Santa qui est restée aux manettes, notamment pour gérer la crise sanitaire de mars-avril et ses conséquences en cascade, mais dans un régime limité aux affaires courantes.

L'année qui a suivi la deuxième consultation a aussi vu la longue visite de Sébastien Lecornu, à partir du 9 octobre 2020, quatorzaine comprise. Avec l'épisode marquant de l'îlot Leprédour sur lequel le ministre des Outre-mer s'est rendu avec une série de personnalités politiques. 

 

  • Vers le référendum suivant

Le 8 avril, les groupes indépendantistes du Congrès demandaient le déclenchement de cette fameuse dernière consultation prévue par l'Accord de Nouméa. L'Etat a alors mis en branle les mécanismes menant à son organisation. Avec, comme pour le précédent, d'importantes contraintes liées à la quasi-fermeture des frontières : depuis mars 2020, la Calédonie est sous cloche pour tenter de prévenir la pandémie de Covid.

Fin mai-début juin, ce fut la séquence de la réunion organisée à Paris. Dans la foulée, la date, du 12 décembre, a été annoncée. Puis le très attendu document sur les implications du Oui et du Non à l'indépendance a été publié. La campagne référendaire a commencé à se profiler.

 

  • Rattrapés par le variant Delta

C'est à ce moment que la Calédonie s'est avérée atteinte, de plein fouet, par le virus Covid et son très contagieux variant Delta. Avec son cortège dramatique de contaminations annoncé à partir du 6 septembre, puis de morts (au moins 157 à ce jour) et un troisième confinement toujours en cours au 4 octobre 2021.