Covid-19 : il y a trois mois, la Nouvelle-Calédonie était rattrapée par la pandémie

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Covid-19 au Médipôle de Dumbéa ©Gaël Detcheverry
Le 6 septembre dernier, l’épidémie de Covid débutait en Nouvelle-Calédonie. Elle sévit donc depuis trois mois jour pour jour dans le pays. Trois mois au cours desquels le territoire a vécu en accéléré l’expérience du reste de la planète.

Le 6 septembre 2021, après 18 mois de sursis, la Calédonie fait face à l’irruption du Covid-19 dans son quotidien et à son cortège de mesures et de restrictions : trois cas de Covid dans son variant Delta sont confirmés. Le gouvernement et le haut-commissariat annoncent le confinement strict pour le lendemain.
Il débute donc le 7 septembre, renforcé par le couvre-feu une semaine plus tard, et dure jusqu’au 10 octobre. Le 11 octobre commence le confinement aménagé avec la mise en place du pass sanitaire. Différentes étapes se succèdent : quelques week-end confinés, des contraintes qui s’allègent semaine après semaine et des transports qui reprennent peu à peu du service jusqu’au transport international la semaine dernière.

279 décès en trois mois

La dure réalité de cette épidémie, c’est le bilan humain avec 279 victimes de ce virus en l’espace de trois mois. Les premiers morts sont annoncés quelques jours seulement après le début de l’épidémie et la vague déferle à une vitesse folle : en trois semaines, la Calédonie déplore déjà 100 morts (le 28 septembre), 200 au 10 octobre.
Depuis, le triste bilan s'est alourdi, le taux d’incidence a atteint des sommets à 1200 contaminations pour 100 000 habitants contre 53 aujourd’hui. Des renforts de la solidarité nationale et de la réserve sanitaire arrivent, des renforts salutaires dont les derniers représentants ont quitté le Caillou la semaine dernière. 

Visite de la province Sud au Médipôle, Covid, équipe médicale en blouse, 23 septembre 2021
Une équipe vient de prendre en charge une patiente arrivant aux urgences du Médipôle, le 23 septembre. ©Brigitte Whaap / NC la 1ere

La vaccination qui explose

Une véritable ruée sur les centres de dépistages et les centres de vaccination se passe dès l’annonce des premiers cas. Dans les premières semaines, jusqu’à 5 000 injections quotidiennes sont réalisées. Moins d’un tiers de la population est vaccinée au moment de l’entrée du virus, aujourd’hui, les Calédoniens vaccinables, donc de plus de 12 ans, sont plus de 73 % à avoir un schéma complet (63,03 % de la population totale). 

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Vaccinodrome à Nouméa en septembre 2021 ©Brigitte Whaap

L'obligation vaccinale et le pass sanitaire font débat

La vaccination, c’est aussi l’instauration de l’obligation vaccinale pour les entrants le 20 septembre, assortie de l’obligation vaccinale pour tous les Calédoniens, d’abord en deux vagues, puis finalement pour tout le monde au 31 décembre.
Mais une obligation qui crée aussi une forte résistance de la part d’une frange de la population. Elle s’oppose au pass sanitaire et à l’obligation vaccinale. Une obligation, rappelons-le, en, sursis. Elle est de nouveau en discussion au Congrès depuis vendredi, des échanges qui reprendront demain.
Depuis ce lundi 6 décembre, les pass sanitaires doivent obligatoirement être présentés, quand nécessaires, avec le QR code.

Le Covid s’invite dans le référendum

La crise sanitaire a également eu de lourdes conséquences politiques. Déclenchée à la demande des indépendantistes, la troisième consultation référendaire est annoncée dès juin pour le 12 décembre. Mais l’arrivée du virus en septembre sème le doute : la date peut-elle être maintenue ?
Si les indépendantistes réclament le report à fin 2022, pour cause d’impossibilité de mener une véritable campagne de terrain et pour cause de deuil kanak, l’État décide finalement de maintenir le 12 décembre. Conséquence immédiate, l’ensemble des partis indépendantistes appelle à la non-participation à la consultation.

À quand le variant Omicron ?

Désormais, l’attention de tous est tournée vers le variant Omicron, son évolution, sa contagiosité. Pour l’instant, il ne semble pas être arrivé en Calédonie. Un protocole sanitaire spécial est mis en place pour les passagers arrivant des pays à risque, avec des tests PCR au premier et au septième jour de leur arrivée.