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C'est une date importante pour les communautés asiatiques du monde entier. À commencer par les Outre-mer où les coutumes du nouvel an chinois sont respectées. Les défilés de lanternes succèdent à des parades festives et colorées, riches en danses, en lions et en dragons, pour le plus grand plaisir des spectateurs. 
Ces célébrations sont la conséquence de plusieurs vagues de migration dès le 19ème siècle, quand des centaines de milliers de Chinois ont fui la famine ou la guerre. C'était aussi l'époque de l'abolition de l'esclavage. La France cherchait une nouvelle main d'oeuvre pour ses colonies. Bon marché, de préférence...
 

Histoires chinoises en Outre-mer

Adieu le chien, vive le cochon ! 2019 est, en effet, l'année du cochon de terre dans la tradition chinoise. Une tradition respectée un peu partout en Outre-mer où les migrations asiatiques ont été nombreuses. 

Regardez notre décryptage : 
Des histoires chinoises en Outre-mer

Jours de fête en Polynésie

Chaque année, la communauté chinoise de Polynésie déploie d’impressionnants efforts pour célébrer le nouvel an. Les festivités ont débuté le 5 février par la traditionnelle danse du lion organisée par l’association Sini Tong. Elles s’achèveront le 16 avec le défilé des lanternes.

Les festivités ont commencé mardi mais ça fait déjà un mois, la communauté chinoise peaufine les préparatifs : danseurs, dragons, lions, oracles... rien n'a été laissé au hasard. L’année du cochon (ou du sanglier) marque la fin du cycle du calendrier zodiacal des douze signes chinois.

Dans les mines de Nouvelle-Calédonie

En Polynésie, comme ailleurs en Outre-mer, les célébrations du nouvel an chinois sont liées à à des vagues de migration dès le 19ème siècle. A leur arrivée, les migrants asiatiques vivent et travaillent souvent dans des conditions très difficiles. 

Les populations asiatique de Nouvelle-Calédonie sont intimement liées au développement du secteur du nickel. Des Chinois, mais aussi des Vietnamiens, des Javanais, des Japonais… sont alors recrutés par les compagnies minières.

Ces hommes et ces femmes, enrôlés pour 3 ou 5 ans, vivaient dans le plus grand dénuement, comme dans le camp des Chinois de la mine du Koniambo. Là-bas, les contre-maîtres, tout-puissants, ne retenaient pas leurs coups.

Pour Charles Cailleau, un ancien employé de la mine du Koniambo, il n'y avait plus de limite, c'était "de l'esclavage!" Une forme d'esclavage que d'autres appelleront "engagisme". 
 

Les champs de cannes à La Réunion

Dans les colonies françaises, des travailleurs étrangers se voient proposer un contrat de travail de 5 ans renouvelable, au service d'un propriétaire terrien. Des Chinois sont, ainsi, "engagés" et exploités dans les champs de canne à sucre de La Réunion. 

© Julien Coquentin / Hans Lucas


Plus tard, d'autres s'intègrent grâce à leurs petites épiceries de proximité. Des "ti boutik chinois" où l'on se transmet l'histoire familiale de père en fils. 

Ces exilés chinois de La Réunion ont reçu un surnom de leurs compatriotes de l'Empire du Milieu. Ces derniers les appellent "les bananes" : jaune dehors, blanc dedans... 
 

Les bazars des Antilles-Guyane

Histoire des colonies françaises : des immigrants chinois travaillant a la Guadeloupe. Dessin d'apres photographie de la fin du 19ème siècle Chartres musée des Beaux Arts © Photo Josse / Leemage


En Guyane et en Martinique aussi, la communauté chinoise s'est intégrée et est devenue incontournable dans les activités commerciales. D'ailleurs, on ne va pas faire ses courses, on va "chez le Chinois". 

Pourtant, les premiers arrivants ont rarement pris la peine d'apprendre le français. Contrairement aux enfants qui, à l'inverse, n'apprennent pas forcément la langue familiale.

Les temps changent. Désormais, ce sont des touristes chinois qui affluent en Outre-mer. La Chine est une véritable manne financière avec son milliards de visiteurs potentiels.